‹ Logique de HegelChapitre 105 sur 137 · S CLXXXIX · texte numérisé non relu

S CLXXXIX

Ici la forme est parvenue à ce point où V chaque moment est déterminé comme moyen, et contient à lui seul la totalité du syllogisme. Par là il a cessé d*6tre un terme abstrait et incomplet (§§ 182, 184) ; 2"* la médiation est achevée (§ 185), mais seulement en soi, c*est-à-dire en tant que formant un mouvement circulaire de moyens termes qui se présupposent •réciproquement. Dans la première figure E — B — A , les termes des deux prémisses E — B et B — A n'enveloppent pas encore un moyen terme ; la première trouve sa médiation dans la troisième, et la seconde,

axiome à Fégard duquel, comme à Tégard des axiomes en général, on dit que son contenu ne peut pas être prouvé, et qu'il ne peut être prouvé parce qu'il n'a pas besoin de preuve, et qu'il est évident par lui-môme. Mais, au fond, ces axiomes mathématiques ne sont rien autre chose que des propositions logiques, qui, en tant qu'elles expriment des pensées particulières et déterminées, doivent se déduire des pensées générales, et qui se déterminent par leur vertu propre, ce qui constitue aussi leur preuve. Et c'est là ce qui a lieu ici relativement au syllogisme quantitatif que les mathématiques présentent comme un axiome, et que nous avons vu se produire comme le résultat du syllogisme qualitatif ou immédiat. Il faut ajouter que le syllogisme de la quantité est le syllogisme sans forme Cformlos), en ce qu'en lui la différence des éléments du syllogisme, déterminée par la notion, a disparu. Ainsi, ce sont des circonstances extérieures qui déterminent ici quelles sont les propositions qui doivent fournir les prémisses, ce qui fait que dans l'application de ce syllogisme on pose comme devant être prouvé ce qui a été déjà admis ou prouvé. »

SYLLOGISME QUAUTATIP. 275

dans la seconde figure. Mais chacune de ces figures présuppose les deux autres, qui forment, à leur tour, la médiation de ses prémisses. Ici l'unité de la notion^ qui fait le moyen terme des différences n'est plus la simple particularité abstraite, mais Tunité développée de l'individuel et de l'universel, et, par conséquent, lunité réfléchie de ces déterminations; c'est Tindividuel qui est, en même temps, déterminé comme universel. Ce moyen terme amène le syllogisme ré-fléchi y ou de la réflexion (1).

(I) On pent voir par ce qui précède que le syllogisme hégélien a une toute autre signification que le syllogisme ordinaire. Ici, comme partout ailleurs, Hegel s'applique à déterminer lanature et le rapport des termes, et quant à la forme et quant an contenu (logique). Par conséquent, 4<> bien que Hegel se serve des expressions prémisses, conchsiony etc., il ne faudrait pas se représenter le syllogisme hégélien à la façon de Tancienne logique, et considérer la position, ou la forme des termes comme indifférente à leur signification objective et au contenu, t* Le syl^ logisme doit être saisi dans son unité, dans Timité et Tindivlsibilité du rapport des trois termes. Je veux dire qu'il ne faut pas le décomposer en propositions ou en jugements, de manière à former une prémisse, et puis une autre prémisse, et enfin la conclusion. Car ce n'est là qu'un arrangement extérieur et artificiel qui cache la vraie nature du syllogisme. C^est cette manière extérieure de considérer le syllogisme qui fait que le moyen terme disparaît dans la conclusion, et qu'on se représente la conclusion comme un simple jugement dont les termes ne sont plus liés que par la copule est, tandis que la vraie copule est ici le moyen terme. « Ce n'est pas ainsi, dit Hegel, que procède la nature des choses, la raison; elle ne pose pas d'abord une majeure qui exprime le rapport du particulier et du général, et puis une mineure où l'individuel est mis en rapport avec le partictthetf

276 Lk SCIENCE DE LA NOTION.

bj Syllogisme de la réflexion.

sexe.

l'' Le moyen n'est plus ici la déterminabilité parti-

d'où enfin Ton voit sortir une nouvelle proposition. On n'aurait là tout au plus qu*un agrégat de jugements, mais non le syllogisme dans son unité. » (Grande Logique, p. 126.) 3' Les termesdu syllogisme ne sont pas des termes quelconques, pris pour ainsi dire au hasard, ou liés par un rapport extérieur et arbitraire, mais ce sont des termes déterminés, et quant à la forme et quant au contenu. Ici, dans le syllogisme qualitatif, le contenu est Yindividuel, le particulier, etc., et la forme c'est le rapport immédiat où ces termes se trouvent placés. i° On peut considérer ce syllogisme comme parfait quant à la forme, eu ce sens qu'il exprime les différentes positions que peuvent prendre les termes; mais il est imparfait quant au contenu, puisqu'il n'est que le syllogisme Immédiat et de la qualité, ce qui fait que sa forme est aussi imparfaite, en ce sens que les termes ne sont pas ici liés par une nécessité objective, ainsi que cela a lieu dans le syllogisme de la nécessité. Voici maintenant les déductions de ce syllogisme. Le jugement apodictique a produit l'unité de la notion, puisqu'il a fait disparaître la division du sujet et du prédicat, et qu'il a substitué à la copule abstraite un terme concret et commun, le particulier. Mais cette unité est ici à'I'état immédiat et non à l'état développé, et le mouvement du syllogisme consiste précisément à poser cette unité; il consiste, en d'autres termes, à démontrer que les éléments dont se compose le syllogisme ne sont pas en réalité des déterminations abstraites immédiates, mais des déterminations qui ont des rapports entre elles, et que le moyen n'est pas un simple terme particulier Yis-k-vis des extrêmes, mais qu'il contient les extrêmes comme sa propre détermination. Ce syllogisme est le syllogisme de la qualité ou de Yeanstence (DaseynJ, précisément parce que ses termes ne sont que des déterminations immédiates et abstraites. Vindividuel est

culière et abstraite du sujet, mais tous les sujets con-

un objet concret immédiat, la rose, par exemple; \e particulier est une propriété ou un rapport également immédiat, le rouge; Yurd" versel est une détermination plus abstraite encore, la couleur: Ainsi donc, en prenant ce syllogisme à son point de départ, et tel qn'il est sorti du jugement apodictique, sa première figure est E-B-A. Ces trois termes ont un rapport entre eux, mais par cela même que ce sont des termes immédiats, leur rapport est le plus abstrait et le plus superficiel. Cela fait i° que leur rapport est contingent et variable, et quMls peuvent être unis dans ce rapport, mais qu'ils peuvent aussi être unis dans un tout autre rapport, et même dans un rapport opposé, de sorte qu'en changeant le moyen on pourra obtenir une tout autre conclusion. Par exemple, en prenant la pesanteur comme moyen terme entre le soleil et les planètes, on pourra conclure que les planètes tombent sur le soleil. En prenant la force centrifuge pour moyen terme, on pourra conclure qu'elles n'y tombent pas, ou qu'elles fuient le soleil. De l'association comme moyen terme, on pourra conclure à la communauté des biens, tandis que l'individualisme donnerait une tout autre conclusion. Si, de ce que la sensibilité n'est ni bonne ni mauvaise, on conclut que l'homme n'est ni bon ni mauvais, on aura un syllogisme qui sera exact, mais dont la conclusion sera fausse, parce que l'homme n'est pas seulement un être sensible, mais il a d'autres facultés auxquelles ce prédicat peut convenir. Cela vient, comme nous venons de le dire, de ce que dans ce syllogisme les termes ne sont pas encore médiatisés, et qu'on prend dans un tout concret (le sujet) un de sescôtés, un de ses aspects, auquel on attribue une propriété également immédiate et abstraite qui lui convient;maiscommeonn'a pris le sujet que dans sa forme immédiate, il y a aussi d'autres propriétés qui lui conviennent également, et qui donnent une tout autre conclusion. Il suit de là que ce rapport a besoin d'être démontré. Mais si on le démontre par un syllogisme de même nature, on aura un syllogisme ou une conclusion qui exigera, à son tour, une nouvelle démonstration, et ainsi de suite, c'est-à-

cpets individuels, qui, à côté d'autres détenninabilités,

dire, on aura le progrès de la fausse inflnité. La médiation doit donc s'accomplir d'une autre manière, et elle doit se .déduire de la nature môme du premier rapport, E-B-A. Or, bien qu'il soit contingent et extérieur, et qu'il contienne la possibilité d'une médiation infinie, ce rapport existe, et il veut dire que E est A ou que A est E. Et ainsi, E participe de A comme il participait déjà de B, ce qui donne la seconde figure A-E-B. Par là se trouve arrêtée la série infinie des syllogismes; car, au lieu de fuir à l'infini, le syllogisme immédiat pose ce qui était virtuellement contenu en lui, c'est-à-dire, il pose un nouveau syllogisme, lequel passera, à son tour, à un troisième syllogisme. Et ainsi les deux rapports de la première figure se trouveront médiatisés, E-A dans la première, et A-B dans la seconde figure. La seconde figure pose, comme nous venons de le dire, ce qui était contenu en soi dans la première, à savoir la contingence du rapport, puisque c'est l'individuel qui unit les e^Ltrèmes. L'individuel est ici, il est vrai, un terme médiat et qui est marqué d'un caractère universel, et à ce litre, c'est un moyen plus concret que le premier; mais l'élément que la première médiation y a ajouté n'est qu'une qualité extérieure et accidentelle. Par conséquent, la conclusion de ce syllogisme ne peut être qu'une conclusion indéterminée, c'est-à-dire, une conclusion particulière, ou une conclusion à la fois positive et négative (jugement particulier. Voy. S cLxxii). Cependant, cette conclusion amène ce résultat que l'universel, qui est déjà l'individuel, est aussi le particulier, ce qui donne la troisième figure B-A-Ç. Cette figure achève le mouvement circulaire du syllogisme. Chaque terme a été, tour à tour, extrême et moyen, et tous les termes et tous les rapports se trouvent médiatisés. De plus, tous les termes et tous les rapports se présupposent, et leur unité consiste dans cette présupposition réciproque qui fait que l'un appelle l'autre et que l'un est l'autre. Mais celte unité n'est ici qu'une unité qualitative, c'est-à-dire, cette unité qui fait que l'individuel est l'universel, que runiversel est l'individuel, etc., et qu'ils peuvent ainsi jouer

contiennent tous aussi celle-là ; ce qui donne le syllogisme de la totalité [AUheit). La majeure dont le sujet

chacun tour à tour le rôle d'extrôme et de moyen. Quant à leurs déterminations ultérieures (d'être genre et espèce, par exemple), elles n'appartiennent pas à ce syllogisme. Si maintenant dans cette identité de termes on fait abstraction de leur différence et de leur déterminabilité qualitative, on aura le syllogisme mathématique ou de la quantité, A-A-A. Ce syllogisme repose sur ce prétendu axiome (voy. § clxxxviii) que « deux quantités égaki à une troisième sont égales entre elles. » Cette troisième quantité serait ici le moyen terme. Mais il n'y a pas de raison objective pour que ce soit cette troisième plutôt que les deux autres ; et si Ton prend cette troisième plutôt que les deux autres, cela tient à des circonstances et à des conditions extérieures, et qui ne concernent en aucune façon la nature réelle et objective du syllogisme. Lorsque, en comparant des lignes et des figures, on les pose comme égales entre elles, on ne tient compte que de leur grandeur. Un triangle est posé comme égal au carré , non en tant que triangle , mais en tant que grandeur. Ainsi , la notion avec ses déterminations et ses différences qualitatives ne se trouve pas dans ce syllogisme. On n'y trouve pas môme les déterminations abstraites et formelles de l'entendement. Par conséquent, la prétendue évidence de ce syllogisme vient de ce qu'il s'appuie sur la détermination la plus abstraite, la plus maigre et la plus vide do la pensée. Cependant, l'unité qui sort du syllogisme de la qualité, n'est pas une unité abstraite, mais concrète ; c'est un cercle de médiations où chaque médiation se réfléchit sur une autre médiation, oti chaque terme présuppose et est présupposé, et où il se présuppose lui-môme en présupposant l'autre. Ou, pour parler avec plus de précision, ce qu'on a ici comme résultat immédiat de la troisième figure, c'est l'universel indéterminé, mais qui, dans son indétermination, renferme l'individuel et le particulier. Cet universel, ou ce nouveau moyen est le tout. Par là le syllogisme de la qualité a passé dans le syllogisme de la réflexion.

est ijne déterminabilité particulière, ou le moyen terme, qui a la forme cVune totalité, présuppose plutôt elle-même la conclusion, qu'elle n'est présupposée par elle, ainsi que cela devrait être. Elle s appuie par conséquent ,

2° Sur Yinduction. Ici ce sont des individus concrets, a, b, c, d, etc., qui remplissent la fonction de moyen. Mais comme T individualité immédiate et empirique diffère de l'universel, et que, par conséquent, elle ne peut pas se suffire à elle-même (1) Tinduction s'appuie sur Yanalogiey ou le moyen est l'individu , mais rindividu qui a une signification générale, la signification de son genre, ou de s^ déterminabilité essentielle.

Ainsi le premier syllogisme trouve sa médiation dans le second, et le second dans le troisième, lequel à son tour appelle l'universel déterminé, ou l'individualité déterminée comme genre (2). Par là les formes du rapport extérieur de l'individuel et de l'universel sont épuisées dans le syllogisme de la réflexion (3) .

{{) Kme Vollstandigkeit gew'àhren kam. Elle ne peut pas garantir une conclusion parfaite.

(2) « Die Einzelnhdt als Gattung. » L'individualité en tant que genre. — Conf. § clxxvii et suiv.

(3) « Le syllogisme de la totalité^ dit Hegel {Grande Encyclop,^ § cxc), appelle le syllogisme de l'induction, dans lequel ce sont lès individus qui forment le moyen. Lorsque nous disons : Tous Us métaux sont conducteurs de l'éleclricité, nous énonçons une proposition empirique qui a sa preuve dans tous les métaux que

Par le syllogisme de la totalité, le défaut que l'on a remarqué au § 184 dans la forme fondamentale du

nous avons perçus. Elle suppose, par conséquent, un raisonnement d'induction qui a la forme suivante :

L*or est un métal, Targent est un métal, et 11 en est ainsi du fer, du plomb, etc. G*est là la majeure, dont la mineure est « tous ces corps sont conducteurs de Télectricité, » d'où résulte la conclusion que « tous les métaux sont conducteurs de Télectricité. » Ainsi, c'est Pindividualité, en tant que tout, qui forme ici le moyen. Maintenant ce syllogisme appelle un nouveau syllogisme. Car son moyen, ce sont des individus concrets, et il suppose que Tobservatiou et Texpérience sont complètes dans une sphère déterminée. Mais en tant qu'individus, et c'est là le sens qu'ils ont ici, ils ne font que ramener le progrès de la fausse infinité (EËE....). Car Tinduction ne saurait épuiser tous les individus. Lorsqu'on dit tous les métaux, toutes les plantes, etc., c'est comme si l'on disait tous les métaux et toutes les plantes qu'on a connus jusqu'à ce jour. L'induction est, par conséquent, incomplète ; et c'est ce manque de l'induction qui amène Yanalo gie. Si, de ce que des choses appartenant à un certain genre possèdent une certaine propriété, on conclut que d'autres choses appartenant à ce même genre possèdent cette même propriété, on raisonne par analogie. Ainsi, par exemple, on fait un raisonnement de celte espèce, lorsqu'on dit : « On a jusqu'ici trouvé que les planètes se meuvent d'après une telle loi; donc il est vraisemblable que la planète nouvellement découverte se meut d'après cette même loi. » Dans les sciences empiriques, l'analogie

syllogisme de rentendemcnt, se trouve en partie corrigé, mais il s'en produit ici un nouveau qui consiste en ce que la majeure présuppose, comme formant une proposition immédiate^ ce qui devrait être la conclusion. Tous les hommes sont mortels. Caius est mor-, tel ; tous les métaux sont conducteut^s de Vélectricitéy donc le cuivre^ par exemple^ Vest aussi. Pour pouvoir affirmer la majeure, qui doit être essentiellement une proposition empirique, c'est-à-dire pour affirmer que des individualités immédiates forment un tout, il faut avoir précédemment constaté Texactitude des propositions relatives aux individus Caius y cuivre, etc. C'est avec raison qu'on a considéré comme un pur pédantisme, ou, pour mieux dire, un formalisme

joue, et avec raisou, un grand rôle, et Ton est arrivé sur cette voie à d'importants résultats. C'est Tinstinct de la raison qui nous fait pressentir que telle ou telle détermination que présente Texpérience a son fondement dans la nature intime, ou dans le genre d*un objet, et qui nous fournit comme un jalon pour aller plus loiti. L'analogie peut ensuite être plus ou moins fondée. Lorsqu'on dit : « Caius, qui est un homme, est savant; Titus est un homme, donc il est savant aussi, » on fait un très-mauvais raisonnement par analogie, et cela parce que le savoir d*un homme n'est pas fonde seulement sur le fait d'appartenir à un môme genre. De semblables raisonnements superficiels sont très-communs. Ainsi, l'on dit : « La terre est un corps céleste et elle a des habitants; la lune est un corps céleste, donc, etc. » Cette analogie ne vaut pas mieux que l'exemple précédent. Que la terre ait des habitants ne dépend pas seulement de ce qu'elle est un corps céleste, mais d'autres conditions qui ne se retrouvent pas dans la lune.

vide, les syllogismes de ce genre: tous les hommes sont mortels, Caius est homme^ etc. (1).

(1) Comme les termes, tels qu'ils sont sortis du syllogisme de VexisiencCy sont médiats et réfléchis, le moyen du syllogisme de la réflexion contiendra les extrêmes. Ce ne sera pas, par conséquent, le particulier abstrait et immédiat comme dans le syllogisme précédent, mais un moyen qui contiendra le particulier, Tindlviduel et l'universel. Ce moyen, c'est la totalité ou le tout {ailheit, tous les hommes, par exemple). Mais si le moyen se réfléchit sur lès extrêmes, ceux-ci se réfléchiront, à leur tour, sur le moyen. Par conséquent, le rapport des termes est ici un rapport plus concret et plus déterminé, et le prédicat n'est pas l'universel en général, une qualité qui peut se rapporter ou ne pas se rapporter au sujet, mais un élément qui est lié d'une manière plus directe au sujet, et à tout le sujet, c'est-à-dire, au sujet pris avec des propriétés autres que celle qu'énonce le prédicat. Ainsi, autre chose est dire, le vert est agréable, et autre chose est dire les objets ou les choses vertes sont agréables. Le syllogisme de la réflexion n'a d'autre objet que de développer ce mouvement réfléchi des termes, pour atteindre à une unité plus concrète et plus profonde.

1° Par cela même que les termes sont ici réfléchis et que le moyen est une totalité, le sujet (l'individuel) de ce syllogisme se trouve déjà dans le moyen. Tous les hommes sont mortels, Gains est homme, ou un homme, donc, etc. Ce syllogisme n'est qu'une combinaison extérieure, bien que nécessaire, de la réflexion, par laquelle on réunit les individus en un tout, ce qui fait que la majeure est fausse, car elle contient et présuppose déjà la conclusion, ou, pour mieux dire, elle n'est que la conclusion ellemême généralisée, et, par conséquent, l'universel (le prédicat) est, au fond, réuni au particulier (le moyen) par l'individuel luimême, et leur rapport n'est valable qu'autant que l'est le rapport de l'individuel et de l'universel. En d'autres termes, le syllogisme de la totalité s'appuie 2" sur le syllogisme inductif. Le premier syllogisme se range sous la figure E-B- A, celui-ci sous

g J Sy Uogisme de la nécessité.

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