L^IDÉE
nations ; son contenu réel n'est que la représentation
but s'est déjà emparé et qu'il a marqué de son empreinte. Ce n'est plus le marbre, mais le marbre qui est devenu statue; ce n'est plus le principe humide à l'état neutre et inorganique, mais c'est le principe humide qui a été façonné par le but, et qui est devenu sang, chyle, etc. Par conséquent, le moyen terme n'est plus ici, comme dans le premier syllogisme, un terme abstrait et immédiat, mais un terme concret et médiat, où le but s'est déjà réalisé. De pins, il est en soi le syllogisme entier, en ce qu1l contient, d'une part, le but et l'activité du but, et de Taulre, l'objet où le but doit se réaliser pnr son intermédiaire . Cependant, les trois termes du syllogisme n'ont pas encore atteint à leur parfaite identification, et, par conséquent, le but réalisé n'est encore qu'un but fini. Et, en effet, bien que le but ait agi sur Tobjel et qu'il l'ait transformé en moyen, celui-ci, par cela môme qu'il est un moyen, tout en s'adaptant au but, conserve une partie de ses délerminaligns propres; et, d'un autre côté, bien qu'il ait mis le but en rapport avec le monde objectif, celui-ci, par cela même qu'il n'est uni au but que par un moyen fini, demeure, lui aussi, indépendant du but. Par conséquent, le produit qui sort de ce rapport est un produit fini quant à la forme, et quant au contenu, un produit où se trouvent réunis le but et l'objet, mais seulement d'une manière incomplète et extérieure. Et cependant Il faut que le but se réalise, car rien ne saurait résister à son action; cela fait qu'il s'empare de ce produit, et qu'il l'emploie comme un nouveau moyen pour agir sur le monde objectif. Mais comme les conditions au milieu et en vertu desquelles s*exerce son activité soot les mêmes, le second produit ofl"rira les mêmes caractères, ce qui amènera un nouveau développement du but, lequel donnera le même résultat, et ainsi à l'infini; de telle sorte qu'on aura une série de termes dont chacun sd'a, tour à tour, moyen et produit, sans contenir la complète réalisation du but. Cependant, ce mouvement indéfini de la finalité, qui est le progrès de la fausse infinité, cache et pose la finalité absolue. Et, en effet, ce mouvement indéfini par lequel le bat
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d'elle-même 1) dans la forme d'une existence extérieure^ forme qu'elle enveloppe dans sa puissance et dans son idéalité. C'est ainsi qu'elle conserve son unité.
s'empare saccessivement des différents objets , prouve , d*Qiie part, que Tobjet ne saurait résister à son action, et, suivant Vexpression hégélienne, qu'il n'a pas d'être vis-à-vis de lui; et, d'autre part^ qu'il est prédisposé et qu'il existe en vue de lui. Ce qui veut dire que l'objet contient virtaellement le but, et réciproquement, ou bien encore que le but, l'objet et le moyen, soit qu'on les considère dans leur rapport, soit qu'on les considère chacun en particulier, sont une seule et même chose, de telle sorte que le but, en se réalisant, ne sort pas de lui-même et ne s'empare pas d'une matière qui lui est étrangère, mais il ne fait que passer de son état abstrait et subjectif à son état objectif et concret. S'il semble se disperser et comme se perdre dans des moyens et des finalités multiples et finies, et se trouver en présence d'un monde mécanique qui s'oppose à sa complète réalisation, ce n'est là qu'une ruse de la raisony une apparence sous laquelle le but cache sa réalisation. Mais, en réalité, le monde mécanique disparait et se dissout, si l'on peut dire ainsi, au contact du but; et au milieu des finalités finies qu'il pose et qu'il annule, le but ne se détourne jamais de son objet, et ne brise jamais son unité. C'est ainsi que disparait l'opposition du but et du moyen, ou de la notion subjective et de la notion objective, et que se trouve posée leur identité. Or, la notion qui est arrivée à ce degré de son existence, c'est Vidée,
(1) m mr seine DarsUllwng; puisqu'elle n'existe ici qu'à l'état d'Idée, et qu'elle se saisit comme Idée. Les considérations générales qui vont suivre s'appliquent à l'Idée en général, mais surtout à l'Idée absolue, c'est-à-dire, à l'Idée qui est devenue adéquate à elle-même, et où elle est à elle-même son propre objet.