L*IDÉE
REMARQUE
L'absolu est l'Idée] c'est là sa définition absolue. Toutes les définitions antérieures viennent se concentrer dans-celle-ci. L'Idée est le vrai ; car le vrai consiste dans la conformité de sa notion avec son objet. Ce qui ne veut pas dire que le vrai a son fondement dans la conformité de jios représentations avec leur objet. Car il n'y a là que des représentations exactes que nous nous faisons de tel ou tel objet. Mais dans ridée il ne s'agit ni de représentation, ni de tel objet particulier, ni des choses extérieures. Tout être réel tire sa réalité de l'Idée, et ce n'est que par l'Idée qu'il est un être réel. L'être individuel n'exprime qu'un côté de ridée, et ce qu'il possède de réalité, il le possède par l'intermédiaire d'autres réalités qui, elles aussi, apparaissent comme formant des existences distinctes et séparées. C'est dans leur ensemble et dans leur rapport que la notion se réalise. L'individu ne correspond pas à sa notion, et c'est cette limitation qui fait sa fînité et qui amène sa destruction.
On ne doit pas considérer l'Idée comme l'idée d'une chose (t), pas plus qu'on ne doit considérer la notion comme une notion purement déter-
{{) Von irgend Etwas, De quelque chose. Car par quelque chose, on entend tel individu sensible, ou bien un genre^ une espèce, ou une détermination quelconque. Dans le premier cas, on n*aura qu'un accident, et dans le second qu'une détermina-* tion de lldée, et non l'Idée elle-même ^^
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minée. L'absolu. est l'Idée une et universelle^ qui, en se partageant (1], donne naissance à un système d'idées 9 lesquelles se réfléchissent sur elle, et trouvent en elle leur principe et leur unité. C'est cette division qui fait qu'elle est la substance une et universelle, de telle façon cependant , que, dans sa plus haute et complète réalité , elle est sujet, et sujet pensant, ou esprit (2).
Lorsque ridée n'a pasun point de départ et d'appui dans une existence réelle, on ne lui attribue ordinairement qu'une valeur purement formelle et logique. Mais une telle manière d'envisager l'Idée rentre dans un de ces points de vue où Ton se place, lorsqu'on prend les choses dans cet état où l'Idée ne les a pas encore complètement façonnées, et où elle ne possède pas une vraie réalité (3). .
C'est aussi une fausse manière dé concevoir l'Idée que de la considérer comme une existence abstraite. C'est bien une existence abstraite, si l'on veut dire par là qu'en elle disparaissent toute illusion et toute apparence. Mais, en elle-même, elle est essentiellement
(4) Vrtheilend.
(2) C'est-à-dire, qu'elle n*est pas la substance abstraite de Spinoza, mais qu'elle est sujet, moi, pensée. Yoy. plus haut, p. 195.
(3) C'est-à-dire, que si Ton n'accorde à la notion qu'une valeur formelle, comme le fait l'ancienne logique, c'est qu'on ne la saisit pas dans sa nature concrète, et dans sa vraie unité, cl qu'on se borne à prendre telle ou telle détermination abstraite, isolément, et au hasard.
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concrète, parce qu'elle est la notion qui se détermine librement elle-même, et qui est la source de toute réalité. L'Idée serait une existence abstraite , si la notion d'où elle sort n'était qu'une unité abstraite, et non ce qu'elle est en réalité, à savoir, la notion qui, par un retour négatif sur elle-même, a revêtu de nouveau une forme subjective (1).