S CCXIV
Lldée est la raison dans le sens vraiment philoso-
' phique. Elle est le sujet-objet, l'unité de l'idéal, et
du réel, du fini et de l'infini, de Tâme et du corps ; elle
est la possibilité qui contient en elle-même sa réalité,
' et qu'on ne peut concevoir comme n'existant pas, etc. ,
.et cela, parce qu'elle contient tous les rapports de
l'entendement, mais ramenés à leur état d'identité et
d'unité (2).
(i) Cest-à-dire, elle ne serait qu'une abstraction, si elle ne contenait pas tous les moments précédents.
{%) Hegel a réservé le terme Idée pour cette sphère de la notion, qui contient les déterminations logiques de la vie et de la pensée. Et, en effet, ce n'est que dans la vie, dans Tâme, etc., que les choses peuvent trouver leur raison dernière, et leur unité, et cela à quelque point de vue qu'on se place. Et ainsi hors de la pensée, elles n*ont qu*uue existence imparfaite; car, outre qu'elles s'ignorent elles-mêmes» elles ne sont que des êtres individuels et transitoires, ou elles ne constituent que des sphères distinctes et séparées. Et c'est, au fond, ce qu'on admet, lorsqu'on dit que le monde intelligible est le principe du monde sensible. Car les intelligibles ne sauraient exister dans leur forme générale et absolue, et dans leur unité, que dans la
U est aisé à F entendement de montrer que tout ce qu'on affirme de Tldée contient une contradiction.
pensée. Ce qui détermine aussi la signification de ce principe, que plus les choses approchent de leur idée , et leur sont conformes , plus il y a entre elles de réalité et de perfection. Car, c'est comme si l'on disait que la source de toute perfection et de toute réalité est dans la pensée et dans les intelligibles. Et enfin , Ton comprend . par là comment Hegel a pu dire que Vidée fait l'unité du sujet et de Tobjet, de Tàme et du corps, dil lini^t de l'infini, etc. « Lorsque je sais, dil Hegel, comment une chose est, je possède la vérité. Cest ainsi qu'on se représente d*abord la vérité. Mais ce n'est là que la vérité dans son rapport avec la conscience, ou la vérité formelle, la simple justesse de la pensée. La vérité dans un sens plus profond consiste au contraire dans Videntité de Tobjet avec la notion. C'est de cette vérité qu'il s'agit, par exemple, lorsqu'il est question d'un Etat véritable j ou d'une véritable œuvre d'art. Ces objets sont, vrais, lorsqu'ils sont ce qu'ils doivent être, c'est-à-dire, lorsque leur réalité correspond à leur notion. Ainsi considéré, le faux (das VnwahreJ est le mauvais. Un homme mauvais est un homme faux, c'est-à-dire, un homme qui n'est pas conforme à sa notion. En général, rien ne peut subsister où cet accord de la notion et de la réalité ne se rencontre pas. Le mauvais et le faux euxmêmes ne sont qu'autant et dans la mesure où leur réalité correspond à sa notion. L*absolument mauvais et Tabsolument contraire à la notion tombent et s'évanouissent, pour ainsi dire, d'eux-mêmes. La notion seule est ce par quoi les choses subsistent, ce que la religion exprime en disant que les choses sont ce qu'elles sont par la pensée divine qui les a créées et qui les anime.— Lorsqu'on parle de l'Idée, il ne faut pas se la représenter comme quelque chose d'inaccessible, et comme placée par delà des limites d'une région qu'on ne peut atteindre. Car elle est, au contraire, ce qu'il y a de plus présent, et elle se trouve dans toutes les consciences, bien qu'elle n'y soit pas dans sa pureté et dans sa clarté. — Nous nous représentons le monde comme ua
l'idée. 343
Cest là un point qu'on peut bien lui accorder, ou pour mieux dire, c'est là un point que Tldée démontre et réalise, car c'est là le travail de la raison, travail» il est vrai, qui n'est pas aussi aisé que celui de Veortendement.
L'entendement prétend démontrer que lldée con* tient une contradiction, en se fondant sur ce que le sujet etTobjetsent deux choses distinctes et opposéed, que Têtre n'est pas la notion et ne peut en être tiré, que le fini étant le contraire de Finfini, ne peut lui être identique, et sur d'autres arguments semblables. Mais la logique démontre le contraire, à savoir que le sujet, le fini et l'infini, qui sont séparés de l'objet, de l'infini et du fini, n'ont pas de réalité, qu'ils renferment une contradiction et passent chacun dans leur contraire, et que c'est ce passage où les deux extrêmes ne sont que des moments qui apparaissent et s'effacent, qui amène leur unité et leur vérité.
tout immense que Dieu a créé, et qu'il Ta créé , parce qu'il y trouve sa satisfaction. Nous nous le représentons aussi comme régi par la Providence divine. Gela veut dire que les êtres et les événements multiples qui composent le monde sont éternel lement ramenés à cette unité d'où ils sont sortis, et conservés dans un état conforme à cette unité. — La philosophie n'a d'autre objet que la connaissance spéculative de l'Idée; et toute recherche qui mérite le nom de philosophie ne s'est proposée que de mettre en lumière dans la conscience cette unité absolue, que Tentendement ne saisit, en quelque sorte, que par fragments. » Gr. Encyc, § 213. Cf. sur ce point mon Introd, à h pUlos, de Hegel, chap. II, J 1". et chap, VI, § 3,
L'entendement^ lorsqu'il s'applique àVIdée, tombe dans une double erreur. D'abord^ au lieu de saisir les extrêmes de Fldée dans leur unités de quelque nom d'ailleurs qu'on appelle cette unités il ne les considère que dans leur état abstrait, et en dehors de cette unité. Il néglige, en outre, les rapports, et cela lors même que le rapport est posé d'une manière expresse dans les choses. C'est ce qui arrive , par exemple, lorsqu'il s'agit dé déterminer dans le jugement la nature de la copule qui exprime que l'individu, ou le sujet, est en même temps l'universel.
D'un autre côté, il considère les déterminations réfléchies qui différencient l'Idée, et introduisent dans son identité la négation et la contradiction , comme extérieures à ridée et commese produisant hors d'elle. Mais, en réalité, ce n'est pas là une œuvre propre de l'entendement. C'est l'Idée elle-même, qui par son mouvement dialectique sépare et distingue éternellement l'identité et la différence, le sujet et l'objet, le fini et l'infini, Tâme et le corps; car elle est l'éternelle force productrice , la vie et l'esprit éternels (1 ) . Elle est aussi la raison absolue qui, après s'être
(4) Hegel veut dire que c'est la notion elle-môme qui pose ces oppositions et les fait disparaître, laquelle notion est à son plus haut degré Tldée. Il faut se rappeler pour rintelligence de ce passage que les choses existent de plusieurs manières, à mesure qu'elles se combinent avec des éléments nouveaux, et qu'enfin elles existent d'une manière absolue dans leur absolu principe. Et ainsi, par exemple, si Ton suppose que la vie ou la
l'idée. 345
posée comme entendement abstrait, s'élèye, par sa dialectique, au-dessus des dififérences, des produits relatifs et de la nature finie deVentendement, donne à ces déterminations une signification nouvelle (1) et les ramène à l'unité. Comme ce double mouvement ne tombe pas dans le temps, et que les moments qui le composent ne peuvent être séparés — car si on les séparait il ne resterait que Tentendement abstrait — ridée, ou la raison, n'est autre chose que l'intuition étemelle d'elle-même dans une autre existence qu'elle-même. C'est, d'une part, la notion qfui s'est réalisée dans l'objet; c'est, d'autre part, l'objet qui est intérieurement devenu conforme au but, et qui s'est identifié au sujet.
pensée est ce principe, la substance, la cause, la possibilité existeront d'abord en elles-mêmes, et puis d'une manière différente dans les antres sphères de Texisteuce, et enfin, d'une manière absolue dans la pensée. Il en serait de même, si, au lien de la pensée, on prenait, comme on le fait souvent, la volonté ou Tactivité. Voilà pourquoi Hegel dit que c'est la notion, en tant qa'Idée, qui pose ces oppositions, entendant par là que ces oppositions, ou ces degrés inférieurs de la notion n'existent que par ridée, et trouvent en elle leur plus haute réalité. (Voy. plus bas, § 236 et suiv.)
(1) Le texte dit: « Den falschen Schein der SeVfstanâigkeit seiner Producktionen wiederverstdndigt. » Littéralement : Elle (lldée) entend de nouveau la fausse apparence de l'indépendance de ses produits. C'est là, en effet, l'œuvre'de la science. La science transforme les choses en les entendant, et en les ramenant à l'unité. Elle montre que leur indépendance n'est qu'une apparence. Yoy. mon ItUrod. à la fhUa$, de Hegel, chap. YI.
346 LA SaENCE DB LA NOTION.
Les différentes manières de saisir l'Idée comme unité de l'idéal et du réel, du fini et deTinfini, de l'identité et de la différence n'ont qu'un sens plus ou moins formel, parce qu'elles n'expriment qu'un degré de la notion déterminée. La notion seule est le vrai universel et jouit d'une parfaite liberté. Dans l'Idée, la notion et sa déterminabilité se confondent, c'est un état objectif où elle se pose sous sa forme universelle et où elle ne contient plus que sa déterminabilité propre et complète. L'Idée estle jugement infini dont les termes forment chacun une totalité indépendante ; et par cela même que ce sont des totalités complètes, l'une d elles contient nécessairement l'autre. Parmi les autres notions déterminées , il n'en est aucune dont les deux côtés soient aussi complets que le sont ici la notion et son objet (1).
S ccxv.
L'Idée traverse nécessairement une série de déterminations (2), parce que l'identité libre et absolue de
(i) Der Begrifselbst nnd die Objektivitat. Et, en effet, ani degrés inférieurs de la notion, on n'a que des déterminations partielles et incomplètes, ou bien on a la notion subjective sans Fobjet, et réciproquement. Ici, au contraire , où la notion a complètement façonné son objet, et où Ton a, suivant l'expression de Hegel, un jugement infini, c'est-à-dire deux termes complets, indifférents et identiques, deux termes dont l'un se retrouve complètement dans Tautre, la notion a achevé ses évolutions, et elle est entrée en possession d'elle-même, Du reste, ceci est surtout applicable à la notion spéculative.
(2) l8t wesentlich Process, est essentiellement processus; c'est-à-
LmÉE. 347
la notion ne se réalise eu elle, qu'autant qu'elle est la négation absolue, et quelle a uneforofie dialectique. L'Idée se développe, parce que la notion, en tant qu'universel qui est aussi l'individuel , se détermine comme existence objective et en opposition avecelle,et qu'elle ramène ensuite, par sa dialectique immanente, cette existence extérieure, qui a sa substance dans la notion, à sa forme subjective.
Puisque l'Idée 1^ se développe à travers une suite de déterminations, cette expression, l'absolu esiVunité du fini et de Tinfîni, de la pensée et de l'être, etc. , est inexacte, ainsi que nous l'avons déjà fait souvent remarquer, car le mot unité exprime l'identité abstraite
dire, elle ii*est pas Tanitô immobile, abstraite et vide. Et, en effet, de ce que l'Idée est l'unité absolue, ii ne faudrait pas se la représenter comme un principe immobile, échappant à toute contradiction et à tout développement. Tout au contraire, et par cela même qu'elle est Tunité absolue, et qu'elle est la sphère de la pensée et de la liberté absolues, elle est aussi l'existence la plus riche, et qui contient les oppositions les plus profondes. Telle est la vie, par exemple, si on la compare au mécanisme , au chimisme, et en général à toutes les détermiDations précédentes. La Traie UDité de lldée consiste dans la faculté qu'elle a de se retrouver en toutes choses, et de ramener toutes choses à leur existence simple et absolue. -— Et ainsi l'Idée part, ici aussi, d'un état immédiat, qui contient l'universel et l'individuel, s'oppose ensuite à elle-même et se construit un monde objectif (monde qu'il ne faut pas confondre avec l'objet proprement dit, l'objet séparé de l'Idée), et enfin elle ramène ces deux termes a leur absolue unité.
et immobile. Cette expression est aussi inexacte^ parce que 2° ridée aune forme subjective (1) et que le mot unité n'exprime que Vétat immédiat yl2L substance (2) de la vraie unité. Dans cette expression , le fini et Tinfini, le sujet et l'objet, la pensée et l'être sont représentés comme neutralisés. Mais dans T unité négative de ridée, Tinfîni élève et absorbe le fini, la pensée l'être, et le sujet l'objet. L'unité de lldée consiste dans la subjectivité, la pensée et l'infini, et il ne faut pas , par conséquent, la confondre avec la pure substance, de même qu'il ne faut pas confon'dre la subjectivité, la pensée et l'infinité spéculatives (3) avec la subjectivité, la pensée et Tinfinité imparfaites, auxquelles Tldée descend, en se déterminant et en se divisant (4) .
(1) Subjektivit'àtist,
(2) Dos Ansich, dos Substantielle, Yoy. $ ccxni, p. 340.
(3) Vebergrei fende, qui va au delà des déterminations de l'entendement. Et, en effet, il y a deux sortes de pensées et d'états subjectifs. Il y a la pensée et le sujet élémentaires, obscurs et indéterminés (la vie en tant que vie, Tâme en tant qu'âme), et puis le sujet et la pensée claire et achevée (resprit, la science). La première n'est qu'une détermination imparfaite de l'Idée, et que ridée pose et franchit, pour atteindre à son unité et sl^sl subjectivité absolues. Car la véritable unité n'est pas plus ici qu'ailleurs cette unité abstraite, immédiate et irréfléchie qu'on se représente ordinairement comme substance, mais une unité concrèto , médiate et réfléchie, qui contient toutes les différences et toutes les oppositions dans la simplicité de sa nature.
(4) L'Idée parcourt trois moments : elle est d'abord idée à l'état immédiat, et, comme telle, elle n'est pas adéquate à elle-même,
a) La vie.
S ccxvi.
L'Idée dans son ét^t immédiat est la vie. La notion est ici Tàme qui se réalise dans un corps (i). Dans
et elle revêt une forme individuelle. Le développement — le processus — de ce moment amène ce degré où rimiversei, qui était à l'état virtuel dans Tindividu, devient le monde objectif de ridée. C'est le vrai et le bien, ou la sphère de Tidée théorique et de l'idée pratique. Ces idées existent d'abord à l'état immédiat, comme distinctes, et comme un terme auquel on aspire. C'est la spbère de la connaissance et de la volonté finies. Mais le développement de cette connaissance et de cette volonté affranchit ridée de toute limitation, et l'élève à cet état où elle se pose comme vérité en et pour soi, comme Idée dans laquelle le sujet et l'objet , la connaissance et l'action trouvent leur principe et leur unité absolue.
(1) Ici l'objet n'est plus l'objet tel qu'il existe dans sa notion propre et distincte— le monde mécanique el chimique , — mais c'est l'objet tel qu'il existe dans la vie, c'est-à-dire, le corps. — Il faut distinguerlai vie logique, ou, si l'on veut, la vie à l'état logique, de là vie telle qu'elle se produitdans la Nature, et de la vie dans ses rapports avec l'Esprit. La vie logique, c'est la vie dans sa forme UDiverselle et abstraite, et considérée indépendamment des formes multiples et limitées qu'elle revêt dans la sphère de la Nature et de l'Esprit. C'est la vie qui ne contient que les élé* ments logiques du sujet et de l'objet, tels qu'ils ont été élaborés par la finalité. Dans la Nalure, elle suppose, outre les éléments logiques, toutes les déterminations et tous les rapports quicoustituent cette sphère de l'existence, la matière. Je mouvement, l'air, la lumière, etc. Et dans ses rapports avec l'Esprit, tantôt elle n'est qu'un moyen pour ce dernier, et tantôt elle est le signe et l'expression de l'Idéal. Aucun de ces rapports n'appartient à la vie logique; car elle n'est, ni un moyen à l'égard de l'Esprit,
350 La science de La notion.
cet état extérieur, la notion est V universalité simple et immédiate, comme aussilapar^icw/amaiioyi du corps, car le corps n'exprime que les différences et les déterminations de la notion ; et enfin elle est V individualité en t2Jit que négativité infinie. Tous les éléments extérieurs et objectifs (1) qui apparaissent comme ayant une existence distincte et indépendante, se trouvent ramenés parleur dialectique à l'état subjectif. Par conséquent, tous ces éléments, les membres, ne sont que des moments, des moyens, des buts imparfaits, qui ont pour objet final la vie. C'est la vie qui commence la spécialisation de ces éléments^ et qui, en même temps, supprime leur diversité, se pose comme unité négative et pour soi, et ramène par sa dialectique tous les éléments corporels à leur unité(l].
ni un corps que TEsprit habile, ni un moment de lldéal et de la beauté. Par conséquent, les expressions corps, membres^ génération, etc. , doivent être entendues ici dans leur sens universel et absolu— comme on entend, du reste, les autres catégories logiques, l'être, la substance, la cause, etc., — et sans y faire entrer aucune donnée, ou représentation expérimentale, psychologique, anthropologique, ou autres.
(1) Ausserdnanderseyenden ObjeUivitUt.
(2) Sich in der Ldblichkdt als dialektischer nur mit sich selbsi zusammenschliesst. Littéralement : par sa dialectique elle n'enveloppe (concludit, conclusion d'un syllogisme) dans sa corporalité qu'elle-même. — La finalité, par la fusion et Tideutification des éléments du monde objectif, ou des objets, a amené ridée» dont le premier degré est Tâme, et Tâme, en tant que simple vie, La vie se compose de trois éléments, ou de ttois moments. Elle est d*abord vie subjective et indéterminée (le général) , elle s'ob»
D'où il suit que la vie est inséparable de l'être vivant, • et, par suite de sa forme immédiate, de tel être vivant.
jective et se particularise dans le corps (parlicalier), et enfin elle ramène ces deux moments à lenr unité dans Tindividualité de rètre vivant. C'est là, en effet, vivre. Et chaque instant de la vie se compose de ces trois moments, c'est-à-dire de ce désir, de ce mouvement instinctif du sujet qui porte Têtre vivant à s'objectiver, et à produire ainsi la réalité at Tindividualité concrète de son existence. D'où il suit aussi que la vie est inséparable de tel être vivant (voy. § ccxxii). Pour bien saisir ce paragraphe et les paragraphes suivants, il ne faut pas oublier que les rapports précédents de la notion n'ont plus d'application dans la sphère de la vie, c'est-à-dire qu'ils se trouvent dans la vie comme des moments subordonnés, et qu'elle combine conformément à sa nature. Par exemple, le corps n'a pas de parties, mais des membres, qui sont liés par une unité bien plus profonde que le tout et les parties. Comme il constitue l'état extérieur de la vie, le corps peut retomber dans la sphère des rapports mécaniques, mais alors ce n'est plus en tant qu'être vivant, mais entant qu'être inorganique qu'il existe. C'est parce qu'onnéglige ces différences qu'on se pose, relativement à l'âme et à la vie, des questions qui n'ont pas de sens dans cette sphère. Telle est la question de savoir où est le siège de l'âme ou de la vie. Ce qu'il faut dire de l'âme, c'est qu'elle est partout et nulle part, ou, si l'on veut, qu'elle est présente dans chaque élément, dans chaque point de l'être vivant, et que c'est précisément cette ubiquité qui fait l'unité de l'être vivant, ou, pour mieux dire, l'être vivant lui-même. Se demander où est le siège de l'âme, c'est d'abord se représenter l'âme et le corps comme séparés ; c'est ensuite placer l'âme dans tel point du corps, comme on placerait un objet dans tel point de Tespace ; c'est enfin considérer l'action réciproque de l'âme et du corps comme une action pureinent mécanique.
Coimae Tldée se trouve ici dans un état immédiat, Tâme et le corps peuvent être séparés. C'est là ce qui fait la fini té de ce moment de l'Idée, et amène la mort de Tétre vivant. Mais ce n'est que dans la mort que rame et le corps deviennent deux formes, deux manières d'être distinctes de l'Idée (1).