LA VOLONTÉ
soi, est le bien. Le désir qu'elle a de se réaliser produit un rapport inverse à celui de l'idée du vrai, et as-
plutôt que de telle antre? Ce sont là des questions auxquelles la division elle-même ne saurait répondre. Aussi toutes les règles qu*on donne à ce sujet sont-elles insuffisantes , et la plus importante de ces règles, à savoir, qu'il faut diviser les êtres d'après leurs différences essentielles, dépasse les limites de la division, parce que la division, pas plus que la définition, ne saurait dire quelle est Tessence et le principe des choses. Cest ce qui fait que la division procède dans ses opérations comme la définition, c'est-àdire, d'une manière empirique, qu'elle ne s'appuie que sur la comparaison extérieure, et qu'elle divisci, en quelque sorte, iadifférem ment un seul et même objet, suivant ses différentes propriétés et ses différents rapports. Cela vient surtout de ce que la division présuppose, ainsi que la définition, les termes qu'elle divise et les éléments sur lesquels elle se fonde, au lieu de les po^er et de les expliquer elle-même. Cependant la division, en décomposant les êtres, et en essayant de les classer d'après leurs caractères essentiels, a amené ce résultat, qu'elle présente l'objet dans la totalité de ses différences et dans sou unité tout à la fois. Ce n'est plus l'unité immédiate de la définition, mais c'est une unité qui a traversé la médiation et qui la contient. C'est là 3° la théorème, ou la démonstration (Theorem, LehrsatzJ. La démonstration suppose la définition et la division des termes qu'elle réunit à l'aide d'un moyen. Ces termes ne sont plus ici ce qu'ils étaient dans la simple proposition et dans le syllogisme, mais tels qu'ils existent dans la sphère de la connaissance, et tels que les ont livrés à la démonstration les moments précédents de l'Idée. Ainsi, par exemple, la proposition la rose est rouge, énoncée comme un fait et d'une manière irréfléchie, diffère de cette même proposition dont les termes auraient été analysés, définis, etc. Et d*ailleurs, ridée de la science contient non-seulement la proposition et le syllogisme, mais le monde objectif et toutes choses en général. Quant à la démonstration, elle consiste à lier tous les éléments de Tobjet par des rapports internes et nécessaires. C'est
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pire plutôt à déterminer le monde qu'il trouve devant lui d'après ses fins. Ce désir (1) part de la conviction de la passivité (2) de l'objet qu'elle présuppose; mais d'un autre côté, en tant que volonté finie, elle , présuppose en môme temps l'indépendance de l'objet, et le bien comme une fin purement subjective. (3)
là prouver; et remploi et la disposition des matériaux qui composent la preuve, constituent h construction. Ainsi, dans la définition, Ton n*a que Tunité abstraite de robjet;dans la démonstration, au contraire, on a son unité concrète et réelle, c'est-à-dire, l'objet avec toutes ses propriétés et tous ses rapports. Cependant, bien que la démonstration marque un degré de la connaissance supérieur à la définition, elle ne donne, elle aussi, qu'une connaissance limitée. £t, en effet, elle présuppose, comme la définition, Tobjet; elle ne montre pas sa genèse, ni comment, ni pourquoi il existe, mais seulement la nécessité de ses rapports. Cela fait que le moyen n'y apparaît pas comme sortant de la nature même de l'objet, mais comme un élément subjectif de la pensée, et que la construction est un mélange de procédés rationnels et de procédés artificiels, qui sont pris en dehors de la nature de la chose. En d'autres termes, l'Idée n'atteint pas dans la démonstration à la totalité et à l'unité de ses déterminations. L'objet démontré est tel qu'il est démontré, mais il demeure encore séparé du sujet. Et c'est là ce qui fait que sa nature intime échappe à la démonstration. Cependant, le résultat auquel on est ici arrivé , est la nécessité, La vérité démontrée , est la vérité nécessaire, la vérité qui ne peut ne pas exister, ou exister autrement qu'elle existe. La nécessité n'est pas ici ce qu*elle était dans la sphère de la simple essence^ mais la nécessité telle qu'elle existe dans la sphère de la pensée et de la connaissance. Cette nécessité, c'est le bien,
(1) Dièses Wollen, ce vouloir.
(2) Nichiifjkeit. NuWlé.
(.i) C'est-à-dire, que l'idée pratique renferme une contradic-