‹ Logique de HegelChapitre 129 sur 137 · S CCXXXIV · texte numérisé non relu

S CCXXXIV

La lînité de cette activité amène une contradiction, qui consiste en ce qu'au milieu des déterminations opposées du monde objectif, la fin du bien est et n'est pas réalisée, est posée à la fois comme une chose essentielle et comme une chose non essentielle, comme réelle et comme seulement possible. Cette contradiction se produit comme un progrès infini de la réalisation du bien, où le bien prend la forme immobile du devoir (1). Mais, ce qui fait disparaître la forme de cette contradiction, c'est l'activité (2) qui supprime le côté subjectif du but, et par là son côté objectif, deux côtés qui forment Topposition, et leur finité réciproque. Et, en supprimant cette contradiction, elle ne fait pas seulement disparaître ce qu'il y a d'exclusif dans tel état subjectif, mais dans tout autre état semblable en général. Car un tel état, c'est-à-dire une nouvelle opposition, ne diffère pas de celle qu'on se représente comme devant être la première. Dans ce mouvement réfléchi des deux termes se trouve reproduit le contenu (3) qui est le bien, et

tion (§ suiv.). Car eUe part de eet instinct que le bien doit se réaliser et que rien ne peut résister à son action, et, d*un autre côté, elle présuppose un objet indépendant, vis-à-vis duquel le bien demeure comme un but purement subjectif.

(1) Als ein Sollen fisirt ist, 11 est fixé comme un devoir, comme quelque chose qui doit être, mais qui n'est jamais.

(2) Du bJQn, raclivilé inhérente à sa notion.

C\) 11 y a dans le texte : l^eae Bnckkehr in »ich ist zugleich die

l'identité des deux côtés. C'est la reproduction du rapport théorètique où Ton a présupposé (§ 224) que l'objet existe comme élément substantiel et vrai.

S ccxxxv.

La vérité du bien est par là posée comme unité de ridée théorètique et de l'idée pratique, unité à laquelle atteint le bien en soi et pour soi. Le monde objectif est de cette manière Tldée en soi et pour soi, qui se pèse éternellement comme but, et qui réalise ce but par son activité. La vie qui s'est ainsi affranchie des différences et de la finité de la connaissance, qui est revenue sur elle-même, et que l'activité de la notion a ramenée à son identité, e^t Vidée absolue ^ ou spéculative (1).

Erinnerung des Inhalts, Ce retour sur soi est, en même temps, là ressouvenance du contenu. C'est Tidée subjective ou théorètique du bien absolu réalisée.

(\) Vidée de la connaissance ou du vrai, qui devient adéquate à son objet et qui le saisit dans la réalité, et la nécessité de ses propriétés et de ses rapports, est le bien ou le vouloir (§ ccxxxn). Et ainsi, le bien est le vrai, mais le vrai auquel s'ajoutent la nécessité et Tactivité. Et, en effet, le bien est essentiellement actif, et, d'un autre côté, il ne peut ne pas être, et rien ne saluait s'opposer à son existence. Le bien, c'est la fin absolue, mais la fin qui n*a pas besoin d'être réalisée pour atteindre à la vie et à la vérité, car il est déjà la vie et la vérité. Le bien est, par conséquent, supérieur à la vérité et à la connaissance, telles qu'elles viennent d'être définies (§§ précéd.), et il leur donne une réalité objective. Mais, par cela même, il se produit dans le bien un rapport opposé à celui qu'on a remarqué dans l'idée du vrai (§ ccxxxiu). Car le vrai apparaît au sujet qui connaît comme un monde objectif et absolu sur lequel il doit, pour ainsi dire, se

l'idée absolue 381

IJIdée absolue.

S CCXXXVI.

Lldée, en tant qu'unité de l'idée objective et de l'idée subjective, est la notion de l'Idée qui n'a d'autre

former et se modeler. Dans le bien, au contraire, cet état de passivité a disparu, et le bien s'applique à Tobjet comme à un être qui est soumis à sa puissance et à ses fins. Par là aussi toute présupposiiion se trouve annulée dans le bien (§ ccxxxu). Ce qui veut dire, en d'autres termes, que toutes les déterminations précédentes, le monde mécanique et chimique^ la vie et la connaissance elle-même, sont des moments de ridée qui n'existent, qu'en vue du bien, et que le bien concentre dans son unité. C'est là ce qu'entend Hegel, lorsqu'il dit que le bien est égal à8oi{%(xxL\\\\). Car, puisque le bien est la fin absolue, il contient toutes choses et il trouve toutes choses au-dedans de lui-même, tandis que les déterminations précédentes sont in^^a/es à elles-mêmes, parla raison que, tout en é{2i,nX elles-mêmes, elles aspirent au bien, et qu'elles trouvent ainsi hors d'elles-mêmes leur principe et leur unité.

Le bien n'est, à son point de départ, qu'un bien immédiat, un bien qui peut et doit marquer les choses de son empreinte, et les élever jusqu'à lui, mais qui n'a pas encore accompli son œuvre. Cependant, le bien ne s'arrête pas à cet état immédiat et virtuel. Car, par là même qu'il est le bien, et le bien de toutes choses, il s'empare du monde objectif et le soumet à son activité. C'est ce passage de son état virtuel à sa réalisation qui constitue le moment de sa finitév Car , sa réalisation présuppose l'indépendance de l'objet dans lequel il se réalise , et qu'il s'assimile (§ ccxxxui). De plus, au milieu des oppositions du monde objectif, le bien apparaît comme étant et comme n'étant pas, comme une chose essentielle et comme un accident (§ ccxxxiv). « Car, dit Hegel (Grande Logique, p. 320), par cela même qu'il est limité quant à son contenu , il y a plusieurs biens , ce qui fait que le bleu actuel (das canstirende Gute), n'est pas seulement détruit par

382 LA SCIENCE DE tA NOTION.

objet que l'Idée, ou, c6 qui revient au même, qui se prend elle-même pour objet. C'est un objet où toutes

UQ accident extérieur ou par le mal, mais par la collision et la lutte qui se produit entre les différents biens. » Enfm, et comme conséquence de ee qui précède, la limitation du bien vient aussi de la différence de la forme et du contenu, du sujet et de Tobjet (l'intefution et l'œuvre, le but et les moyens, par exemple); toutes choses qui font que le bien se produit ici comme un devoir (ein Sollen) et nn progrès infini (§ ccxxxiv), c'est-à-dirè , comme un bien qui doit être mais qui n'est pas, comme un bien qui devient, mais qui ne peut atteindre à son existence parfaite et absolue. Cependant, cette limitation n'est qu'un moment du bien, un moment que le bien lui-même supprime , et à travers lequel l'Idée s'élève à son existence absolue. Et, en effet, c'est le bien lui-môme qui pose la limite et qui la supprime, qui la pose pour sortir de son état immédiat et transporter dans Tobjet sa forme et son contenu, et qui la supprime par là même qu'il la pose et qu'il est le bien. Car un bien n'est limité que parce qu'il a à côté de lui et en lui un bien supérieur ou le bien absolu. Ce qui fait que, dans ce mouvement dialectique du bien, dans ces biens qui se limitent et se détruisent, le bien apparaît comme un postulat et prend la forme indéterminée du progrès indéfini, c'est qu'ici Vidée pratique se trouve séparée de Vidée théorètique, la volonté de la pensée , et V action de la connaissance. Dans Vidée théorètique, la limitation vient de ce que l'Idée, tout en possédant sa forme universelle et son unité, demeure à l'état subjectif et n'atteint pas à sa réalité objective. Par contre, dans Vidée pratique la limitation vient de ce que l'Idée n'existé que dans sa forme objective, et que TéléP^it subjectif et universel y a disparu» Cependant, de ce mouvement indéfini de l'Idée, où un bien remplace un autre bien, se dégage la pensée que c'est un seul et môme bien, une seule et même idée qui fait le fond de tous ces biens particuliers. Par là disparaît aussi la forme de cette contradiction (§ ccxxxiv), et ridée fait retour à son état subjectif et à la Connaissance. Mais ce n'est plus ici la connaissance purement

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les déterminations se trouvent concentrées et identifiées. Cette unité est ici la vérité absolue, et la vérité qui fait le fond de toutes les autres. C'est l'Idée qui se pense elle-même, mais ici, en tant qu'Idée purement pensante et logique (1).

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