‹ Logique de HegelChapitre 16 sur 137 · LA saocE DE i/ltre · texte numérisé non relu

LA saocE DE i/ltre

qui n'est que le fini, et d'un être fini qu'elle supprime, ou pour mieux dire j qu'elle ne cesse jamais d'avoir devant elle, et dont elle fait une existence absolue.

Lorsqu'on veut exprimer l'unité de Tinfini et du fini (1), l'on rencontre naturellement ces propositions : a rinfini et le fini ne font qu'un, » le vrai et la vraie infinité doivent être considérés comme Vunité de V infini et du fini. » Ces expressions contiennent une pensée vraie, mais elles sont inexactes et équivoques, ^ ainsi que nous l'avons fait remarquer relativement à Funité de Tôtrc et du néant. On peut ensuite leur reprocher de limiter Tinfini et de le poser comme fini. Car le fini y apparaît comme ayant une existence propre, et il n'y est pas expressément supprimé. En effet, si le fini ne fait qu'un avec l'infini, il ne peut subsister tel qu'il est hors de cette unitç, et ses déterminations doivent au moins subir des modifications, comme l'alcali qui, en se combinant avec l'acide, perd de ses propriétés. Mais c'est là aussi ce qui arriverait à rinfini, qui, formant un des deux membres de la négation, devrait, en se réunissant à l'autre, se modifier» Et c'est là, en effet, ce qui arrive à l'infini abstrait et imparfait de l'entendement. Mais le vrai infini ne se comporte pas comme l'acide. La négation de la négation n'est pas une neutralisation; l'infini^

(I) On peut consulter sul* ce point le PUlèhe de Platon.

{yoie de V Auteur.)

en niant le fini, ne laisse subsister que lui-même ; il constitue Taffirmation, et le fini n'est que la négation qui a disparu.

Dans V étre-pour-soi se produit la détermination de Vidéalité. L'existence, envisagée d'abord au point de vue de son être ou de son affirmation , a une réalité (S 91) et, par conséquent, le fini aussi a une jéalilé. Mais ce qui constitue la vérité du fini est plutôt son idéalité. Par la même raison, l'infini de l'entendement, qui, laissant subsister à côté de lui le fini, est lui-même une existence finie , n'a sa vérité que dans son existence idéale. Cette idéalité du fini est le principe fondamental de la philosophie, et il n'y a dé vraie philosophie que Vidéalisme (1). Ce qu'il importe d'éviter, à cet égard, c'est de prendre pour l'infini ce qui, par ses déterminations, ne constitue qpi'une existence particulière et finie (2).

C'est sur cette différence que nous avons longue-

(1) ConL mon Introd. à la PML de Hegel, ch. Il, § i»

(2) Les catégories précédentes, depuis § lxxxix, sont les catégories du fini, c'est-à-dire elles sont bien des moments de Tidée, mais de ridée (}ui pose la différence et l'opposition, lesquelles constituent la sphère de la Unité. Dans la catégorie du FÛrsichseyn, l*idée rentre dans son existence idéale par cela même que la différence et l'opposition des termes s'évanouissent. « La vraie idéalité^ dit Hegel ^ n'est pas celle qui laisse en dehors la réalité ^ —une telle idéalité ne serait qu'une abstraction , — mais celle Qui la comprend et qui en fait la vérité. » Et c'est là ce que nous admettons^ ati fond, lorsque nous disons que la nature a son prit^cipe en Dieu.— Conf. Introd. à la Phil de Hegel j chî Vj § II, et ch. VI, § m, et plus bas, § glx.

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ment insisté ici, parce que c'est d'elle que dépend la notion fondamentale de la philosophie et du vrai infini. Et ce point, nous croyons l'avoir établi d'une manière décisive par des considérations bien simples, mais qui, par cela môme peut-être, ne sont pas aperçues.

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