‹ Logique de HegelChapitre 18 sur 137 · S XCVII · texte numérisé non relu

S XCVII

b) Mais le rapport d'un terme négatif (2) avec luimême est un rapport négatif, et, par conséquent, Vun se différencie et se repousse lui-même, et il pose par là plusieurs uns (3). Ces uns, dans leur état immédiat, forment des existences distinctes qui se repoussent et s'excluent les unes les autres.

S XCVllI.

c) Dans un ensemble d'unités (4), une unité est ce qu'est l'autre unité; chaque unité est une unité, et forme une unité dans la pluralité. Elles sont, par conséquent, identiques. En d'autres termes, si l'on considère la répulsion , Ton verra quelesM?i5 qui se repoussent les uns les autres sont aussi nécessairement en rapport entre eux , et comme Vun qui repousse et Vun qui est repoussé sont tous deux des uns y ceux-ci, en se repoussant réciproquement, ne

{\) Fûrsichseyendes, Littéralement Vétant-pour-soù Das Eins, Vun, qu'il faut distinguer de Yunité (Einhdt) qui, comme on le verra plus bas, est la réunion de plusieurs uns,

(t) Des negativen. L'un qui étant pour soi nie toiy ce qui n'est pas lui , ou pour lui.

(3) VielesEim.

(4) Le texte porte: Die Vielen. Les plusieurs {uns).

font que se mettre en rapport avec eux-mêmes. La répulsion est, par conséquent, nécessairement aUrac^ tianj et par là Têtre-pour-soi , ou \un négatif (1), se trouve annulé. La détenninabilité qualificative qui a atteint dans Vun sa parfaite existence (2), n'est plus ici qu'un moment qui s'est effacé, et qui a passé dans Tètre déterminé comme quantité (3).

(i) AuschUessfnde eins. L'un qui exclut.

(t) An'Mni'ftr àch bestimmi seipu. tire détfnmné en et powr joi, ce qui veut dire qu'elle embrasse tous les moments que comporte sa nature ou son idée : le moment immédiat et le moment médiat, on le moment abstrait et le moment concret. Cest encore Tètre-ponr-soi, mais rètre-ponr-soi de, ou dans Yatiraction.

(3) L'ètre-pour-soi, par cela même qu'il n'est que Tétre-poursoi, est d'abord à l'état immédiat. Dans cet état il est l'im, et il est rmi par la même raison, c'est-à-dire parce qu'il n*est que pour soi. Cependant l'ii» de l'être-pour-soi n'est pas l'être pur et sans détermination, mats il implique un rapport aussi bien que Vemiefice. Seulement ce n'est plus ici le rapport du quelque chose avec Vautre; mais en tant qVunité du quelque chose et de Yauire^ Yun contient un rapport avec lui-même, lequel rapport est un rapport négatif, parce que Vun qui n'est que pour soi repousse tout ce qui n'est pas m. Par là Tiffi se sépare de luimême, ou si l'on veut l'idée se sépare de l'un et pose ce qui n'est pas un, c'est-à-dire le p/i»t^f/r$.— Maintenant, les trois déterminations qui amènent la quantité sont Vun comme tel , rm qui s'oppose à lui-même dans la répulsion^ ou le plusieurs^ et Vun qui revient à son unité dans V attraction . Voici une partie de la démonstration telle qu'elle se trouve dans la GranifeLo^'^ (liy. I, p. i9i), et qui établit l'unité de ces trois moments : « Les uns sont, et c'est là ce qui est présupposé dans leur rapport réciproque, et ils ne sont qu'en se niant et en repoussant c^tte né^tion,

REMARQUE

C'est à ce point de vue que s'arrête la philosophie atomistique pour laquelle l'absolu c'est l'être-poursoi, l'un et l'agglomération des unités. Elle considère comme force essentielle la répulsion qui réside dans la notion même de l'un; mais ce qui rassemble les uns ce n'est pas, pour elle, l'attraction, c'est le hasard, c'est-à-dire un principe irrationnel (1). Si l'un n'est pas déterminé comme un et comme p/u-* sieurs tout à la fois, la réunion des uns ne pourra être amenée que d'une manière purement extérieure.

Le vidcy qui est l'autre principe de la philosophie

c'est-à-dire en niant leur négation. Mais comme ils ne sont que parce qu'ils nient, leur négation étant d'un autre côté niée, leur être est aussi nié ; mais comme ils sont, ils ne sont pas réellement niés par cette négation. C'est une négation extérieure qui, pour ainsi dire, ne touche qu'à leur surface. Seulement par cette négation réciproque, ils reviennent chacun sur. lui* môme. Ce n'est là qu'un moyen qui fait que ce retour sur eux-mêmes amène leur conservation et leur individualité, (Selbsterhaltung nnd ihre FUrsichseyn.) Mais, d'un autre côté, comme leur négation ne produit aucun effet (nichts effectttirt) h cause de la résistance qu'ils s'opposent réciproquement, ils ne reviennent pas sur eux-mêmes, ils ne se maintiennent pas, ils ne sont pas. Ainsi tous les uns sont identiques, et ce rapport n'est pas étahli par notre réflexion extérieure, mais il découle de la' répulsion elle-même. Cette identité de répulsion est la suppression de leur différence et de leur extériorité ; et cette position de plusieurs uns dans Yun est Yatiraciion. »

(I) Bas gedankenlose, Cest'k'dke un principe qui ne repose pas sur une détermination rationnelle de la pensée.

* 40 LA SCIENCE DE l'ÉTRE.

atomistique, n'est que la répulsion elle-même considérée comme le non-être qui existerait entre les atomes (1). La nouvelle atomistique (car la physique adopte toujours ce principe), tout en rejetant les atomes, a conservé les petites parties et les molécules. Elle a, par là, abandonné la détermination rationnelle sur laquelle est fondé Tatomisme et s'est rapprochée davantage de la représentation sensible. En ajoutant à la force répulsive la force attractive, on a achevé l'opposition , et on est allé plus loin dans la connaissance de ces forces de la nature comme on les appelle. Mais le fondement de leur rapport, qui fait leur existence réelle^ et concrète, était inconnu, et il fallait faire disparaître cette obscurité que Kant lui-même laisse subsister dans sa théorie des Principes Métaphysiques de la science de la Nature (2).

(\) Hegel veut dire qu'il n'y a pas de vide comme on se le représente ordinairement ; mais que le vide est la répulsion ellemême. Le vide est là ohVun n*est pas, ou, pour mieux dire, il est le non-être de Vun, lequel non-être est ici un autre un ou le plusieurs. Voy. Grande Logique, p. i84, et conf. plus bas, § cxxy et suiv.

(2) Hegel veut dire que Ton avait bien placé ces deux forces Tune à côté de l'autre, mais qu'on n'avait pas saisi leur filiation nécessaire et leur unité dans l'unité même de leur idée. Voy. un examen de la théorie de Kant sur la construction de la matière par les forces attractive et répulsive. Grande Logique, p. 200 et suiv. C'est une critique fort intéressante non-seulement parce qu'elle montre l'insutesance de la théorie kantienne, mais parce qu'on y voit l'application de la logique à la physique. — Hegel y démontre que les différences que la physique ordinaire reconnaît

Dans les temps modernes Tatomisme a acquis une bien plus grande importance dans les sciences politiques que dans la physique. D'après cette doctrine, ce sont les volontés individuelles qui forment la base de l'État ; ce qui attire les individus, ce sont les intérêts et les besoins particuliers, et l'universel, TÉtat lui-même n'est fondé que sur le rapport extérieur d'une convention (1).

et que Rant maintient en partie entre ces deux forces ne sont pas fondées, et qu'elles ne sont que deux moments d*une seule et même force, d'une seule et même idée.

(4) Sous cette catégorie viennent se ranger Tatomisme, la monade de Leibnitz, ainsi que les doctrines qui fondent exclus!* vement TÉtat sur la volonté et les intérêts individuels. Voy. Grande Logique, p. Ml'tOO.^En général, dans ses discussions critiques, Hegel s*attache à mettre en évidence ce qu'il y a à la fois de rationnel et d'insuffisant dans les doctrines qu'il examine.

Il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici des déterminations logiques qui s'appliquent à tous les rapports de quantité, de qualité, etc. Par conséquent, il ne faut pas se réprésenter Vun la répulsion et Vattraction comme des molécules ou des forces physiques. Hegel a substitué ces expressions à l'ancienne expression un et plusieurs, parce que pour lui la notion n'est pas un principe inerte et immobile, mais le mouvement de la raison logique est le fondement et le principe de toute réalité. La répulsion et Vattraction, comme forces physiques, appartiennent à la philosophie de la nature. La critique de la théorie dynamique de Kant n'est ici qu'une discussion accessoire. Cependant elle se rattache à la logique, en ce sens que comme la logique est la forme intérieure de toute réalité, la physique y trouve son explication et son fondement.

42 LA SCIEN'CE DE l'ÊTRE.

La quantité pure.

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