S XCIX
La quantité est Tôtre pur où la détermînabilité n'est plus posée comme ne faisant qu'un avec l'être luimême (1), mais comme indifférente et détruite (2).
1"* Le mot grandeur n'exprime pas d'une manière adéquate la quantité, mais seulement la quantité déterminée (3).
2'' Les mathématiciens définissent ordinairement la
(\) Comme cela a lieu dans la qualité.
(%) « La qualité est la déterminabilité première et immédiate de rêtre, la quantité est la déterminabilité qui est devenue indifférente (gle^gultiq) pour l'être, c'est la limite qui n'est pas une limite. C'est Vêtre-potir-sm qui s'est identifié avec Vêtre^pourun-auire ; c'est la répulsion, le plusieurs uns, qui est aussi nonrépulsion Dans le quelque chose^ sa limite, en tant que
qualité, est sa déterminabilité essentielle. Mais lorsqu'il s'agit d'une limite quantitative, par exemple de la limite d'Un champ, l'on voit que si l'on change sa limite un champ ne cesse pas d'être un champ, tandis que si l'on change sa limite qualitative, la déterminabilité qui le fait champ, il devient bois, pré, etc. Le rouge ne cesse pas d'être le rouge, parce qu'il est plus ou moias vif; il ne cesse d'être le rouge que lorsqu'il perd sa qualité. » Grande Logique, liv. I, 2' partie, p. 209-H.
(3) Parce que le grand et le petit sont des déterminations de la quantité.
grandeur a ce qui peut être augmenté ou diminué. )> Bien que cette définition soit défectueuse parce qu'elle contient le défini ^ cependant les déterminations de la grandeur y sont représentées comme indifférentes à la chose, comme pouvant changer en intensité ou en extension y sans que la chose, une maison , la couleur rouge^ par exemple , cesse d'être une maison, ou la couleur rouge (1).
3** L'absolu est la quantité pure. C'est là un point de vue auquel on arrive lorsqu'on place l'absolu dans la matière, et qu'on se représente cette dernière comme possédant la forme, mais en môme temps comme indifférente à toute détermination. La quantité
est aussi une des déterminations fondamentales de l'absolu, si l'on conçoit celui-ci comme Tindiffércnce absolue où il n'y a que des différences de quantité.
Le temps et l'espace purs peuvent aussi être pris comme exemples de la quantité, si l'on considère la réalité comme remplie par leurs éléments identiques et indifférents (2).
(4) Et, en effet, en disant que la grandeur est ce qui peut augmenter ou diminuer, c'est comme si Ton disait qu'elle peut devenir plus grande ou plus petite. Bien plus : comme le grand et le petit sont deux déterminations de la grandeur, en disant qu'elle peut augmenter ou diminuer. Ton dit au fond que la grandeur peut devenir plus grande, ou qu elle peut changer sa grandeur. Il y a cependant un élément rationnel dans cette défmition : c'est qu'on indique le caractère essentiel de la quantité, le plus et le moins^ le grand et le petit, ou l'indétermination et l'indifférence.
(2) Hegel veut dire que c'est la même détermination, mais
i\ LA saocE DE l'être.
se.
La quantité « dans ce rapport immédiat avec eUemême ou dans cette détermination d*é^ité avecellemême, qui a été posée par Yailraclionn est quantité coniittue; mais comme elle contient d'un autre côté la détermination de Ttiff , elle est quantité discrète. Mais la quantité continue est. eu même temps, quantité discrète, parce qu'elle n'est que la continuité de jàusieurs j et la quantité discrète est en même temps quantité continue, parce que les uns qui forment la discrétion sont identiques, et constitueni, par conséquent, une unité. D'où il suit :
1* Que la grandeur discrète et la grandeur continue ne doivent pas être considérées comme formant deux espèces distinctes de grandeur. Car elles sont deux déterminations d'un seul et même tout ;
2"* Que l'antinomie de l'espace, du temps et de la matière touchant la divisibilité infinie, ou TindiWsiliilité de leurs éléments, ^lent de ce ,que, dans le premier cas, la quantité est considérée comme con-
combinée avec d'autres éléments, tels que le temps, l'espace, etc. La théorie de la matière de Platon, qui concevait la matière comme un principe amorphe, ou indifférent à toute forme, et partant capable de les toutes recevoir, ainsi que celle d*Aristote, qui la concevait comme un principe passif, la puissance, ne contiennent que la notion de la quantité appliquée à la matière. Cest ce même rapport qui a fait dire à Leibnitz : « \on improbabile est materiam et quanlilatem esse realiter idem, »
tinue, et dans le second, comme discrète. Si Ton ne pose le temps, l'espace, etc., qu'avec la détermination de la quantité continue, ils sont divisibles à Tinfîni. Si on ne lés pose qu'avec la détermination de la quantité discrète, Ton arrivera à une dernière division. Car ils seront composés d'unités indivisibles. Mais Tune des deux déterminations est aussi incomplète que l'autre (1 ) . •
b . Quantum.