‹ Logique de HegelChapitre 21 sur 137 · CIV · texte numérisé non relu

CIV

C'est dans le degré que se réalise la notion de la quantité déterminée. Le degré, c'est la grandeur qui est dans un état de simplicité et d'indifférence, de telle façon cependant que la délerminalion qui la fait

déterminé et indifférent à toute aulre détermination. Le quantum qui est marqué de ces caractères est quantité cxtensive et iniettsive. Vejctcnsion et V intensité diffèrent de la continuité et de la discrétion , en ce que ces dernières ne contiennent pas encore les déterminations du nombre et de la limite. Maintenant par cela même que dans la qMzxiWié cxtensive^ telle que nous venons de la décrire, chaque élément est à la fois limite et limité, la quantité cxtensive appelle nécessairement cet état où tous les éléments forment la limite, c'est-à-dire elle appelle la quantité intensive. Ces deux quantités sont donc inséparables, et elles passent Tune dansTaulre; la quantité extensive passe dans l'intensive, parce que ses éléments multiples (le ];to<?ttrs) se concentrent dans l'unité (la toî7<?) à laquelle le multiple devient extérieur; la quantité intensive pasfce dans Textensive, parce que son unité simple a sa détermination dans un nombre, et dans un nombre qui en est inséparable. C'est dans le degré que l'unité de ces deux termes se trouve posée. Comme exemple de l'unité de ces deux quantités, on peut citer dans les choses matérielles une masse qui, considérée comme poids, est nue gvanàem extensive, parce qu'elle contient un nombre de livres, etc., et qui est une grandeur intensive, en tant qu'elle exerce une pression déterminée. Une couleur plus intense s'étend sur une plus vaste surface; et dans le monde spirituel, l'intensité du caractère, du talent, elc, se manifeste par une existence bien remplie , et une plus large activité. Voy. Grande Logique, livre II, Hemarque I, pages 257 et suivantes, où Ton trouvera une critique des théories qui, dans la force, séparent l'élément mécanique de rélémcnt dynamique, et réciproquement.

une quantité limitée elle la trouve hors d'elle, dans une autre grandeur. Il y a ici une contradiction, qui consiste en ce qu'une limite une, indivisible et indifférente atout rapport (1), trouve nécessairement hors d'elle sa détermination. Le degré est une quantité immédiate qui appelle immédiatement son contraire, une médiation, et qui va au delà de la quantité que l'on a posée. C'est là ce qui constitue le progrès infini quantitatif.

REMARQUE

Le nombre est une pensée, mais il est la pensée en tant qu'être qui est extérieur à lui-même. Comme pensée, il ne rentre pas dans Tordre des choses qui tombent sous l'intuition. Mais c'est la pensée ayant pour détermination la forme extérieure de l'intuition (2).

(1) Dass die fursichseyende gleichgUltige Grenze die absolute Aeusserlichkeit ist,

(2) Hegel veut dire que le nombre, tel qu'il est saisi dans sa notion par la pensée spéculative, est, ainsi que toute autre notion, une pensée pure. Mais précisément parce que le propre du nombre c'est d'être indifférent à toute détermination, et extérieur à lui-même, le nombre prend dans la pensée non spéculative la forme de Tintuition sensible. Cette propriété qu'a le nombre de tenir à la fois au monde sensible et au monde suprasensible des idées, produit Tillusion qui fait considérer le nombre (la métbodt^ mathématique, ou géométrique) comme Texpression la plus parfaite de F idée, tandis que le nombre étant, par sa notion même, ce qu'il y a de plus indéterminé et de plus extérieur à lui-même et aux choses, est ce qu'il y a de moins

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Par conséquent^ le quantum non-seulement peut être augmenté ou diminué à Tinfini, mais, d'après sa notion, il doit toujours aller au delà de lui-même. Le progrès infini est le retour irrationnel (1) d^une seule et même contradiction, qui, dans la quantité déterminée, se réaIi^;e sous la forme de d^ré. L'on peut, au fond, se dispenser de se représenter cette contradiction sous la forme d'un progrès infini. Et, à cet égard, nous rappellerons le mot si juste de Zenon dans Aristote, « qu'î/ ny a jxis de différence entre dire une chose une seule fois et la répéter toujours, n

S cv.

Cette propriété qu'a la quantité d*être en ellemême et hors d'elle-même, fait sa qualité. Par là se trouvent réunis Yèire ejctéricur. ou quantitatif (2), et Vètre-pour-soin ou qualitatif.

1^ quantité ainsi posée forme un rapport quantitatif, rapport où elle est à la fois quantité immédiate, un exposant, et quanlité médiate, ou quantité qui est

propre à exprimer la vraie nature des idées et partant des choses. Voyei, sur ce point : (;niiid<r Loff}^^» livre I, f partie, !!<•marqua //, page â45, où Ton trouve des con>idi^rations historiques et dogmatiques fort intéressantes sur la différence de Tidée et du nombre, sur Tillusion produite par le nombre lorsqu'il est pris comme symbole de Tidée, et sur Téducation philosophique f t mathématique en général. Conf. aussi mon Introduction à la philosophie de Hegel, chapitre IV, $ v, etln/rod., tom. I, p. 117.

(I) Gendankenknie, sans pensée.

(i) tHe Aeusserlickkeit, d. t, cli» OrnintiMiret,

en rapport avec une autre quantité. Car les deux termes d'un rapport n'ont pas une valeur immédiate, mais une valeur qui leur vient de leur rapport même (1).

(\) La degré est la quantité déterminée, un quantum; mais ce n*eslpasun^fimn/ttmqaia le multiple en lui-même, mais il est bien plutôt une mulHpliciié , c'est-à-dire une quantité où le multiple se trouve réuni dans une détermination simple. Lorsqu'on parle de 40, 20 degrés, on ne veut pas désigner par là une quantité qui est unQ somme ou un nombre particulier, mais le iO" et le 20* degré, ou une quantité qui a atteint ce degré, et qui contient la détermination des nombres 40, 20, mais qui la contient comme uu nombre qui a été supprimé, et qui lui est extérieur. De môme que 20 comme grandeur continue contient les 20 uns comme grandeur discrète , de même un degré contient les uns comme une quantité continue qui forme cette multiplicité simple. C'est lo W degré, et il n'est que le 20* degré; mais il n'est le 20" degré que par Tintermédiaire des 20 uns, qui cependant se distinguent de lui, et sont autre chose que lui. Par conséquent, dans le degré, se réalise cette détermination de la quantité où une grandeur n'est elle-même que parce qu'elle est autre chose qu'ellemême, et qu'elle n'est elle-même qu*en étant autre chose qu'ellemême. Ainsi une grandeur appelle une autre grandeur, un degré un autre degré, une limite une autre limite. D'où l'on voit que non-seulement une quantité peut changer, mais qu'elle doit nécessairement changer; qu'elle n'est pas une limite qui est, mais une limite qui devient. C'est ce devenir qui amène d'abord le progrès de la fausse infinité quantitative. Et, en effet, le progrès^ la série infinie n'est que la répétition indéfinie de cette contradiction que renferme le quantum, qui, tout en ayant une limite, va au delà de la limite, et qui, partant, est indifférent à toute limite. Il est l'expression de catte contradiction, mais il n'en est pas la solution. L'entendement cherche cette solution dans l'infiniment grand ou dans l'infiaiment petit. Mais si l'on considère ces deux

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