‹ Logique de HegelChapitre 23 sur 137 · S CVII · texte numérisé non relu

S CVII

La mesure est la quantité qualitative y et d'abord elle est une quantité immédiate qui a une existence déterminée {Daseyn)^ ou une qualité.

lui aussi un quantum. Ces deux quantités ne sont pas ici deux quantités, liées par un rapport extérieur, mais chacune d'elle a sa détermination dans son rapport avec Taulre; et c'est Vautre (dos Andm'e) qui fait la déterminabilité de toutes les deux. — Le premier rapport est un rapport immédiat, ou direct. Ici l'on a trois termes, dont l'un, Y exposant, fait la limite des deux autres. Ceux-ci ne sont ce qu'ils sont que dans cette limite, mais comme ils ne forment que le premier moment du rapport quantitatif, et qu'ils ne sont pas encore médiatisés, ils gardent Tindétermination et l'indifférence de leurnalure. Soient, par exemple, -^etson exposant c. a et b ne sont ce qu'ils sont, c'est-à-dire des quantités déterminées, que dans, et parce rapport, et, par conséquent, ils n'ont pas de valeur hors de ce rapport. Mais par cela même que c'est l'exposant, ou le rapport, qui constitue ici l'élément fixe et déterminé, les deux côtés du rapport sont indéterminés et indifférents à tout rapport, et par conséquent, à la place de -f ,ou de 2:4, on pourra substituer^ ou g^y? ou 3:6 etc., sans que l'exposant soit affecté par ce changement. Cependant, bien que l'exposant soit ici l'élément fixe et invariable du rapport, il est, lui aussi, une quantité, c'est-à-dire xiaquotient, et, en tant que quotient, il a lui aussi la détermination du nombre particulier, ou de Vunité. Et si l'on considère le rapport de l'exposant avec les deux côtés du rapport, il n'y a pas de raison ici pour que l'on prenne plutôt un côté que l'autre du rapport, soit pour nombre particulier, soit pour unité. Dans l'équation ^ = e,a étant pris pour nombre particulier, et ^pour unité, c sera le quotient, ou le nombre particulier exprimant le nombre de ces unités. Mais si l'on considère b comme nombre particulier, c sera l'unité qui sera nécessaire à b pour former le nombre a, a — eb. En

scvin.

Comme la mesure réunit la qualité et la quantité dans une unité immédiate j la différence de la qualité

d*autres termes, Texposant n'est pas ici ce qu'il doit être, c*est-à-dire le principe générateur et déterminant des deux côtés du rapport, et leur unité qualitative, mais il est lui-même une quantité, et un résultat, ou un produit Cest là ce qui amène le rapport quantitatif indirect (Vmgehekrte Verhdltniss), Dans le rapport direct ou inmédiat les termes et leur rapport, ou Texposant, demeurent encore distincts et extérieurs Tun à Tautre. On a, d'un côté, des termes variables, et, de l'autre, un exposant fixe et invariable. Le changement des termes se fait en dehors de l'exposant, et n'afTecte en aucune façon ce dernier. Dans le rapport indirect, au contraire , où l'exposant est un produit dont les deux termes sont les facteurs, le changement des deux termes se fait au dedans de l'exposant lui-même, c'est-à-diro les deux termes se nient au dedans de l'exposant qui fait leur unité déterminée. L'un des deux termes devient d'autant plus petit que l'autre devient plus grand, et chacun d'eux jie possède une grandeur qu'autant qu'il s'approprie la grandeur de l'autre. Chacun d'eux se continue ainsi négativement dans l'autre, et il n'est ce qu'il est que par la négation, ou la limite que l'autre pose en lui. D'où il suit que chacun contient l'autre, et que la grandeur de chacun d'eux est déterminée par la grandeur de l'autre ; car chacun d'eux ne doit être que la quantité que l'autre n'est pas. Cette continuation de l'un des deux termes dans l'autre fait leur unité, leur limite simple et indivisible, ou leur exposant. Par conséquent cette limite les pénètre, si l'on peut dire ainsi, tout entiers et constitue leur totalité. Et ce n'est pas une limite qui recule indéfiniment, etque le rapport ne peut point atteindre, —un infiniment grand, ou un infiniment petit; — mais c'est la quantité même de l'exposant que les deux côtés du rapport se partagent inversement, ou en se niant. Par là l'exposant qui, dans le rapport indirect, contenait déjà, en tant que produit de l'unité et du nombre

60 LA SCIENCE DE l'ÊTRE.

et de la quantité se produit aussi dans la mesure d'une manière immédiate. La quantité spécifique est, d'une part, une pure quantité, et elle peut être diminuée ou

particulier, runilé et le nombre particulier, est devenu Télément commun et déterminant, vis-à-vis duquel Tunité et le nombre particulier, ou les deux côtés da rapport, ne sont que des moments finis et variables, à travers lesquels il s'est réalisé; en d'autres termes, le rapport indirect est devenu wnrapport de puissance (PotenzerwerhaltmssJ, Dans le rapport de puissance, on n'aplus l'unité et le nombre particulier qui sont mis en rapport par une troisième quantité, et qui viennent, pour ainsi dire, se rencontrer sur une limite qu'ils ne posent point, et par laquelle ils ne sont point posés; mais onal'unité qui est elle-même le nombre parliculier, et le nombre particulier qui est cette unité elle-même, ou, si Ton veut, on a une seule et môme quantité qui se pose comme unité et comme nombre particulier. Dans le rapport direct, l'exposant est un quotient; dans le rapport indirect, il est un produit; dans le rapport de puissance, il est à la fois quotient et produit, ou, pour mieux dire, il n'est plus un exposant purement quantitatif, mais un exposant quantitatif et qualitatif k la fois. Et, en effet, dans ce rapport on a un nombre qui, comme tout nombre, est variable, qui, par là môme qu'il est variable, sort de luimôme et de ses limites, et qui ne pose une limite que pour la supprimer, mais qui, d'un autre côté, pose lui-même celte limite, et se retrouve lui-même dans chacune de ses limites, et il s'y retrouve non comme une unité abstraite et vide (l'ww), ou comme grandeur indéterminée, mais comme rapport, et comme rapport déterminé, et enfin comme principe générateur du rapport. Et ainsi, dans le rapport de puissance, la quantité sort d'elle-même sans cesser d'être elle-même, et elle demeure identique à elle-même, tout en devenant autre qu'elle-même. Par là la quantité se trouve complètement développée, et elle se pose telle qu'elle est, en et pour soi, c'est-à-dire elle ramène la qualité. Et, en effet, on avait d'abord la qualité, c'est-à-dire l'élément fixe et déterminé de l'être, vis-à-vis duquel est venue se placer la

augmentée 9 sans^que la mesure, en tant que règle, soit pour cela détruite, et d'autre part, le changement de la quantité entraîne le changement de la qualité.

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