‹ Logique de HegelChapitre 25 sur 137 · CXI · texte numérisé non relu

CXI

yiiijyUu, raffiiMnation^ eu tant que négatioa de la négation, contient maintenant, au lieu des termes abstraits, Vêtreet le néant j Tini et le multiple, etc., la

quaBtité et sa qualité, »st détrait. Maintenant, la mesure est â*abord NMSQPe à l^état immédhi, c*est-à-dlre ht mesure qui n^esl pa> Mieoro méâiahêée, qm n'est qu*en soi, et qui. parlant, n'est pas encore en et pour soi. Par conséquent, la quantité et la qua« lité, tout en étant inséparables, ne sont pas encore identiques, et la mesure est une rè^ déterminée, mais arbitraire (le pied, la longueur du pendule, une température ou unité de obaleur, ou d'autres mesures semblables), ou si l'on veut, une quantité spécifiée et qui spécifie d'autres quantités. Mais comme elle contient une quantité, ee n*est pas seulement la quantité d'un terme autre qu'elle, mais e'est sa propre quantité qu'elle mesure et spécifie. Cependant, comme ici, ni !a quantité n'est encore la qualité, ni eelle^ei la quantité, ou, oe qui revient au même, comme la quantité al la qualité sont encore distinctes, la quantité conserve dans la mesure son caractère indéterminé, ce qui fait qu'elle peut^ jusqu'à un eerlain point, changer, sans que la qualité ebange aussi. Mais, d'un autre côté, par là même que la quantité et la qualité sont ici réunies ds^ns la mesure, la quantité ne peut changer que dans une certaine limite, et lorsqu'elle dépasse cette limite, la qualité elle-même se trouve détruite. G^est ainsi par exemple, que Taugmentation ou la diminution de la température n'affecte pas d'abord la qualité de Teau, mais lorsque ces; changements dépassent une certaine limite, l'eau se change en vapeur ou en glace. Dans la sphère de Tesprit, ces rapports ont moins d*importanee, en ee qu'ils sont subordonnés à des rapports supérieurs. Ils y jouent ei^pendant leur rôle. Ainsi la vertu se ebange en défaut, l'économie devient parcimonie et avarice, la Ubéralité profusion, lorsqu'elles dépassent certaines limites. La législation d'un État doit, tusqu'î» un certain point, s'harmoniser

64 LA SCffiNCE DE l'ÊTRE.

qualité et la quantité, a ) D'abord, la qualité est passée dans la quantité (§ xcvni) , et la quantité dans la qualité (§ cv), et, par conséquent, elles se sont pro-

avec son étendue, et il y a une limite au delà de laquelle son agrandissement est la ca^se de sa ruine. Les Grecs avaient déjà remarqué cette propriété et cette contradiction de la mesure, sans en trouver la solution, et ils lui avaient donné une forme populaire dans les arguments bien connus du tas de blé et de la calvitie. Ce qui fait le tas de blé n'est pas seulement la quantité^ mais aussi la qualité, c'est-à-dire, ce qui constitue le tas ; car Te même nombre de grains pourrait ne pas constituer un tas, de sorte que Ton pourra ajouter ou soustraire des grains, sans former ou détruire uu tas; mais, d'un autre côté, il y a un point au delà duquel on aura, ou on n'aura pas un tas. Ces arguments, comme le fait remarquer Hegel, ne sont point des sophismes ou des discussions oiseuses de l'école, mais ils expriment le besoin qu'éprouve l'esprit de saisir ces déterminations et ces rapports.— Ainsi donc, l'on a une mesure qui, par cela même qu'elle est variable, appelle une autre mesure, c'est-a-dire , on a deux mesures qui se mesurent entre elles, et dont J'une n'est telle que par rapport à l'autre, et dans son union avec l'autre, ce qui fait que là quantité et la qualité de l'une sont invariablement liées à la quantité et à la qualité de l'autre. Tel est, par exemple, le rapport de la température générale d'un milieu, et de la température spécifique des corps qui se trouvent dans ce milieu; tel est aussi le rapport du temps et de l'espace dans la loi de la chute, ou dans la loi du mouvement des corps célestes. (Voyez sur ce point Grande Logique, liv. I", lu' §, ch. I", et Philosophie de la 'Nalvre, § ccxLYii et suiv.) D'où il suit, que le changement de la quantité ou de la qualité de l'un des deux termes entraine le changement de l'autre. Mais, comme Ton est ici dans la sphère de la mesure, tout changement de mesure ne fait qu'amener une nouvelle mesure ou un nouveau rapport, dont les termes sont également deux mesures. L'on a ainsi une série, ou plusieurs séries indéfinies de mesures qui sont liées par un rapport invariable, ce

duites comme des négations, b) Dans la mesure qui fait leur unité, elles se sont d'abord différenciées, et lune n*est que par l'intermédiaire de Tautre. c) En-

qai revient à dire que chaque terme a un rapport, quantitative-^ ment et qualitativement, déterminé avec un autre terme quelconque de la série; de sorte que, non-seulement dans chaque mesure la quantité détermine la qualité, et celle-ci la quantité, mais la quantité et la qualité de chaque mesure déterminent la quantité et la qualité de toute autre mesure, ou, pour mieux dire, de la série entière, et sont, à leur tour, déterminées par elle. Cela amène dans la mesure un état d'affinité et de netUraUté (exemple, affinité chimique), parce que chaque mesure, tout en étant en rapport avec les autres mesures {affinUé), garde son indépendance vis-à-vis d'elles, et les neutralise dans son unité. Mais dans une série ainsi constituée, chaque terme n*est ce qu'il est que par, et dans un autre terme, et comme il est en rapport avec tous les termes, il suit que Ton a un cercle de rapports où chaque terme, tout en conservant sa nature propre, peut se substituer à Tautre.— Exemples, les équivalents chimiques, ou les rapports des sons. — Ainsi Ton a une série de mesures, une ligne nodale (KnotenUme), comme rappelle Hegel, composée de termes à la fois distincts et identiques, discrets et contmus, ex* tensifs et intensifs, pouvant se remplacer les uns les autres, et former, chacun dans un système de mesures, soit la mesura principale , soit Tun des membres du système : par exemple, un son peut former le son fondamental, ou un son quelconque dans un autre système d'accords. Et ainsi Ton a un système de mesures où chaque mesure, tout en étant elle-même et pour soi, est dans une autre mesure, et se continue en elle, et elle n'est ellemême et pour soi qu'en se continuant dans une autre, ou ce qui revient au même , qu'autant qu'elle est niée par une autre , et qu'elle nie cette autre à son tour. Ce qui se trouve posé par là, c'est la suppression de la mesure (dos Maaslose), c'est-à-dire la substitution d'une mesure à une autre mesure, et, aufond, l'indifférence et l'identité de toute mesure, et, partant de la quantité et de la qua- T. n. 5

66 LA SClEiNCE DE l'ÉTRE.

fin, la forme immédiate de cette unité disparait, et par là cette unité se trouve posée, telle qu'elle est en soi, c'est-à-dire comme formant un rapport simple avec elle-même, rapport qui enveloppe et supprime à la foisTé/rc, ainsi qne ses formes. L'être immédiat, qui, dans la négation de lui-même, a posé un moyen terme pour se mettre en rapport avec lui-môme, moyen qui s'est effacé pour produire ce rapport, et, par conséquent, un nouvel état immédiat, cet être est devenu V essence.

]ité, on, en d'autres termes, VEssence (Dan "Wesen)^ Dieu est la mesure de toutes choses, est une nouvelle définition de Dieu, et une définition plus profonde que, Dieu est VÊtre. — La mesure est aussi la notion sous laquelle les Juifs se sont représenté Dieu, etqui forme comme le ton fondamental de leur poésie sacrée, où Dieu est l'Être qui pose des limites à toutes choses, aux mers et aux continents, aux fleuves et aux montagnes, aux plantes et aux animaux. Chez les Grecs, elle s'est produite sous la forme de Némésis, qui frappe et réduit au néant ceux qui s'élèvent trop haut, et qui rétablit par là l'équilibre dans les choses. Enfin c'est sur cette notion qu'est fondée la pensée que toutes les choses humaines, richesses, honneurs, puissances, joies, douleurs, etc., ont une mesure déterminée au delà de laquelle il y a raine et destruction. —Ici viennent se placer, dans la Grande Logique, une critique des théories de Berthollet et de Berzelius sur les affinités et les équivalents chimiques, des considérations sur la loi de la chute des corps, et une critique de l'explication que l'on doime du mouvement accéléré ou retardé des corps célestes, à mesure qu'ils s'approchent du périhélie ou de l'aphélie. — Ces considérations et ces critiques trouveront leur place dans la Philosophie de In Nature.

DEVXIfiNE PARTIE DE LA LOGIQUE.

U SCIEIICE DE L'ESSENCE.

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