‹ Logique de HegelChapitre 26 sur 137 · S CXII · texte numérisé non relu

S CXII

Dans l'essence, la notion est seulement poséa. Les détenninations de la notion ont dans l'essence un caractère purement relatif y et elles ne se réfléchissent pas encore complètement sur elles-mêmes. Par conséquent, la notion n'y a pas la forme de Vètre-poîêrsoi.

L'essence, comme résultat des déterminations négatives de Têtre, n'est en rapport avec elle-même , que parce qu'elle est en rapport avec un terme autre qu'elle-même, et ce terme n'est pas l'être immédiat, mais l'être déjà posé avec médiation (1).

L'être ne s'est pas annulé dans Vessmce^ et en tant qu elle ne forme qu'un rapport simple avec ellemême, l'essence est Têtre* Mais, d un autre côté , les détenninations incomplètes de l'être in^médiat ont

(i)Ak ein Gesetziés und Vei'mittéites. C'est-à-dire Tessence doit être d'abord, et ses déterminations ne peuvent en développer qu'atitaïKt qn^etles contiennent Tdtre et 'les déterminations de réire.

68 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.

fait, pour ainsi dire, descendre celui-ci à un état de négation; en d'autres termes, elles Tont fait apparaître ; et Tessence n'est autre chose que Têtre qui apparaît sans sortir de lui-même.

REMARQUE

V absolu est l'essence. Cette définition est la même que celle-ci : Vabsolu est Vètre^ parce que l'être constitue aussi un rapport simple avec lui-môme. Mais elle est en môme temps une plus haute expression de l'absolu, parce que l'essence est l'être qui est descendu plus profondément en lui-même , c'est-àdire, l'être qui a posé un rapport simple avec luimême comme une négation de la négation, et qui est revenu sur lui-même en traversant un moyen terme qu'il a lui-même posé.

Lorsqu'on se représente l'absolu comme l'essence, on fait en général abstraction de tous les autres prédicats déterminés qu'il possède. Ce fait d'abstraction a lieu en dehors de l'essence elle-même, et l'essence û'est alors qu'un résultat qui n'a pas de prémisses propres; elle est le caput morluum de l'abstraction. Ici la négation (l'essence) n'est pas hors de l'être, mais elle est amenée par sa dialectique. Par conséquent, elle n'est que l'être qui est descendu plus avant dans lui-même, et qui a une plus haute réalité. Ce qui Constitue la détermination propre de l'essence, et ce qui la distingue de l'être immédiat, est cette forme ré-

EÉFLEXION. &9

fléchie et cet apparaître (1) de Tessence au dedans d'elle-même.

(1) •Jene Refleanon, sein Schemen insichselbst.» L'être est la détermination immédiate de l'idée et des choses (Bas UnnUt" telbare , Vimméé^at). Tonte chose est d'abord avec sa quantité, sa gua- Uté et sa mesure j lesquelles ne sont que des déterminations abstraites et extérieures qui viennent se concentrer dans une détermination plus concrète et plus profonde» Vessence. Lorsque nous voulons connai're ce qu'une chose est en et pour soi, nous ne nous arrêtons pas à son être et à ses déterminations ; mais nous allons au delà, dans la supposition quil y a sous l'être autre chose, un autre principe que lui, et que c'est cet autre prmcipe qui fait la vérité de l'être lui-même. Lorsque nous disons que toutes choses ont une essence, nous voulons dire qu'en réalité et dans leur fond, elles ne sont pas telles qu'elles se montrent immédiatement à notre aperception. L'essence est, par conséquent, une détermination médiate en ce qu'elle sort de l'être qu'elle présuppose, et qu'elle contient, mais qu'elle contient combiné avec ses propres déterminations. Ainsi les déterminations de l'être sont simples et immédiates, et les déterminations de l'essence, qui contient l'être, sont doubles et médiates, ce qui fait que dans l'être il y a seulement passage d'une détermination à Tautrc, tandis que les déterminations de l'essence sont unies par un lien plus intime. Par exemple, il y a passage de l'être au non^ètre, de la qualité à la quantité; mais ces déterminations ne sont pas ainsi constituées que, l'une étant donnée, l'autre soit donnée en même temps, et sans sortir d'ellemême. Or, c'eçt là ce -qui a lieu dans les déterminations de l'es* sence. Ici les deux termes, cause et effet, identité et différence, etc., sont donnés immédiatement l'un dans l'autre , se réfléchissent Vxxn sur l'autre, et chacun, en se réfléchissant sur l'autre, se réfléchit sur lui-même. Ce mouvement ré^^c^ forme ce que Hegel appelle le Schein, Vapparence, ou Vapparaître de l'essence, parce que, d'une part, l'être n'est qu'une apparence, ou il ne fait qu'apparaître vis-à-vis de l'essence, et que d'autre part, cette appa-

70 LA SCIENCE DE l'eSSENCE,

S cxiii.

Dans Tessence, le rapport avec soi prend la forme de Yidentitéj de la réflexion sur soi. Cette forme se

raltre a liea au dedaus de Tessence elle-même, poar laquelle rètre a été prémpposéj on qui, pour mieux dire, a présupposé rètre. Ainsi Tètre séparé de Tessence n'apparaît point, ear il n*68t que Tètre. It n'apparaît, par conséquent, qu*autant qu*on le compare à Tessence, et qu'il est dans Tessence, car Tappa* rence est l'élément négatif {dos Négative) de l'être, élément qui a sa racine dans un terme autre que l'être, c'est-à-dire dans l'essence. L'essence pose et nie l'être, et par cela même qu'elle le pose et le nie, l'être ne fait qu'apparaître vis-à-yis de l'essence, et il n'est qu'une apparence de l'essence ; ce qui fait que l'être existe de deux manières, et qu'il se répète deux fois, en ce qu'il n'est d'abord que l'être immédiat, et ensuite Têtre tel qu'il apparaît dans l'essence. Par exemple si l'on prend, d'une part, l'être, la quantité, etc., et, de Tautre, la cause ou la substance, on verra que l'être existe d'abord en tant qu'être, et puis en tant qu'être dans la cause , ou dans la substance , laquelle est la cause ou la substance de l'être, de la quantité et la qualité. Ce passage de Tètre à l'essence amène le moment de la réfleœion, laquelle n'est pas un fait subjectif, et extérieur à la chose sur laquelle on réfléchit, mais une détermination objective et fondée sur la nature même de la chose. S'il n'y avait que l'être il n'y aurait ni apparaître, ni réflexion. Car la réflexion c'est l'être qui se réfléchit sur Tessence, et l'essence qui se réfléchit sur l'être. Et l'être ne se réfléchit sur l'essence que parce qu'il est l'apparence de l'essence, et l'essence ne se réfléchit sur l'être que parce qu'elle est l'essence de l'être. Quand nous disons, Telle chose est^ ou elle a une quantité, nous ne réflécMasons pas, mais nous réfléchissons lorsque nous allons au delà de l'être pour saisir Tessence, ou, si l'on veut, lorsque nous allons de l'être, qui n'est que l'apparence, à l'essence même de cet être fi\ de CQtte apparence. Cependant Vapparatife ne doit pas être con^

IDETnTÉ. 71

produit ici à la place de Tétat immédiat de Tétrc (1). Ils constituent tous les deux les mômes états abstraits d'un rapport avec soi.

fonda avec la réflexion, car il n'en est que le point de départ, on pour mieux dire, il est la réflexion à l'état immédiat; et le mouvement de Tessence consiste à s'éloigner de cet état immédiat, par une suite de déterminations réfléchies, à travers lesquelles l'essence s'élève à la Notion. La réflexion et l'essence viennent , par conséquent, se placer entre l'être et la notion. L'essence est la négation de l'être, mais elle n'en est que la première négation, et elle nie Vôtre, pour le réfléchir au dedans d'elle-même, et pour rélever, et s'élever ainsi elle-même avec lui à la négation de la négation, ou à leur unité, c'est-à-dire, à la notion. Ainsi l'on peut dire : Les choses sotU, elles ont une essence , et leur être et leur essence trouvent leur principe dernier et leur unité dans leur notion.— Il va sans dire qu'ici le mot ^«se/rcen'apas la signiflcation qu'on y attache ordinairement. Je ferai remarquer à ce sujet que, dans l'usage ordinaire, ce mot n'a, pour ainsi dire, pas de sens, car on l'emploie d'une manière arbitraire, vague et indéterminée. On parle biend'uneessencedes choses, mais on enparlesans nous dire d'une manière précise ce qu'on entend par essence, et en quoi elle consiste. Souvent même, après en avoir parlé, on se h&te d'ajouter que nous ne pouvons rien connaître de l'essence des choses. Mais en ce cas le mot devrait être banni de la langue, et, ce qui serait un peu plus difficile, on devrait en rayer l'idée de l'intelligence. La signification vraie etobjectived'unmotse trouve définie par le contenu de sa notion, et par le développe-» ment de ce contenu, c'est-à-dire par le développementrationnel des élénients, ou des déterminations qui composent cette notion. C'est là ce qu'accomplit la logique hégélienne par rapport À l'essence, comme par rapport aux autres catégorios.Voy. § suiv. (1) Vnmittelbarkeit des Seyns. Immédiatité de l'être. Il veut dire que l'identité est la première détermination de l'essence, et correspond à l'être immédiat. Tous les deux constituent un rapport simple, — m rapport avec soi, — mais avec cette différence que l'identité est un terme réfléchi.

72 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.

REMARQUE

Une pensée irrationnelle, fondée sur la perception sensible, accorde une existence indépendante aux choses finies et limitées. Ici, c'est Tentendement qui s'obstine à les considérer comme identiques y et comme ne contenant aucune contradiction.

S cxiv.

Gomme elle vient de Têtre, cette identité n'apparaît d'abord que sous la forme d'une détermination deTêtre, et par conséquent, comme ne se rapportant que d'une manière extérieure à F essence. Si on la s^are ainsi de Tessence, elle constitue F ine^^en^ie/ (1).

(0 Dos VnweserUUche. On a d'un côté Vêtre» et de Tautre Yes^ Menée. Si on considère Tètre comme séparé de l'essence, l'être sera ce qui n'est pas essentiel. Lorsque nous distinguons dans les choses l'essentiel et VinessetUielt et que nous les partageons, pour ainsi dire, en deax parties, en mettant d*un côté ce que nous considérons comme essentiel, et de Tautre ce que nous considérons comme inessenliel à la chose, il n*y a là qu'on fait, qa*une opération subjective qui n^affecte point la chose elle-même. La Traie différence entre Tessentiel et Tinessentiel est la différence de rè^re et de Tessence. Une chose qui n*aurait que l'être sans Tessence serait une chose iDcssentielle. Ainsi si Dieu ne possédait que Tètre, il ne posséderait pas d'essence, et il ne serait point Tessence des choses. Or, c*est parce que Têtre est Tmessentiel qu'il apparaît. Mais, d'un antre côté, il n*apparait et il n'est rinessentiel que parce quil y a une essence, et qu*il apparaît dans l'essence (voy. $ gxii). L'identité est une détermmation, et la première détermination de Tessence (voy. J cxy). Car l'essence à l'état immédiat constitue un rapport simple avec soi, et ce rapport est ici Yidentité. Mais par là même qu'elle est la première détermination de l'essence, l'identité parait appartenir à

Mais l'essence n'est telle que parce qu'elle contient en elle sa négation , et que cette négation, qui amène un rapport avec un autre terme qu'elle, n'est qu'une médiation avec elle-même. L'inessentiel est, par conséquent, sa propre apparence (Schein). Mais comme dans cette apparence, ou dans cet état de rapport, se trouve contenue la différence, et que le terme qui est différencié, tout en se différenciant de cette identité d'où il sort, a lui-même la forme de l'identité, il suit que le tenne différencié prend lui aussi une forme imméijUate, ou la forme de l'être qui est en rapport avec lui-même, et, par conséquent , l'essence forme un lien encore incomplet entre Vétat immédiat et Y état médiat (1). Tout est posé en elle de manière à ce qu'elle contienne un rapport avec elle-même, et qu'elle aille en même temps au delà de ce rapport. C'est Vêtre réfléchi, l'être où apparaît un terme autre que lui, et qui apparal^dans un terme autre que lui. Par conséquent, dans Tessence, la contradictipn est posée, tandis qu'elle était à l'état immédiat dans la sphère de l'être.

nn terme autre que Fessence, c'est-à-dire, à Têtre. Ainsi dans la proposition : Vêtre est identique^ Tidentité parait être une détermination de l'être; mais, en réalité, c'est une détermination de l'essence, et que l'être reçoit de Tessence, et dans l'essence, (i) Vnmittelbarlceit vnd Vermittltmg. Vimmédiatité et la média'' tûm, VesserUiel et VinessetUiel contiennent tous les deux l'être, et ils sont tons les deux identiques à eux-mêmes, ce qui fait que dans l'essence les contraires sont posés en même temps, et l'un dans l'autre, sans être ramenés à une unité parfaite. Yoy. § cxii et remarque sniv.

74 LA SCIENCE DE L'eSSEXCE.

REMARQUE

Gomme c'est une seule et même notion qui fait le fond de toutes choses, Ton voit se produire dans le développement de Tessence les mêmes déterminations que dans le développement de F être , mais avec cette différence qu'elles ont une forme réfléchie. Ainsi 9 le pQsitifet le négatif remplacent ici Vôtre et le non-être. Le premier, en tant que marqué du caractère d'identité, correspond à l'être qui n'a pas d'opposition; le second, qui se développe comme différence dans le terme positif lui-même, correspond au non-être. De même le devenir se produit ici comme raison d^ être de l* existence (1), laquelle, par suite de son rapport réfléchi avec son principe, n'est plus ici une existence immédiate j mais une exis* tence réfléchie

La science de l'essence est la partie la plus difRcile de la logique. Elle contient principalement les catégories de la métaphysique et de toutes les sciences en général, en tant qu'elles sont le produit de la réflexion de l'entendement, qui considère les différences comme formant des termes distincts et indépendants, et affirme, en même temps, leur relation. Mais, par

{\)Al8 Grund der Existenz. VEjn9ten:i se distingue du Dmeyn^ en ce que le Daaeyn exprime Texistence immédiate , et VExisten* Texistence réfléchie. Je traduirai le mot Esi$tenz par exiêteneê réflécMe toutes les foi^ que le ^ns rexigera, ou bien je l'indiquerai en note. Pour la signification précise de ces mots, yoy. $ cxxi et suiv.

celte affinnation, il ne les réunit point en les ramenant à Tunité de leur notion. Il se borne seulement à les rapprocher d'une manière extérieure, et à les lier par une simple copule (1).

(i) L*ètre constitue Tétat immédiat, Yimmédiatité des choses ; non dans ce sens qa*il n*y a pas de médiation dans la sphère de rôtre, mais dans ce sens que Tètre constitue la première déter* mination des choses. Les choses sont d*abord, ou, pour parler avec plus de précision, il n*y a d*abord que Tètre. L'essence nie ]*ètre, et par là elle le médiatise. Vis-à-vis de l'essence, l'être n*est pas, ou, pour mieux dire, il est ; mais il ne forme qu'un lien incomplet entre Vimmédiatité et la médiation, et il n'atteint pas à l'anité de la notion. Ce qui distingue, à cet égard, l'essence de l'être, c'est que V apparaître de l'essence n'est pas un passage d'un terme à l'autre, un simple devenir, mais un apparaître qui se fait au dedans de l'essence elle-même, et dans lequel les déterminations de l'être lui-même se trouvent enveloppées, mais sons la forme qui est propre à l'essence, c'est-à-dire sous la fbrme réfléchie. En d'autres termes, Tessence ne se développe pas comme un simple devenir, mais elle devient en réfléchissant ses termes. Dans la sphère de Têtre, la qualité devient la quantité, etc.; mais la qualité ne passe dans la quantité qu'en franchissant la limite, tandis que dans l'essence les termes se réfléchissent les uns sur les autres, et chaque terme pose son contraire, sans sortir de lui;même, et il ne se pose lui-même qu'en posant son contraire. £'est là la réflexion: car la réflexion c'est le retour d'un terme sur lui-même par l'intermédiaire d'un autre terme; et un terme n'est réfléchi qu'autant qu'il se nie lui-même, —qu'il nie son état immédiat— et qu'il nie aussi son contraire pour revenir sur- lui-même, de sorte qu'il est en lui-même une négation de la négation. C'est ainsi que le positif est d'abord —état immédiat— mais il n'est le positif qu'autant qu'il est le positif du négatif, et dans et par le négatif, et que le négatif, à son tour, est d'abord, mais il n'est le négatif qu'autant qu'il est le négatif du positif, et dans et par le positif,— Par conséquent.

76 LA SCIENCE DE l'ESSENCE.

l'essence, en tant que raison d*être de l'existence

réfléchie.

à) Les déterminations pures de la réflexion.

a) l'identité.

§ cxv.

jr.

L'essence apparaît en elle-même, elle est réflexion pure, et, par conséquent, elle ne forme qu'un rap—

]*essence est, comme le dit Hegel (Grande Logique) la négativité • pure, la négativité qui n^est pas, mais qui s^annule immédiatement elle-même. Son devenir n'est pas le passage de Tôtre . au non-être, mais du non être au non-être, et de ce double non* être à Tunité; entendant par là qu'un terme est si intimement lié à Tautre qu'il n'est pas sans Tautre, et qu'il n'est qu'en étant dans l'autre. Ce mouvement réfléchi de l'essence constitue son apparaHre, et cet apparaître est l'élément qui lui vient et qui lui reste de l'être; car elle est^ tout en niant l'être, et ses termes smtj c'est-à-dire ont un élément immédiat, tout en se réfléchissant l'un sur l'autre. Par conséquent, l'essence n'est pas encore l'unité où les termes se fondent les uns dans les autres, ainsi que cela a lieu dans la finalité, et plus encore dans Vidée, ou, pour mieux dire, dans la sphère* de la iVo/ion. — Quant à la réflexion, elle parcourt trois degrés, et se produit sous trois formes : elle est réflexion qui pose(setzende), elle est réflexion extérieure (àussere) et enfla réflexion déterrmnante (bestimmende). La réflexion qui pose est la réflexion immédiate. C'est la réflexion qui pose les termes qui doivent se réfléchir, mais qui ne se sont pas encore réfléchis. Ici chaque terme est dans la réflexion en soi, comme le dit Hegel, mais il n'est pas la réflexion elle-même : chaque terme est lui-môme, et il n'est pas luimême , mais il n'est pas encore son contraire. Il est comme à rétfit de .tension, si Ton peut dire ainsi ; mais il ne s'est p^s

port avec elle-même (1), rapport qui n est pas immédiat, mais réfléchi. C'est V identité avec soi (2).

encore mêlé avec son contraire. Or, des termes ainsi constitués ne sont pas seulement des termes yosés^ mais des termes présujh posés ^ en ce que Tan pose à Tavance l'autre, et en se posant à ravance tous les deux, ils amènent cet état où chacun parait exister à Tétat immédiat, et n*avoir qu'un rapport extérieur avec Tautre. Cest là le moment de la réflexion extérieure. La réflexion extérieure part d'une présupposition, c'est-à-dire d'un terme immédiat qu'elle trouve devant elle, et qu'elle nie en le ratta^ chant à son principe essentiel, ou à Tessence. C'est la réflexion formelle dans laquelle les termes, en se réfléchissant l'un sur l'autre, se touchent sans se pénétrer ; c'est le moment de la réflexion fme, ou de Ventendement, qui place les termes l'un à côté de l'autre en ne les liant que d'une manière accidentelle et extérieure. Cependant la réflexion extérieure amène ce résultat que le terme, ou Têtre immédiat d'où elle part n'est que par son essence, ce qui amène cette autre conséquence immédiate, que c^est l'essence qui a posé ce terme immédiat, et que ce terme immédiat lui-même est un terme essentiel à l'essence. C'est là la réfleaiott déterrmante^ c'est-à-dire la réflexion qui détermine la valeur et les rapports réels et absolus des termes réfléchis. Ainsi le premier moment de la réflexion pose les termes sans

les présupposer

(i ) Bexiehmg auf sich. C'est-à-dire que l'essence est^ et qu'elle est identique à elle-même, ce qui constitue un rapport de l'essence avec elle-même.

(%) IderUitàt mit sich, identité avec soi. Ici l'identité ne doit pas être considérée comme un caractère, ou un prédicat de l'essence , mais comme sa première détermination et comme ne faisant qu'un avec elle. Ainsi les différences de l'être viennent s'effacer dans l'essence, qui se produit d'abord comme identité. L'essence est^ «lie est la qualité, la quantité, etc., et par là même elle est Videntiié,

REMARQUE

Celte identité est l'identité formelle, ou de Tentendement , en tant qu'on s'y arrête , et qu'on y fait abstraction de toute différence ; ou, pour mieux dire, l'abstraction ne consiste qu'à poser cette identité formelle, à transformer un tout concret en une existence simple, soit qu'on sépare Tune de ses parties et qu'on la considère isolément (c'est l'analyse), soit que, par Télimination des différences, on ramène les déterminations multiples à l'unité. >

Si l'on prend l'identité pour attribut, et qu'on

les présupposer ; le second les présuppose sans les poser, et le troisième les pose et les présuppose à la fois, et forme par là Tunité des deux premiers. Par exemple, la cause et TelTet sont d'abord posés avec leur forme réfléchie» mais immédiate. Mais comme ils sont posés tous les deux, on part de Tun ou de l'autre et on présuppose Tun ou l'autre, c'est-à-dire on les présuppose tous les deux. Enfin, par cela même qulls se présupposent tous les deux, ils se posent tous les deux, ce qui constitue le moment spéculatif et infini de la réflexion, ou la réflexion déterminante. J'ajouterai que les mots posé et être-posé fgesetztes et gezeiztseynj appartiennent à proprement parler à la catégorie de l'essence. Dans la catégorie de l'être il n'y a pas de position. Les termes sont, mais ils ne sont ^dLS posés. L'existence— le Daseyn — est, mais elle n'est pas posée comme le positif pose le négatif, et réciproquement, ou comme la cause pose Veffet, et récipro* quement. Ainsi, de même qu'ici l'^'^r^ est devenu Vessence, de même le Daseyn, l'être arec détermination, estderenule Geset:^ seyn, Fêtre avec détermination aussi, mais qui est posé par un autre terme sur lequel il se réfléchit, et qui se réfléchit sur luL — Voy. Grande Logtqtfé, liv* H, !•• part., ch. I, p. 14-26. On y trouvera, p. SI, des coDsidéralions sur la critique do jugement de Kant.

l'ajoute à l'absolu considéré comme sujet, ou aura la proposition « U absolu est identique à lui-même. )> Cette proposition n'est vraie que suivant le sens qu on y attache. L'énonciation verbale en est, par conséquent, imparfaite « Car, on ne spécifie pas si Ion entend, par identique, l'identité abstraite de rentendement en opposition aux autres déterminutions de Tessence, ou l'identité comme formrnt un tout concret, et qu'on verra se produire d'abord comme raison (T être (1), et, à un point de vue plus élevé, comme notion.

Le mot absolu est aussi souvent pris comme exprimant un terme abstrait. Ainsi, par espace et par temps absolus, l'on entend Tespace et le temps abstraits.

Les déterminations de l'essence, prises comme des déterminations essentielles, deviennent les prédicats d'un sujet qu'on présuppose, et qui est lui-même une détermination de l'essence, je veux dire le tout (%). Les proportionsqui proviennent de la réunion de ce sujet et de ces prédicats sont présentées comme des lois universelles de la pensée. Tel est le principe de l'identité : ci fout est identique à soiy » A===A; et énoncé sous forme négative, » A ne peut être, et n^être pas A tout à la fois* » Cette proposition, au lieu d'ex-

(1) Der Qnmd. Voy» ($ cxx, cxu.

(2) Àlleaiit. Car le tout^ comme on le verra $ cnxv « est une détermination de Tessence. Hegel veut dire que le /oit/, ou totUes ch^H$^ étant des termes réfléckis contiennent des différences, et que l'identité n'en forme qa'un moment.

80 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.

primer une loi réelle de là pensée, n'est autre chose qu'une loi abstraite de Tentendement, Elle est d'abord démentie par sa forme même. Car une proposition fait croire à une différence entre le sujet et le prédicat, et celle-ci ne contient pas ce qu*exige sa forme. Elle est démentie aussi par d'autres lois de la pensée, comme on les appelle, qui lui sont complètement opposées (1).

Lorsqu'on prétend que cette loi ne peut être prouvée, mais que toute intelligence pense suivant cette loi, et que l'expérience ne fait que la confirmer, Ton oublie que cette prétendue expérience de Técole est en opposition avec l'expérience commune , et qu'il n'est aucun homme qui pense , se représente et exprime les choses, de quelque nature qu'elles soient, suivant cette loi. Les expressions qui se fondent sur cette prétendue loi, telles que celles-ci : une planète est une planète , le magnétisme est le magnétisme , V esprit est l' esprit j sont avec raison considérées comme puériles et insignifiantes. Voilà ce que nous apprend Texpériencè universelle ; et l'école philosophique, qui s'ai^uie sur ces lois, a, depuis longtemps,

(1) Par exemple, la loi des indiscernables^ suivant laquelle toutes choses doivent être marquées d*une différence; ce qui veut dire qu'elles sont, d'une part, identiques à slles-mômes, ou identiques entre elles, etque,d*autre part, elles diffèrent entre elles, et parla elles diffèrent aussi de leur identité. (Voy. $ cxvn.) Du reste, Tidentité contient déjà la différence par cela même qu'elle sort de Tètre. Conf. mon Intrody^Uoni ch. VI, VU et XI, p. 93.

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