‹ Logique de HegelChapitre 29 sur 137 · ÉGALITÉ ET INÉGALITÉ · texte numérisé non relu

ÉGALITÉ ET INÉGALITÉ

On a aussi tiré de la différence la proposition : c( Tout diffèrcy ou, // rCy a pas deux choses qui soient tout à fait semblables. » Ici, au sujet touty Ton a ajouté

veut, teur tmité est une unité virtuelle et immédiate, et elle n*est pas encore Tunité médiate et réalisée. (Voy., sur les trois moments de la réllesi(m,i cxiv, note.) C^est là ce qui amène Végalité et Vinégalité, lesquelles constituent le moment de la réfleanon ej>iérieure de l'identité et de la différence. En effet, si Ton présuppose ridentité sans la différence on aura Tégalité, et si Ton présuppose la différence sans rid( ntité on aura Tinégalité. Deux choses identiques sont égales (par le côté par lequel elles sont identiques) et deux choses différentes sont inégales. Mais ce n*est là que le fait de la réflexion extérieure, qui au lieu de poser les termes les présuppose et les compare à un troisiëme,de telle sorte que Tégalité et Finégalité des termes tombent ici en dehors des termes eux-mêmes , et n'existent que dans leur rapport avec le terme qui les compare. Cependant on voit déjà que ce troisième terme qui compare et qui va de Tégalité à l'inégalité, et de Tlné galité à Tégalité, doit les contenir toutes les deux et former leur unité. De plus, ce troisième terme que la réflexion extérieure emploie comme terme de comparaison est lui-même en réalité un terme comparé, c'est-à-dire un terme dont l'égalité et l'Inégalité est le résultat de la comparaison. Il ne diffère pas, par conséquent, des termes qu'il compare. En effet , l'égal n'est pa; régal de lui-même, mais d'un autre que lui-même. Il est par conséquent l'inégal. Et Tinégal, eh tant qu'inégal, non de luimême, mais d'un autre que lui-même qui lui est inégal, est luimême l'égal. Et ainsi l'égal étant l'inégal, et l'inégal l'égal, ils sont tous deux inégaux à eux-mèmesi Chacun d'eux forme un mou-vement refléchi suivant lequel l'égalité est elle-même et l'inéga^ lité , et rinégalité est elle-même et l'égalité. Cette unité de l'é-^ galité et de Tinégalité est Yopposition^ Gegensatz,-^ « L'objet des sciences finies, dit Hegel {Grande Encyclopédie, $ cxvii, p. 235), consiste en grande partie dans l'application de ces déterminations (l'égalité et l'inégalité), et on a l'habitude aujourd'hui, lors-»

84 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.

un prédicat contraire à celui qu'on y a ajouté dans la proposition foadée sur l'identité. Si Ton considère la différence comme ayant son fondement dans le terme extérieur qui compare , on conçoit que l'objet puisse être identique à lui-même, et, en ce cas, cette seconde propositionne serait pas opposée à la première. Mais alors il faudra dire aussi que la différence n'ap-

qa*il est question de la manière dont il faut procéder dans les recherches scientifiques, de mettre, en quelque sorte, en première ligne ce procédé qui consiste à comparer les choses qu'on veut connaître. On ne peut nier qu'on est arrivé sur cette voie à des résultats importants, et il faut surtout rappeler, à cet égard, les grands travaux des temps modernes dans le domaine de Tanatomie et des langues comparées. Mais on doit aussi ajouter qu'on est allé trop loin, lorsqu'on a prétendu qu'on peut employer avec un égal résultat ce môme procédé dans toutes les branches de la connaissance. Une simple comparaison est loin de satisfaire au besoin de la science. C'est sans doute un procédé nécessaire, mais qui ne peut fournir que des travaux, des résultats préliminaires (Vorarbeiten) et préparatoires, que la pensée spéculative (begrdfenàe) doit élaborer. — En tant que la comparaison consiste à ramener les différences à Tidentité , on doit considérer les mathématiques comme les sciences dans lesquelles ce but est atteint de la manière la plus complète, et cela parce que la différence quantitative n'est qu'une différence purement exté^ rieure. Ainsi, par exemple, la géométrie fait abstraction dans le triangle et le carré de leur différence qualitative, et elle les pose comme égaux d'après leur grandeur. Que les sciences expérimentales et la philosophie n'aient rien à envier à cet égard aux mathématiques, c'est ce que j'ai déjà démontré (§ ci, Zmatz, corollaire), et c'est aussi ce qui résulte de ce qui a été dit concernant l'identité abstraite de l'entendement. » — Conf. sur ce point mon IfUrod., ch. Xî,p. 90, note où se trouve citée une partie du corollaire auquel renvoie Hegel, et ch. XII, p. H7.

ÉGALITÉ ET INÉGAUTÉ. 85

partient pas au sujet exprimé par telle chose ou toutes choses j et qu'elle n'en est pas une détermination essentielle, et, en ce cas, cette proposition ne peut être ainsi énoncée. Si, au contraire, cette proposition veut dire que le sujet est lui-même différencié, et qu'il Test par une détermination qui lui est propre, alors il n'est plus question d'une différence en général, mais d'une différence déterminée (1). Et c'est là le sens de la proposition de Leibnitz.

S cxyiii.

L'égalité est Tidentité de deux termes qui ne sont pas les mêmes, qui ne sont pas identiques, et Tinégalité est le rapport de termes dissemblables. Dans les deux cas, les deux termes ne sont pas dans un état d'indifférence réciproque, mais l'un Vl apparaît que dans l'autre. La différence est donc une différence réfléchie^ une différence déterminée.

{{) Déterminée dans le sens de la réflexion déterminante. (Voy. § cxiv.et note précéd.) En effet, si la différencefet Tinégalité sont inhérentes au sujet de la proposition, en ce cas cette proposition qui ainsi énoncée présente la différeifbe du sujet comme le résultat de la comparaison n'a, pour ainsi dire, pas de sens. Si, d'un autre côté, la différence n'est pas inhérente au sujet, et qu'elle ne lui est communiquée que comme un résultat de la comparaison extérieure, en ce cas, on conçoit bien que cette proposition n'affecte en aucune façon l'identité du sujet, mais elle n'exprime non plus aucune loi.

86 U SCIENCE DE l'essence.

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