S CXIX
f La différence essentielle contient Télément posilif (^t l'élément négatif (i). Le premier ne constitue un rapport identique avec lui^môme^ et le second un rapport de différence ^ qu'autant que l'un n'est pas Tautra; ce qui fait que chacun d'eux apparaît dans Tautre^ et qu'il n'est qu'autant que Vautre est aussi. La différence de l'essence est^ par conséquent , une opposition suivant laquelle le terme différencié ne se trouve pas seulement en face d'wn terme en général, mais d'un terme qui lui correspond et qu'il contient (2), ce qui revient à dire qu'ici chaque terme n'a sa détermination propre que dans son rapport avec un autre terme, et qu'il ne se réfléchit sur luimême qu'autant qu'il se réfléchit sur l'autre. Chacun est, par conséquent, lui-môme et autre que lui-môme, et il n'est lui-môme que dans l'autre et par l'autre.
(i) Daif po9iiive uni Dos Négative, Le positif et le négatif, e'estâ-dire les deux élément3 de ia dilTérence, qui est iei devenue Vopposition, et dont Tun est le positif et l'autre le négatif,
(t) Niçht ein Anderes ilbephaupt^sondern seinAnderes, Pas un autre (erme en général, mais $on autre terme. Ainsi dans la sphère de l'Être, VEiwas, le quelque chose, trouve eu face de lui VAndcr^s, Vautre, mais l'autre en général, c'est-à-dire un terme quelconque, tandis qu'ici le rapport étant formé par des termes réfléchis, chaque terme se trouve en présence d'un terme opposé qui lui correspond et qu'il contient. Voilà pourquoi l'opposition et la contradiction proprement dites viennent se placer dans cette catégorie. Voy. §5 précéd. et suiv.
Ll POSITIF ET LE NÉGATIF. 87
BfiBfAlQUS,
La différence en soi (1 ) donne la proposition : <« Toutes choses sont essentiellement différenciées y » ou^ comme on l'énonce ordinairement : a De deux prédicats contradictoires, il n'y en a (fu'un qui convienne à une chosCy et il n'y en a pas un troisième entre les deux. » Cette proposition 9 qui énonce le principe de contradictiony est explicitement opposée à la proposition qui énonce le principe d'identité en ce que^ suivant cette dernière, la chose n*est en rapport qu'avec ellemême, tandis f[\iey suivant la première, elle est en rapport avec une différence, avec un terme autre qu'elle (2). C'est là le procédé irrationnel et ordinaire de Tabstraction. Elle énonce deux lois opposées sous forme de proposition^ et elle les place Tune à côté de Tautre sans même les comparer.
La proposition qui énonce l'exclusion du troisième terme est la proposition de Tentendement qui, en voulant éviter la contradiction ^ ne fait qu'y tomber. A doit être, ou+A, ou — A. Ici l'on énonce déjà un troisième terme y A, qui n'est ni + ni — , et qui est,
(f ) An sich. En soi^ ou immédiate, c'est-à-dire la différence de Tentendement, qui n'est pas pour soi, et qui ne contient pas l'idéalité, ou le moment spéculatif.
(2)Auf «etn Andêres. Et, en effet, si une chose est identique, et qu'elle n'est qu'identique, non-seulement elle ne peut être le sujet de deux prédicats contradictoires, mais elle ne peut avoir aucun prédicat, car le prédicat constitue une difîére^ee,
88 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.
en même temps, posé comme plus A et comme minus A. Supposons que+V signifie six milles à l'ouest et — V six milles à Test. + et — se détruisent, mais les six milles d'étendues demeurent ce qu'ils seraient, qu'il y eût ou qu'il n'y eût pas d'opposition. On pourrait dire que même les simples plus et moins du nombre, ou de la direction abstraite ont pour troisième terme le zéro (1). En tout cas, l'on conviendra que cette opposition vide de l'entendement, ce+ et ce — , ne trouvent pas même leur application dans ces déterminations abstraites, tels que le nombre, la direction idéale, etc. (2).
Dans la théorie des notions contradictoires , Ton enseigne que si l'une des deux notions est le bleu, par exemple (cardans cette théorie on va jusqu'à appeler notion la représentation sensible de la couleur) , l'autre notion sera ce qui n'est pas bleu (3). Ainsi le terme opposé n'est pas un terme affirmatif , le jaune par
{\) Die mil , Le +, ouïe oo, Tinfini mathématique, cette limite ou ce rapport infini, ou le plus et le moins, le positif et négatif viennent coïncider.
(2) Hegel veut dire que si ce principe est faux, même lorsqu'il s'agit des déterminations les plus abstraites, tels que le nombre, etc., à plus forte raison le sera-t-il lorsqu'il s'agit des déterminations plus concrètes de la nature et de Tesprit.
(3) Nicht blau, le non-bleu, Hegel veut dire que le terme contradictoire ne doit pas avoir un caractère indéterminé, car il cesserait par cela môme d'être un terme contradictoire, mais un caractère déterminé et opposé au premier. Conf. mon Introduction^ ch. XI, pag. 88 et suiv.