OPPOSITION ET CONTRADICTION
exemple, mais un terme abstrait et purement négatif (1).
L'on fera voir, dans le paragraphe suivant, qu'un terme est tout à la fois positif et négatif; mais cela résulte déjà de ce qu'un terme opposé à un autre terme est le terme de cet autre terme (2).
On prétend relever le vide de l'opposition de ce qu'on appelle notions contradictoires par l'expression sonore de cette loi universelle, que oc dans la série des prédicats opposés il n'y en aqu'u7iqui peut s'affirmer de chaque chose. » D'après cette loi, l'esprit sera blanc où 7}on blanc j jaune ou non jaune j et ainsi à l'infini. Comme Ton oublie que l'identité et l'opposition sont elles-mêmes opposées, on emploie la proposition qui exprime l'opposition, à la place de celle qui exprime ridentité, sous forme de principe de contradiction, suivant lequel une notion à laquelle on n'attribue aucun des deux caractères contradictoires (voy. plus haut), ou à laquelle on les attribue tous les deux, est considérée comme logiquement fausse. Tel est, par exemple, un cercle carré.
Mais bien qu'un cercle polygone et un arc de cercle rectiligne soient des notions contradictoires, les géo-
(4) Dfis abstrakt Négatives, V abstrait négatif, c'est-à-dire un terme qui, ne se réfléchissant pas sur son contraire, n'a pas de caractère déterminé.
(2) Das einem Andem Entgegengesetzte seinAjtderesist. Littéralement, l'opposé à un autre, c'est son autre; c'est-à-dire l'autre de cet aulre, et non d'un autre quelconque.
90 LA SCIENCE DE l'eSSENCK.
mètres n'hésitent pas à opérer sur le cercle comme s'il était un polygone. II faut ensuite remarquer que la notion ne se trouve pas en son entier dans la déterminabilité générale d'une chose , et que^ par conséquent, elle ne se trouve pas ici dans ladéterminabilité générale du cercle. Car dans la notion du cercle se trouvent contenus^ comme caractères essentiels^ le centre et la circonférence , et cependant il y a opposition et contradiction entre ces deux caractères (1).
La polarité j qui joue un si grand rdle dans la physique, contient en soi une détermination plus juste de Topposition. Mais si la physique adopte, à l'égard de la pensée, la logique ordinaire, elle reculera devant les conséquences auxquelles elle sera
(0 Cest-â-dice que, pour s'assurer qu'il n'y a pas contradiction dans un terme, il ne suffit pas d6 considérer ce terme dans sa forme abstraite et générale , ou de la comparer à un autre terme, comme par exemple de voir s'il n'y a pas de contradiction dans la définition de l'homme — L'homme est un être raisoth nable — ou bien si le cercle et le carré se contredirent ; mais il faut embrasser un terme en son entier, dans l'ensemble de- ses déterminations et de ses rapports. On découvrirait par là que la contradiction forjne un des éléments constitutifs de sa nature, bien que la contradiction ne paraisse pas dans la définition, ou bien qu'on croie avoir éliminé la contradiction en rapprochant un terme d'un autre, et en disant que, l'un n'étant pas l'autre, ils s'excluent réciproquement. C'est ainsi qu'on découvrirait d«s contradictions dans Thomme ** on y découvrirait même la contradiction de la rationnaUté et de Virraiionnalité -^ comme on en découvre dans le cercle, bien que le cercle ne soit pat le carré.