RAISON D ÊTRE
autre que soi. La raison d'être est l'essence posée comme totalité (1).
la différence comme deux moments qu'il enveloppe, et qui n'ont plus qu'une existence idéale en lui {ideellen Momenten^momeuis idéaux— expression dont se sert Hegel pour désigner les déterminations que l'idée a traversées). Ces passages sont tirés de la Grande Encyclopédie ^ p. 240 et suiv., et de la Grande Logique , liv. n, I" partie, p. 68 et suiv. On trouvera Hiid, p. 52, des considérations importantes sur le positif et le n^^a/t/* mathématiques. (1) Der Grund ist dos Wesen als TotaUtât gesetzt, Grund signifie fondement, raison, principe, datis le sens où l'on dit qu'il y a un fondement, une raison, im principe à toutes choses. Tout ce qui est a une raison d'être. C'est là le prmcipe connu sous le nom de principe de raison suffisante. El ainsi Ton pourrait dire : Tout ce qui est a une qualité, il est identique et différent, égal et inégai, etc., et il a une raison d*étre. Cependant, en se représentant ainsi le Grmd, on ne s'en ferait qu'uae notion incom^ plète ; car d'abord en disant tout, ou toutes choses, on présup* pose les notions àxitout et de choses qu'on n'a pas encore ici. Ensuite trompé par la faculté représentative, ou par l'imaginationj on risque de voir dans tout et dans choses des déterminations plus concrètes, telles que la cause, la substance, et peut-être des choses de la nature et de l'esprit. Ce qu'il faut dire par conséquent, c'est que Vétre est devenu \ essence, et que celle-ci est devenue ici le fondement, ou la raison d*être, ou le principe, (Je me servirai iifdifféremment de l'une ou de l'autre expression, suivant les exigences de la langue.) Le principe de la raison suffisante lui-même n'exprime qu'imparfaitement le Grund. Car, ainsi qua le fait remarquer Hegel (Grande Encyclopédie,^. 246), «lorsqu'on parle d'une raison suffisante, le prédicat suffisant est superflu, ou il dépasse la catégorie de la raison d'être. Il est superflu si Ton veut exprimer par là que le fondement est apte à fonder {begriln* den, rendre raison), car le fondement n'est tel que parce qu'il peut fonder. Lorsqu'un soldat s'échappe du champ de bataille pour sauver sa vie, il agit, il est vrai, contrairement au devoir ; T. n. 7
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REMARQUE
La proposition qui exprime ce principe est a tout à une raison suffîsaniey » ce qui veut dire qu'une chose
mars il ne faudrait pas conclure de là que la raison qui Ta déterminé à agir ainsi n'était pas suffisante, car autrement il serait resté à sou poste. On doit remarquer, à cet égard, que si, d*un côté, toutes les raisons sont suffisautes, d'un autre côté, aucune raison, en tant que raison, n'est suffisante, et cela parce que, ainsi que je l'ai fait remarquer plus haut, la raison d'être n'a pas encore ici un contenu déterminé pour soi, et que par conséquent elle n'estpas la raison qui agit par elle-même et qui produit {Selbsth'àtig und hervorbringend), elle n'est pas, en d'autres termes, la Notion. — La logique formelle emploie cette notion sans la déduire, et sans en déterminer la vraie signification. Elle pose bien en principe qu'il faut rechercher la raison d'être des choses, mais elle ne nous dit pas ce qu'est la raison d'être. Et si elle dit que la raison d'être, ou le principe, est ce quia une conséquence , elle ne nous explique ni le principe ni la conséquence. Car lorsqu'on demande ce que c'est qu'une conséquence, elle répond qu'une conséquence est ce qui a un principe, ou ce qui découle d'un principe. — Quant à la raison suffisante, telle qu'elle à été entendue par Leibnit%, H est évident que c'est un principe qui dépasse ce moment de la logique, et qu'il appartient à une détermination ultérieure. Ce que se proposait Leibnitz, c'était de démontrer l'insuffisance des explications fondées sur le point de vue purement mécanique, et il entend plutôt par Tâ,\son la cause. Car en mettant en présence les causes efficientes et les causes finales, il enseigne qu'il ne faut pas s'arrêter aux premières, mais atteindre aux dernières. D'après cette distinction, la lumière, la thaleur, l'humidité « seraient les causes effiderUesei non la causé finale de la plante, laquelle cause n'est autre chose que la notion môme de la plante. » — Par conséquent, la raisond'être n'est ici que \2L raison d'être. Elle n'est ni la forme, ni la cause, ni \^ substance^ etCf, lesquelles sont des déterminations ultérieures de la
RÀisox. d'être. 99
n'a pas son essence réelle dans son identité, ou dans sa différence, dans le positif, ou dans le négatif, mais dans un autre terme qui, dans son identité avec lui-même, fait son essence. Cette essence n'est pas un moment abstrait qui ne se réfléchit que sur luimême, mais un moment qui se réfléchit sur un terme autre que lui. La raison d'être est Tessence, et l'essence est essentiellement la raison d'être , mais elle n'est telle qu'autant qu'elle est la raison d'être de quelque chose, d'un terme autre qu'elle même (1).
S CXXIL
L'essencG est d'abord apparence (schein)y et médiation en soi. En tant que totalité de la médiation, son unité avec elle-même est maintenant posée comme un moment où la différence est supprimée; et avec la différence, la médiation. On a ainsi ramené un état immédiat) ou l'être, mais Tétre que place dans uu nouvel état de médiation la suppression même de la médiation. C'est là V existence réfléchi: (2).
logique» Il faut donc se la représenter comme ce moment où Tessence sort de la conitadiction. L'esseuce se contredit pour passer dans le fondement ou la raison d*être, — Gelien zu Grunde. <^ Et la raison d'ôlre est une totalité en ce qa'elle forme un nouvel état immédiat dans lequel se trouvent enveloppés tous les moments précédents* — Voy. § suiv.
(0 Voy. S suiv;
(2) Existenii, à la différence an Daseyn, Voy. § 114» Reitlarq.— - Il veut dire que Tessence apparaît d abord et se médiatise dans ridentité et la âiiïéréncej qu'elle se pose ensaite jcojnmo toia}i^
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REMARQUE
La raison d'être n'a pas encore ici un contenu déterminé en et pour soi, elle n'est par le but, elle n'agit ni ne produit ; seulement une existence sort de lui. La raison d'être ainsi posée n'a qu'une valeur formelle. C'est une déterminabilité qui est en rapport avec elle-même, une affirmation* à l'égard de l'existence immédiate qui en dépend. Par cela même qu'elle est la raison d'être , on peut dire d'elle qu'elle est bonne; car le bien, considéré abstractivement, n'est autre chose qu'une simple affirmation (1), et chaque déterminabilité est bonne , parce qu'elle peut toujours être considérée comme une certaine affirmation. On peut, par conséquent, trouver une raison d'être à toutes choses, et une bonne raison (Tèire (par exemple un bon motif) peut produire un effet, comme il peut
de Tidentité et de la différence dans \B.rai8on d'être , laquelle forme un nouvel état immédiat, mais ainsi constitué qu'il amène une nouvelle médiation , c'est-à-dire Veaistence réfiéchie.-— Voy. pag<es suiv. et \09j notes.
{{) Dem Guthdsst ganzabstrakt auch nicht mehr als dn Affirmaiwes. Littéralement : car si on le prend tout à fait abstractivement, bon ne signifie qu'une affirmation. Il veut dire que la raison d'être n'est pas le ^e»,car le bien constitue une déterçiination plus haute de la logique (§ 233); mais que si l'on considère le bien d'une manière abstraite, c'est-à-dire incomplète, on pourra dire de la raison d'être qu'elle est bonne, parce que tout ce qui peut s'affirmer est bon, et que la raison d'être d'ane chose est une affirmation de la chose. Ou pourrait aussi dire : La raison d'être est un élément, une détermination du bien, mais elle ^o'^tjasje bien. Voy. note suiv.
RAISON d'être. 101
lie pas le produire, peut avoir une conséquence^ ou n'en pas avoir. Un principe d'action qui produit un effet ne le produit que parce que la volonté, par exemple, vient s'y ajouter, lui communique l'activité et en fait une cause -(1).
(l)L*essence est \2Lraison d'être, on pourrait ajouter, de toutes choses. Mais il est plus exact de dire qu'ici elle n*est que la raison d'être qui forme le passage à des déterminations ultérieures, à V existence réfléchie, à la chose, à la réalité, etc. La raison d'être est ce tertium qtdd du principe de Yesclusion du troisième terme, dont Tancienne logique se sert, non pour concilier et expliquer la contradiction, mais pour la supprimer. La raison d*être est l'identité, mais l'identité pour soi, dans laquelle ont été absorbées toute différence et toute opposition. Elle est, par conséquent, la raison d'être du négatif tout aussi bien que du positif, ou, si l'on veut, le positif et le négatif ont tous les deux une raison d'être , et, en tant qu'ayant une raison d'être, leur différence a disparu.— Maintenant la raison d'être est d'abord la raison d'être à l'état immédiat, ou en soi, c'est-à-dire la raison d'être qui peut être la raison d'être de toutes choses, ou qui est apte à tous les rapports de raison d'être (Grundbeziehung), Mais par cela même qu'elle est la raison d'être, elle est la raison d'être de quelque chose. On a par conséquent la raison d'être et la chose dont elle est la raison d*être ; le Grund et le Begrûndetes, le fondement et la chose fondée. On voit ainsi reparaître ici la différence et l'opposition. Seulement ici, comme dans les termes qui vont suivre, la contradiction ne forme plus le rapport des termes qui sont en présence, mais elle est enveloppée dans la constitution même de chaque terme, comme un moment que l'idée logique a franchi. Par conséquent, le rapport qu'on a ici devant soi, c'est le rapport du Grund et du Begriindetes, et c'est ce rapport qu'U s'agit de saisir, li en est d'ailleurs de la contradiction comme des déterminations précédentes. Elles sont toutes
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b) l'existence réfléchie.
s CXXIII.
' Vexistence réfléchie est Tunité immédiate de la la réflexion sur soi et de la réflexion sur un autre que
enveloppées dans la raison d'être et en forraont un élément intégrant. Mais de même que Vétre put n'est plus ici Vêire pur, ni la qualité, la simple qualiié, de môme la contradiction n'est plus la contradiction, mais la contradiction dans la raison d'être. C'est là un point qu'il ne faut jamais perdre de vue.^Ainsi donc, l'on a raison d'être, et le quelque chose dont elle est la raison d'être. Or il n'y a au fond, entre ces deux termes, qu'une différence purement formelle. C'est la différence de la forme médiate et de la forme immédiate de la réflexion, dont il a été question au $ 112. Lorsque nous parlons de la raison d'être des choses, nous voulons voir les choses sous un double rapport : nous voulons les voir d'abord dans leur état immédiat, et ensuite dans leur état médiat. Quelque chose est — état immédiat-— et elle a sa raison d'être— état médiat. Ainsi, par exemple, si, pour expliquer la forme de la cristallisation, on dit qu'elle ason/bn^ dément dans un arrangement particulier des molécules, la cristallisation elle-même n'est en réalité, et quant au con-* tenu, que ce fondement même. Ou bien, si l'on dit que la rai^ son d'être du mouvement de la terre autour du soleil est la force attractive du soleil, on ne fera qu'exprimer sous une forme réfléchie le phénomène lui-môme. Car, pour ce qui concerne le contenu, cette force attractive est ce mouvement lui'» inême. Ou bien encore, lorsqu'on présence d'un phénomène électrique nous disons que la raison d^être de ce phénomène est rélectrlcité, nous n'avons ici aussi devant nous que le même contenu dans sa forme médiate et réfléchie. Au fond, le Gnmd et le BegrUndetes ne sont qu'une seule et même chose. Car la raison d'être n'est telle que parce qu'il y a quelque chose dont elle est )a raison d'être, et ce quelque chose est m ternie qu'elle