EXISTENCE RÉFLÉCHIE
soi. EUe constitue^ pai^ coméqu^nt, un enseiûble indéfim d'existence dont chacune e$t eUe-méme y et
pré«u>po9e pwr être la raison d'être, ce qui f^U que ce quelque (^ose est, à sou tour, la raison d^ètre de la raison d'être. Le Grtcfui et le fie^FîM^les .forment par conséquent une seule et môme réflexion, dan» laquelle le GrwAd n'est tel que par le Begrunà,ete$, et ce dernier n'est tel que parce qu'il contient le premier. Ainsi, il n'y a rien dans l'électricité qui ne soit pas dans le phénomène électrique, et il n'y a rien dans tel arrangement des molécules qui ne soit pas dans le cristal; ou, si l'on veut, le cristal est ce même arrangement des molécules que l'on donne como^ raison d'ôtre du cristal, de sorte que, cet arrangement étant donné» le cristal est aussi donné, et réciproquement. Ce sont là des tautologies, il est yrai ; mais ce sont des tautologies dont on trouve des exemples dans toutes les sciences, et qui montrent en môme temps l'identité du contenu des deux termes. Cependant, par cela môme que la raison d'ôtre est la raison d'être de quelque cbose, et qu'elle a besoin de quelque chose pour être telle , elle est différenciée et limitée. C'est imeraison d'être, mais elle n'est pas la raison d'être absolue; ce qui veut dire qu'en présence d'une raison d'être il y a une autre, ou plusieurs raisons d'être. Ici le rapport n'est plus entre la raison d'être et la chose dont elle est la raison d'être, mais entre des raisons d'être dont l'une est considérée comme la raison d'être de l'autre. Ces plusieurs raisons d'être diffèrent If s unes desautres,et elles sont en même temps en rapport entre elles, ce qui fait qu'une chose peut avoir plusieurs raisons d'être et qu'elle peut^ à son tour^ être la raison d'être d'autre chose, et même la raison d'être de sa raison d'être. C'est ainsi, par exemple, qu'une action peut avoir plusieurs raisons d'être, le devoir, la gloire, le plaisir, etc. De même la peine peut avoir plusieurs raisons d'être, l'expiation, l'exemple, l'amélioration du coupable, etc. On peut aussi trouver différentes raisons d'être aux choses de la nature, à la lumière, par exemple, et à toutes choses en général. Mais si l'exemple, ou l'amélioration du poupable, est, d'un côté, la raison d'être de la peiue , celle-ci
104 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.
se manifeste dans une autre existence qu'elle-même. En d'autres termes ^ elle forme un monde d'existences
peut, (l*an autre c6té, être considéf ée comme la raison d^ôtre de Texemple et de ramélioratîon du coupable, parce que ces derniers ne sont que par, et dans la peine. Si Ton eonsidère les fondations d*une maison comme la raison d'être de la maison, celleci est, à son tour, la raison d'être des fondations, car des fondations sans la maison ne sont pas des fondations. Pour qu'elles soient des fondations, il faut qu'elles supportent la maison, ou qu'elles soient bâties en vue d'elle. Or, par cela même que toutes ces raisons d'être sont des raisons d'être, elles sont toutes suffisantes; mais d'un autre côté, par cela même qu'elles se réfléchissent les unes sur les autres, qu'elles s'appellent, se posent et se présupposent réciproquement, elles sont toutes insuffisantes; ce qui fait qu'un motif, par exemple, peut produire telle conséquence, mais qu'il peut aussi ne pas la produire, et qu'en général une raison d'être peut amener tel résultat, comme elle peut aussi ne point l'amener. Cependant cette suffisance et cette insuffisance, cette position et cette présupposition réciproques de toutes les raisons d'être, amènent leur identité , et, avec leur identité, leur suppression et le passage à une détermination plus concrète. On a une raison d'être qui se réfléchit sur une autre raison d'être, laquelle se réfléchit, à son tour, sur une autre raison d'être, et ainsi de suite. Mais la seconde raison d'être se réfléchit à son tour sur la première, par cela même que celle-ci est, elle aussi, une raison d'être, et que sans elle la seconde raison d'être ne serait pas une raison d'être. Il en est de même des autres raisons d'être. Ainsi, par exemple, à l'égard de la maison, ses raisons d'être peuvent être multiples, et, pour ainsi dire, infinies, tels que les fondations, les besoins, la volonté, le pouvoir, la loi, etc. On a, par conséquent, une série de termes qui se conditionnent l'un l'autre, dont l'un est la condition de l'autre et dont Tun n'est qu'autant que Tautre est aussi. Ainsi on peut dire que, par rapport à la maison, la volonté est la raison d'être des fondations, et que les fondations sonty à leur tour, la raison