CHOSE
REMARQUE
' La chose en sois qui joue ua si grand rôle dam la philosophie de Kant, se produit ici telle qu'elfe est, à savoir, comme un moment de la réflexion abstraite de la chose sur elle-même, moment auquel on s'arrête, et où Ton fait abstraction du moment opposé de la réflexion de la chose sur un terme autre qu'ellemême, et de ses déterminations diverses. Ce principe vide est la chose en soi do Kant (I).
c) LA CHOSE,
§ cxxv.
La chose est une totalité, en tant qu'elle est l'unité où se trouve posé le développement des deux déterminations de la raison d'être et de Vexistence réfléchie. Le propre de la chose est de se réfléchir sur un terme autre qu'elle-même, ce qui fait qu'elle contient la diff'érence en elle-même, et que, par conséquent, elle est une chose déterminée et concrète.
(1) La chose en soi ou le noumène, cet objet transcendant qui, suivant Kant, échappe à la pensée, n^échappe à la pensée précisément que parce qu'il n'est que la chose en soi^ce moment vide de la chose dans lequel on fait abstraction de toute détermination, de tout rapport et de tout contenu. Après avoir supprimé dans la chose toute détermination, ou, ce qui revient au môme, après l'avoir présupposée comme un objet indéterminé, il est évident ' qu'on ne pourra rien affirmer d'elle, et que tout ce qu'on en pourra dire appartiendra au sujet, et non à 1?^ cftoçe même. Voy. § suiv.
i08 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.
a) Ces déterminations de la chose se différencient, et c'est dans la choses et non en elles-mêmes, qu'elles trouvent le moment de la réflexion sur soi (1). Elles constituent les propriétés de la chose, et leur rapport avec celle-ci, c'est le verbe avoir.
REMARQUE
Le verbe avoir vient remplacer ici, comme rapport, le verbe être. L'on dit du quelque chose [ettvas] qu'il a des qualités; mais c'est improprement qu'on emploie le verbe avoir pour désigner quelque chose qui est (2), parce que la qualité ne fait qu'un avec le quelque chose, lequel cesse d'être dès qu'il perd sa qualité. La chose ^ au contraire, qui se réfléchit sur elle-même, consti-
(0 Parce qu'elles n'existent, en tant que propriétés, que dans la chose.
(2) Dos Seyende-^ L'Etant— ce qui n*a que Têtre. Comme la qualité est une détermination dePêtre, et que le quelque chose^ Vêtant, en perdant sa qualité, cesse aussi d*être ce qu'il est, ce n'est qu'improprement qu'on emploie le verbe avoir pour désigner les déterminations de Tètre, car ce qu'on peut dire d'elles c'est qu'elles sont, et non qu'elles ont. Supposons un être qui n'ait que la qualité, la couleur, par exemple. En perdant cette qualité, ce qui lui resterait ce serait l'être pur, mais il cesserait d'être en tant que couleur. On ne pourrait donc pas dire de lui^ qu'il a la couleur, mais seulement qu'il est la couleur. La chose, au contraire, qui n'est pas seulement, mais qui eaiste, et qui est un moment réfléchi , et partant plus concret de logique , a des propriétés (lesquelles, comme on le verra, se distinguent de la qualité), et comme elle a plusieurs propriétés, elle n'est pas tellement liée à telle ou telle propriété qu'en la perdant elle cesse d'être ce qu'elle est.