PROPRIÉTÉS
tue une identité qui se distingue de ses différences, ou déterminations.
C'est avec raison que le verbe avoir est employé dans plusieurs langues pour expliquer le passé ; car le passé, c est l'être supprimé, qui n'a d'existence que dans l'esprit. L'être subsiste dans l'esprit, mais à l'état réfléchi, et l'esprit, tout en le contenant, se distingue de lai (1).
(OU veut dire qu'il y a des langues qui reflètent ce mouvement de ridée logique, où Tètre est un moment que la notion a traversée, qui a été^ et qui n*est plus qu'un souvenir. Dans Pesprit ou dans la notion, Têtre subsiste, mais il ne subsiste plus en tant que simple être. (Voy. § 159 et suiv.)— Voici maintenant en peu de mots le sens des déductions indiquées depuis le pa* ragraphe <22. Et d'abord il faut distinguer V existence réfléchie (Die Eansienzjy de la simple existence (Dow^yn;. (Conf. note précéd.) Une chose peut êtrCy ou posséder l'être sans exister. En ce sens il est vrai de dire qu'une chose est avant d'exister. Une maison est avant d'exister. Elle lest dans la pensée , dans la volonté, dans les matériaux qui doivent la composer. Mais elle n'existe que lorsque toutes les conditions, toutes les raisons d'être se sont réunies pour l'amener à l'existence. (Comme la différence entre le Daseyn et YExistenz est maintenant déterminée, je me servirai simplement du terme existence pour désigner l'existence réfléchie, ou de l'essence.) — Ainsi donc la raison d^ètre a ^assé dans l'existence. Ce passage, ou ce devenir a lieu, en quelque sorte, d'une manière immédiate. Et, en effet, la raison d'être contient déjà virtuellement l'existence. Car par cela même qu'elle est la raison d'être, elle a, si l'on peut dire ainsi, le droit d'exister. Ce qui fait qu'une raison d*ôtre n'existe pas encore, c'est qu'elle est en présence d'une autre raison d'être qui la limite et la conditionne ; mais dès que cette limite disparait dans la raison d'être, ou dans la condition absolue (Voy. note précéd.), la rai^
110 LA SCIENCE DE l'eSSEXCE.