‹ Logique de HegelChapitre 50 sur 137 · TOUT ET PARTIES · texte numérisé non relu

TOUT ET PARTIES

par son opposé, les parties (la forme), lesquelles constituent leur contenu. Les parties se différencient, et

maHère en ce qae celle-ci a bien une forme et ne peut subsister sans elle (Yoy. § cxxvii et suiv.), mais elle est en même temps indifférente à telle ou telle forme , tandis que le ccptenu et la forme sont inséparables, en ce sens que tel contenu a telle forme, et que, par conséquent, un contenu n'est tel que parce qu'il possède sa forme propre et développée. On pourrait dire que le contenu est la matière, mais la matière qui a été, pour ainsi dire, pénétrée par la forme, de telle sorte que, la matière étant donnée, la forme est donnée aussi et réciproquement. Ainsi, par exemple, un bloc de marbre peut devenir une colonne ou une statue, ou autre chose. Mais une statue cesse d*ètre statue dès qu'elle perd sa forme; et non-seulement il faut que la statue ait une forme, mais qu'elle ait sa forme véritable, la forme qui seule exprime et peut exprimer son contenu, de façon qu'avec sa forme son contenu lui-même disparaît. « Les véritables œuvres d'art, dit Hegel {Grande Encyclop.^ 2« part., p. SI65), sont celles où la forme et le contenu ne font qu'un. On pourrait dire que le contenu de riliade est le siège de Troie, ou, mieux encore, la colère d'Achille. On aurait ainsi le tout, et cependant on aurait bien peu; car ce qui constitue llliade est la forme poétique dont ce contenu a été revêtu. Le contenu de Roméo et Juliette est la mort des deux amants, amenée par la querelle des deux familles. Mais ce n'est pas là l'immortelle tragédie de Shakspeare. » Dans la véritable connaissance ou dans la science absolue, la forme et le contenu sont inséparables , de telle façon que la forme parait et disparait, si Ton peut dire ainsi, avec le contenu, et réciproquement. (Conf. mon Introd., chap. XI et Xn.) De même qu'il n'y a qu'une seule forme pour les idées ou les principes , qu'on les considère en eux-mêmes ou dans leurs rapports, de même il ne peut y avoir qu'une seule et absolue démonstration pour un seul et même objet. C'est une illusion que de croire qu'il y a plusieurs démonstrations. Lorsqu'il y a plusieurs démonstrations, ou l'une d'elles est la seule et vraie .II, ' 9

constituent des éléments indépendants. Et cependant elles ne sont telles que par Tidentité du rapport qui

démonstration, et en ce cas les autres ne sont pas des démonstrations, et elles sont superflues, ou bien aucune d'elles n'est une Yraiedémonstration,et encecasil n'y aura poijitde démonstration, car ce n'est pas par leur réunion qu'on obtiendra une d monstration absolue. — Le phénomène a donc une forme et un contenu. Cependant, comme il y a un côté extérieur dsius le phénomène, la forme et le contenu ne coïncident pas toujours; je veux dire que le phénomène a une forme, mais qu'il n'a pas toujours sa forme véritable; par exemple, une œuvre d'art, ou une pensée, ou le corps, n'a pas toujours sa forme propre, la forme qui exprime le mieux son contenu. Cela fait que, dans le phénomène, la forme, tout en étant inséparable du contenu, demeure extérieure au contenu, c'est-à-dire, ne lui est pas encore identique. Et, en effet, le phénomène est, ainsi qu'on l'a vu (§ cxxx), la contradiction, laquelle consiste en ce que la chose ne subsiste qu'en se niant elle-même, et en posant une autre chose , laquelle, à sou tour, ne subsiste qu'en se niant elle-même, et en posant la première. D'où il suit que le phénomène se réfléchit avec sa forme et son oonienu sur un autre phénomène , ce qui veut dire qu'il y a dans le phénomène un côté extérieur qui affecte sa forme et son contenu, qui le rend dépendant d'un autre phénomène, et qui fait que sa forme et son contenu ne coïncident pas et ne sont pas identiques. Ainsi, il y a dans le phénomène deux éléments : l'élément par lequel il subsiste, ou l'élément essentiel, et l'élément par lequel il ne subsiste pas, ou l'élément inessentiel. C'est par ce dernier qu'il est transitoke, fmi et soumis au changement. Cependant, cet élément inesseniiel par lequel le phénomène ne subsiste pas, fait qu'un autre phénomène sub^ siste, leqnel se trouve vis-à-vis du premier dans le même rap* port. Par conséquent, la forme et le contenu d'un phénomène sont tellement liés à la forme et au contenu d'un autre phénomène, que la non-subsistance de la forme et du contenu de l'un fait la subsistance de la fbrme et du contenu de l'autre. Cette

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les unit, ou bien parce qu'elles forment un tout par leur réunion. Or, Tassemblage des parties est le contraire et la négation des parties.

contradiction s'efface par ce mouvement réfléchi qui fait que la position — Tètre^posé — ieGeaetziaeyn —à'wn phénomène est la position de Taûtre, et que Ton a ici une seule et même subsistance •* EinBesichen —- un seul et même terme qui subsiste sous les phénomènes différents. Par là le côté inesseiUiel du phénomène disparait, et Ton n'a que l'élément qui persiste, l'élément essentiel et invariable, c'est-à-dire, ]2l loi-^das Gesetz — du phénomène. La loi du phénomène n'est pas une simple foruie, comme on a l'habitude de se la représenter; mais elle a un contenu, et le même contenu que le phénomène. La loi de la chute, par exemple, suppose et enveloppe le temps, l'espace, la matière, etc., lesquels constituent à la fois sa forme et son contenu; et c'est parce qu'on considère le temps, ou l'espace, ou la matière» dans leur état abstrait et séparément, que la loi apparaît comme une pure forme. Ainsi donc, l'on a d'un côté la loi, et de l'autre le phénomène, et par conséquent une série, un monde de lois, monde qu'on peut appeler àuprasensible en face du monde des phénomènes. Si Ton compare ces deux mondes, le monde des lois apparaîtra d'abord comme formant l'élément essentiel, persistant et invariable, et le monde des phénomènes comme formant l'élément inessentiel et variable des choses. Cependant, à côté de l'élément inessentiel, il y a, on l'a vu, dans le phénomène, un élément essentiel, ce par quoi il subsiste, et par ce côté le phénomène est identique à la loi, et il lui est identique quant à la forme et quant au contenu. La différence entre le phénomène et la loi consisterait, par conséquent*, en ce qu'outre l'élément essentiel, il y a dans le phénomène un élément inessentiel, cet élément par lequel il ne subsiste pas. Mais cet élément, qui apparaît comme un élément inesseutiel dans tel ou tel phénomène, est lui aussi un élément constitutif et invariable du monde phénoménal^ puisque c'est en ne subsistant pas qu'un phénomène amène un second phénomène, el que eelui*ei, à son

132 LA SCIENCE DE l' ESSENCE.

S cxxxvi.

bykxx fond de Funité et de Tidentité de ce rapport, se trouve aussi un rapport négatif. Cela vient de ce

tour, amène le premier. Cet élément non subsistant et variable est donc, lui aussi, la loi du monde phénoménal, laquelle se trouve envelopper par là le double élément du phénomène, l'élément essentiel et Télt^ment inessentiel. C*esl qu'en réalité le monde suprasensible et le monde phénoménal ne sont que detii faces d'une seule et même essence. Et, eu effet, ce mouvement réfléchi du monde phénoménal, cette unité de rapport qui fait qu'un phénomène, en se réfléchissant sur un autre phénomène, se réfléchit au fond sur lui-même, n'est autre chose que la loi qui se pose elle-même dans le phénomène, et qui nie le phénomène tout en le posant, et qui le nie eu le faisant passer d'ans un autre phénomène, tout en conservant leur unité et l'unité de leur rapport. La loi pose un phénomène, et elle nie ce phénomène pour poser un autre phénomène, lequel phénomène étant posé, le premier se trouve aussi ramené, et ainsi de suite pour tous les autres. Et, en niant sa première position, la loi nie sa propre^ position, c'est-à-dire, elle se nie elle-même, et elle se nie ellemême précisément parce qu'elle est la loi, et qu'elle fait Tunité et }e rapport du monde phénoménal. C'est ainsi que la forme et le contenu de la loi se sont complètement développés. Le contenu de la loi n'est plus un contenu abstrait et indéterminé, mais un contenu concret et déterminé qui engendre et enveloppe les phénomènes, et les phénomènes, à leur tour, sont ramenés à leur unité dans la loi. Il n'y a rien dans le monde des phénomènes qui ne soit pas dans le monde des lois, et, réciproquement, il n'y a rien dans le monde des lois qui ne soit pas dans le monde des phénomènes. Ces deux mondes forment deux toialiiés qui se renversent, si l'on peut s'exprimer ainsi, l'une dans Tautre, parce qu'elles ne sont, au fond, que deux faces d'une seule et même essence. La différence entre ces deux mondes est la différence du moment immédiat et du moment médiat et réfléchi. Si l'on

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