FORCE ET SA MANIFESTATION
iafinité, est aussi finie (1) ; car le contenu un et iden^ tique de la force et de sa manifestation ne constitue qu'une identité en sois où chacun des deux termes dû rapport ne forme pas Tidentité concrète et pwr soi y ou la totaUté de tous les deux. Et ainsi ces 1ermes sont encore distincts^ et leur rapport est un rap^ port fini. D'où il suit que la force a besoin d'une solli*» citation extérieure, qu'elle agit d'une manière aveugle^ et que son contenu est^ lui aussi, par suite de cette imperfection de la forme, contingent et limité ; car la contenu n'est pas encore, de tous points, identique à la forme : il n'est pas encore posé comme notion , comme but, qui est déterminé en et pour soi. Cette distinction est de la plus grande importance , mait elle n'est pas aisée à saisir. C'est dans la notion du but qu'elle doit être d'abord déterminée d'une manière plus exacte. En négligeant cette distinction, l'on est amené à confondre Dieu avec la force, confusion à laquelle conduit surtout le Dieu de Herder (2). On dit ordinairement que la nature même de la force est inconnue, et que ce qu'on connaît, c'est sa mani^
division. Ainsi la matière n*est divisible à rinfini que parce qu'on s'arrête au rapport da tout ou des parties, et qu*on ne saisit pas leur élément commun, la force,
(1) Cest- à-dire que, bien que la force constitue Tunité du tout et des parties, et qu'à cet égard elle soit infinie, elle a un c6té fini.
(2) En effet, pour Herder, Dieu c'est la force, qui se manifeste sous des formes diverses dans les produits de la nature et d^ J*art. Voy. ses Idées sur layhilosophie de l'histoire^
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festation. Mais , d'abord ^ la détermination du contenu de la force est la même que celle de sa manifestation^ et, par conséquent, Texplication du phénomène (1) par une force est une tautologie vide. Ainsi, ce qui demeure inconnu n'est rien autre chose que la forme vide de la réflexion sur soi (2), par laquelle seulement la force se distingue de sa manifestation. Cette forme est cependant, elle aussi, une chose bien connue. Ensuite cette forme n'ajoute rien au contenu et à la loi (3), qui ne peuvent être connus que par leur manifestation. L'on prétend aussi, en général, qu'on ne peut rien affirmer relativement à la force; mais alors on ne conçoit pas pourquoi cette forme de la force a été introduite dans la science.
D'un autre côté, il est vrai de dire que la nature de la force n'est pas connue ; mais cela vient de ce que nous ignorons encore ici la nécessité de la connexion intérieure de son contenu, ainsi que la nécessité de la limitation de ce dernier, et par conséquent de la dé- Ci) Parce que la force en soi et la force qui se manifeste dans le phénomène ne font qu'un, c'est-à-dire ne sont que deux moments différents d'une seule et môme force. Gonf. § cxxxiv.
(S) Refteanon-in-sich, qui forme un des moments de la réflexion, et qui appelle la ReHexionrirhAnderes, réflexion sur un autre, qui ici est Taclivité, ou Tétat extérieur de la force.
(3) Cest-à-dire que la force en soi esl, comme la chose en sot, une abstraction, une simple forme où il n'y a pas de contenu, car le contenu de la force est dans son activité et sa manifestation extérieure. En d'autres termes, Ven-soi de la force est un moment nécessaire, mais c'est le moment le plus abstrait et le plus vide.