‹ Logique de HegelChapitre 54 sur 137 · S CXL · texte numérisé non relu

S CXL

Mais 2° le côté intérieur et le côté extérieur de Tessence sont aussi, en tant que déterminations de la forme, tout à fait opposés, en ce que le premier est posé par Fabstraction comme identité, et le second comme multiplicité ou réalité'(2) ; mais, comme mo-

qui font que le phénomène et le rapport — qui est ici le rapport de la force — existent.

(1) C'est-à-dire qu'on les retrouve Tune dans Tautre, et que le contenu de la force est laréanion de toutes les deux.

(2) Si Ton sépare le côté intéri(-ur du côté extérieur, le premier apparaîtra comme un en soi, une identité abstraite, et le

, côté exténeur comme constituant le multiple, ou le réel.

INTBR]^ ET EXTERNE. 139

méats d'une seule et môme forme, ils sont identiques^ et, par conséquent, ce qui est posé dans Tidentité est aussi immédiatement posé dans la multiplicité, et les deux côtés du rapport s'identifient et se confondent (1).

REMARQUE

C'est Terreur ordinaire de la réflexion que de considérer Tessence comme une existence purement interne ; mais celui qui considère ainsi Tessence se place en quelque sorte en dehors de l'essence elle-même, et fait de Tessence une abstraction vide et superficielle.

«c Le génie lui-même, dit un poBte, ne saurait pénétrer dans la vie intime de la nature ; trop heureux s'il en connaît lenveloppe extérieure. » Il aurait dû dire plutôt que le génie ne connaît que Tenveloppe extérieure de la nature, lorsqu'il considère son essence comme une existence purement intérieure.

C'est parce que, dans Vêtre en général, ou môme dans la perception sensible, la notion se trouve d'abord comme simple notion intérieure, qu'on peut dire d'elle qu'elle n'est pas en eux, mais hors d'eux ; car

(1) Puisqu'ils s'appellent Tun Tautre, non-seulement ils ont un seul et même contenu, mais une seule ^et même forme, en ce que chacun d'eux, en se réfléchissant sur lui-même, se réfléchit sur Tautre, et en se réfléchissant sur l'autre il sç réflécUit $ur lui-même.

140 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.

l'être et la perception sensible sont des états subjectifs et incomplets (1).

Dans la nature comme dans Tesprit^ la notion^ le but et la loi^ tant qu'ils ne sont que des dispositions intérieures, n'ont que la valeur d'une pure possibilité. Ce sont des substances, des forces inorganiques et étrangères aux choses, et la science que l'on a d'elles est la science d'une troisième essence (2).

L'hx)mme est, dans son activité extérieure, ce qu'il est intérieurement ; car on ne dira pas sans doute que cela n'a lieu qu'à l'égard de la forme extérieure de son corps, et ses intentions, ses desseins, sa vie morale sont identiques à la forme extérieure qu'ils revêtent (3). Si on les sépare, ces deux moments, l'un d'eux sera aussi vide que l'autre.

(1) Cest-à-dire que, dans Tètre en tant qu'être, la notion n'existe qu'en soi et yinuellement. Car autre chose est l'être en tant qu'être, autre chose est l'être en tant que notion, ou dans la notion. L'être, qui n'est que l'être, est l'être sensible ou extérieur. Voy. !•" vol., § Lxx, p. 335, et plus bas, § 158 et suiv.

(2) Eines Dritten, En effet il y aura la chose et son essence, et à côté d'elles, l'essence qui ne s'est pas manifestée. C'est une des objections d'Âristote contre la théorie des idées, bien qu'Aristote ne la présente pas de la même manière. Voy. mon Mrod., p. 24.

(3) « 11 est de la plus grande importance, dit Hegel {Grande Encyclopédie, § 140), dans l'étude de la nature et du monde spirituel, de bien saisir ce rapport de Yintéiieuret de Vextérieur, et de se préserver de l'erreur qui fait croire que le premier seul constitue l'élément essentiel, et que l'autre, au contraire, n'est qu'un élément indifférent et inessentiel des choses. Nous tombons d'abord dans cette erreur, lorsque nous ramenons la différence de la nature et de l'esprit à la différence abstraite de l'in-

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