‹ Logique de HegelChapitre 55 sur 137 · S CXLI · texte numérisé non relu

S CXLI

Ces deux moments abstraits et vides, où leur contenu identique se trouve encore à l'état de rapport, se

teneur et de rextérieur. Pour ce qui concerne la nature, il faut dire qu'elle n'est pas seulement extérieure pour l'esprit, mais qu'elle est en soi l'extériorilé en général, et cela dans ce sens que l'idée, qui fait le fond commun de la nature et de l'esprit, n'est contenue qu'extérieurement dans l£t nature. Mais aussi, et par cela même, elle n'y est contenue qu'intérieurement. c'est^ à-dire comme une chose cachée, à l'état virtuel, et non entant qu'idée.

Si l'entendement abstrait oppose, à cette manière de saisir la nature, ses disjonctions, son ceci, ou cela, il y a d'un autre côté notre conscience naturelle, et plus expressément encore notre conscience religieuse, qui nous disent que la nature, tout aussi bien que le monde spirituel, est une manifestation de Dieu,, et que leur différence consiste en ce que la nature ne saurait atteindre à la conscience de l'essence divine, tandis que la connaissance de cette essence est l'objet spécial de l'esprit, et d'abord de l'esprit fini. Ceux qui considèrent l'essence de la nature comme une chose purement intérieure, et qui, pour cette raison, nous serait inaccessible, se placent au point de vue de ces ancit^ns qui considéraient Dieu comme jaloux, doctrine qui a été combattue par Platon et par Aristote. Ce que Dieu est, il le communique et le manifeste, et il le manifeste d'abord dans et par la nature. Il faut ensuite remarquer que l'imperfection d'un objet consistera n'être qu'une chose purement intérieure, et partant une chose purement extérieure, ou, ce qui revient au même, à n'être qu'une chose purement extérieure, et partant une chose purement intérieure. Ainsi, par exemple, l'enfant est, en tant qu'homme en général, un être raisonnable; seulement la raison de l'enfant comme tel, n'est d'abord qu'un élément intérieur, c'est-à-dire une disposition naturelle, une vocation, etc.; et cet élément purement intérieur prend pour l'enfant la forme d'une

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détruisent en passant l'un dans Fautre. Leur contenu n'est rien autre chose que leur identité (S 138) ; ce

chose purement extérieure, en tant qu'il est la volonté de ses parents, et la doctrine de ses maîtres, qui Tentourent comme un monde rationnel. L'éducation et le développement de Tenfant consistent ensuite en ce que sa raison , qui n'était d'abord en lui qu'à l'état virtuel , et qui existait pour les autres — les hommes faits — existe aussi pour lui. Ainsi, la raison qui ne se trouvait chez l'enfant qti'à l'état de possibilité intérieure, se réalise (devient extérieure) par l'éducation, et réciproquement, la mo- / ralité, la religion et la science, qui n'avaient que la forma d'une

autorité extérieure, sont maintenant saisies par la conscience comme un élément propre et intérieur... On peut voir aussi par là ce qu'il faut penser de celui qui, de ses actions insignifiantes et même coupables , en appelle à ses dispositions internes, et à l'importance de ses intentions et de ses desseins. Il peut arriver qu'un individu voie ses meilleures intentions et ses plans les mieux combinés échouer contre l'opposition des circonstances extérieures; mais, engénrtral, ici aussi l'unité de l'intérieur et de l'extérieur trouve son application, de telle sorte qu'il est vrai de dire de l'homme que tel il est, telles sont ses actions, et, à la vanité menteuse qui est flère de son importance interne, il faut opposer la parole de l'Ëvangiie : « Vous les connaîtrez par leurs fruits. » Cette parole remarquable trouve son application non^seulement dans la morale et la religion, mais dans la science etTart. Pour ce qui concerne ce dernier, lise peut qu'un maître pénétrant, en remarquant l'aptitude particulière d*un enfant , exprime l'opinion qu'il y a en lui un Baphaè'l ou un Mozart, et la suite montrera jusqu'à quel point son opmion était fondée. Mais lorsqu'un mauvais peintre ou un mauvais poète se consolé en pensant que son esprit ( le texte dit intérieur) est rempli de hautes conceptions idéales, il a là une pauvre consolation, et s'il prétendait qu'on devrait le juger, non par ses œuvresj mais par ses intentions, une telle prétention serait avec raison rejetée comme inadmissible et insensée. Cest le même

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