INTERNE ET EXTERNE
sont eux qui achèvent révolution de l'essence dans la sphère de Vapparence. La manifestation de la force
cas, inai3 en sens inverse, lorsqu'on jugeant ceux qui ont accompli de (^andes actions, on s'appuie sur cette différence de Hntérieurelde rexlérieur,pour nous dire qu'extérieurement il en est ainsi, mais qu'intérieurement il en est tout autrement, et que ces actions n'ont eu d'autre mobile que la satisfaction d'un sen* timent de vanité, ou de quelque autre passion vulgaire. C'est là. le jugement de la jalousie qui, incapable elle-même de produire de grandes choses, veut rabaisser et faire descendre tout 06 qui est grand à sa mesura. Contre cette manière de voir, il faut rappeler cette belle expression de Gœtbe : qu'en {irésenee des grandes qualités de ses adversaires, il n'y a d'autre moyen de salut que l'amour. A Tégard de cette habitude qu'on a de déprécier les actions louables des autres, enlns accusant defaus* seté et d'hypocrisie, on doit remarquer que Thommepeut sans doute dissimuler et cacher plusieurs choses, mais qu'il ne peut pas cacher son intérieur en général, qui, dans le deeursustntœt doit se manifester, de sorte que, même sous ce rapport, il faut dire que l'homme n'est rien autre chose que la suitt) de ses ac-^
tions. C'est surtout cette manière d'écrire l'histoire, qu'on a ap^ pelée pragmatique, qui, dans les temps modernes^ s'est plue à appliquer aux grandes figures historiques cette distinction de l'intérieur et de l'extérieur, et qui a par là altéré la simple intelligence de leurs actions. Au lieu de se borner à raconter simplement lei grandes choses que ces héros ont accomplies, au lieu de recon* naître que leur intérieur est eh harmonie avec leurs actions, on s'est cru autorisé et obligé à rechercher, au-dessous de ce qui est à la surface et au grand jour, des motifs cachés, et l'on a pensé que, plusj'historien est profond, plus il lui appartient de dépouiller de son auréole le héros dont on avait jusqu'ici célébré les actions, et, en montrant le mobile et la vraie signification de ees actions, de le faire descendre au niveau de la médiocrité. Oq a recommandé, comme auxiliaire de cette manière d'écrire l'histoire, l'étude de la psychologie, parce que par elle
144 LA SCIENCE DE l' ESSENCE.
pose Texistence de l'élément interne de Tessence, et cette position s'accomplit par l'intermédiaire de ces deux moments abstraits. Mais cet état de médiation disparait , ce qui amène un état immédiat où l'élément interne et l'élément externe de l'essence sont identiques en et pour soi, et leur difiTérence n'est plus qu'un moment que la nolion a traversé. Cette identité est la réalité concrète (1).
on peut connaître quels sont les mobiles qui déterminent rhomme à agir. La psychologie, àlaquelle je veux faire allusion, n'est que cette petite connaissance de l'homme qui, au lieu de s*attacher à ce qu*il y a d'universel et d'essentiel dans la nature humaine, ne s'occupe que de ce qu'il y a de particulier et de contingent dans les motifs, les passions, etc. Ainsi, lorsque armé de ce procédé psychologico-pragmatique, l'historien se trouve en présence des grandes actions, et des motifs qui les ont produites, et qu*il a à choisir entre les intérêts substantiels de la patrie, de la justice, de la vérité religieuse, etc., d'une part, et les intérêts subjectifs de la vanité, de l'ambition, de la cupidité, etc., de l'autre, il se décidera pour ces derniers, parce qu'autrement cette opposition, qu'il a admise à l'avance entre l'intérieur (l'intention de l'agent) et l'extérieur (la réalité, le contenu de l'action) ne pourrait être maintenue. Or, comme en réalité l'inlérieur et l'extérieur ont le m^me contenu, il faut admettre en*présence de cette pénétration de maître d'école, que, si les héros que nous offre l'histoire n'avaient été mus que par un intérêt subjectif et formel, ils n'auraient pas accompli ce qu'ils ont accompli, et, par conséquent, il faut reconnaître ici aussi cette unité de l'intérieur et de Textéricur, et dire que les grands hommes ont voulu ce qu'ils ont fait, et ont fait ce qu'ils ont voulu. »
(1} Le rapport essen^é^, ou absolu se développe à travers trois rapports : le tout et les parties, la force et sa mamfestatim^ et ïintérieur et Vextérienr. — Et d'abord le caractère du rapport