‹ Logique de HegelChapitre 57 sur 137 · S CXLII · texte numérisé non relu

S CXLII

La réalité concrète est Tunité immédiate de Tes-

essentiel consiste en ce que les deux termes du rapport nonseulement sont inséparables, et se réfléchissent Tun sur Tautre, mais ils forment deux totalités indépendantes, et en même temps identiques, de façon que chaque totalité, tout en étant ellemême, et en subsistant par elle-même, n'est elle-même que par l'autre, et ne subsiste par elle-même qu'en subsistant par Tau- Ô'e. Ainsi, un côté du rapport est une totalité qui a essentiellement un terme opposé, qui se continue dans ce terme, et qui, en se continuant dans ce terme, devient phénomène, de sorte que son existence n'est pas son existence, mais Texistence de l'autre terme du rapport. — Le premier rapport d'essence est le rapport du tout et des parties. Dans ce rapport, le monde suprasensible est devenu le tout, et le monde phénoménal, le monde de la différence et de la multiplicité, est devenu les parties. Maintenant, si l'on considère le premier terme du rapport, le tout, on verra

que le tout

(i) WirkUchkeit^ laquelle se distingue de la Realitdt, qui n'(8st qu'une détermination de l'être. L'être qui a une qualité, le quelque chose, a une réalité (§ 91). La Wirklichkdt n'est pas seulement l'être, mais l'essence, et elle touche à la notion. Comme il n'y a pas un mot en français pour la distinguer de la Realitât, je Fai traduite par réalité concrète. Du reste, comme c'est l'idée qui détermine la valeur du mot, peu importe qu'on emploie le mot réalUé concrète, ou tout simplement réalité, l'essentiel étant de savoir de quelle réalité il s'agit ici, ce qui se trouve en partie déterminé par ce qui précède, et ce qui sera plus complètement déterminé par ce qui va suivre. — Il en est d'ailleurs de ce mot comme des mots existence, chose (§§ 1^, 124), ou des mots objets notion, etc., ainsi qu'on le verra plus bas; je veux dire que ces mots se trouvent définis par leurs notions.

sence et de rexistence, ou de Vintenie et de V externe, La manifeslation de la réalité est aussi la réalité ;

que le tout est une unité réfléchie, qui existe pour soi, mais qu'il est, en même temps, une unité négative qui se repousse ellemême, et qui est extérieure à elle-même. Le tout trouve, par conséquent, sa subsistance dans son opposé, dans la multiplicité immédiate, dans les parties; c*est-à dire, il se compose de parties, et il n'est le tout que par les parties. Il forme, il est vrai, leur rapport et leur totalité indépendante; mais il n'est, par cela même, qu'un terme relatif, car ce qui fait cette totalité c'est plutôt son opposé, c'est-à-dire les parties, et, par conséquent, ce qui le fait subsister n'est pas en lui-même, mais dans les parties. Et ainsi les parties constituent, elles aussi, la totalité du rapport. Elles forment, elles aussi, de leur côté, des éléments immédiats et indépendants vis-à-vis de l'élément réfléchi, ou le tout, et elles existent pour soi. Et cependant le tout constitue un de leurs moments, et il fait leur rapport, car sans le tout, ou en dehors 'du tout, il n'y a point de parties. En tant qu'elles constituent des éléments indépendants, ce rapport n'est qu'un moment qui leur est extérieur, et à l'égard duquel elles sont indifférentes. Mais en tant qu'existences multiples, les partiesconvergcntles unes vers les autres, et elles ne subsistent que dans leur unité réfléchie, c'est-à-dire le tout. Et ainsi le tout et les parties se conditionnent et s'appellent réciproquement, et comme l'un des côtés du rapport ne subsiste que dans et par l'autre, on a une unité de rapport où le tout et les parties ne forment plus que deux moments; ce qui fait que, soit qu'on prenne Tun ou l'autre de ces côtés, on aura ce côté et le côté opposé; ce qui veut dire, en d'autres termes, que le tout est égal aux parties, et que les parties sont égales au tout* Le tout, il est vrai, n'est pas égal aux parties, en tant que parties — aux parties prises séparément^ — ni les parties ne sont égales au tout, en tant que tout. Mais les parties, en tant que parties, c'est-à-dire en dehors du lien qui les lie au tout, ne sont pas des parties, et le tout qui n'est pas le tout des parties, ou en dehors du rapport qui le lie aux parties, n'est

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