POSSIBILITÉ
Comme la possibilité n'est d abord, vis-à-vis de la réalité concrète, qae la pure forme de l'identité avec soi, la règle qu'on lui applique, c'est que la chose, pour qu'elle soit possible, ne doit pas contenir de contradiction. De cette manière tout est possible, car on peut , à l'aide de Tabstraction , appliquer à tout contenu cette forme de Tidentité. Mais, d'un autre côté , tout est impossible, parce que dans tout contenu, qui est une existence concrète, une détermination peut être considérée comme une opposition déterminée, et, par conséquent, comme impliquant une contradiction. Il n'y a donc rien de plus vide que les mots de possibilité et d'impossibilité. La philosophie doit surtout éliminer toute recherche qui a pour objet d'établir que telle ou telle chose est possible ou,
deg oppositions qui ne s'appliquent pas seulement au moi et au non-moi, mais à d'autres choses que le moi. Par exemple, la plante, dans ses rapports avec elle-môme, est à Tétat subjectif, et, dans ses rapports extérieurs avecTair, la lumière, etc., esta Tétat objectif. Le germe constitue Tétat formel (la forme, le des* sin général et abstrait de la plante qui peut, ou peut ne pas se développer), et la plante développée constitue la plante concrète et réelle. Venrsoi^ Tétat immédiat constitue dans les choses une simple forme où il n'y a pas encore de contenu, ce qui se rencontre dans les choses les plus abstraites : par exemple, le triangle en général est une pure forme vis-à-vis des triangles équilatéral, scalène, etc.; la quantité pure n'est qu'une forme générale à l'égard du quantum et du rapport quantitatif infini. (Voy. § xcix et suiv.) Et ici, la possibilité n'est qu'une forme subjective de la réalité, c'est-à-dire, de la réalité qui ne s'est pas encore développée. Conf. § 162 et suiv.
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comme l'on dit, pensable [denkbar); et l'historien a raison de ne pas faire usage de ces catégories , qui n'ont aucun fondement. Mais Fentendement^ dans ces recherches subtiles , se plaît souvent à inventer ces possibilités , et naturellement plusieurs possibilités (1).
(1) La possibilité est une détennination de la réalité, mais elle n'en est qu'une détermination immédiate, subjective et purement formelle. Si on la sépare de la réalité concrète, elle n'est qu'une abstraction. Il faut donc la considérer comme un moment de la réalité elle-même. Mais, comme dans le monde de la réalité finie, ou de la nécessité relative (voy. § cxux) toute chose contient une contradiction, toute chose peut être considérée comme possible et impossible à la fois. « Comme on peut appliquer cette forme à tout contenu, dit Hegel {Grande Ency*çlop,, § cxuii), et qu'on peut séparer ce contenu des rapports au milieu desquels il se trouve placé, il n'y a pas de chose aussi absurde et aussi insensée qu'elle soit qui ne puisse être considérée comme possible. Il est possible que ce soir la lune tombe sur la terre, car la lune est un corps séparé de la terre, et qui peut tomber tout aussi bien qu'une pierre qui a été lancée dans l'air. Il est possible que le sultan devienne pape, car le sultan est un homme, et comme tel il peut se convertir au christianisme, se
faire prêtre, etc Plus on est ignorant, moins on embrasse
les rapports déterminés de l'objet que l'on considère, et plus on est porté par cela même à se jeter dans toute espèce de possibilités vides, ainsi que cela arrive, par exemple, aux discoureurs politiques. Les hommes pratiques et sages ne se laissent pas séduire parle possible, qui n'est qu'un pur possible, mais ils s'en tiennent à la réalité, sous lequel nom il ne faut pas cependant entendre l'être purement immédiat er extérieur. Dans la vie ordinaire, on a des mots qui montrent le peu de cas qu'on fait de la pure possibilité; par exemple, lorsqu'on dit qu'un moineau dans la main vaut mieux que dix moineaux sur le toit. D'un
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