‹ Logique de HegelChapitre 64 sur 137 · CONTINGENCE · texte numérisé non relu

CONTINGENCE

et de la réalité immédiate, où celles-ci s'appellent réciproquement et sont comme le moyen terme Tune de l'autre; c'est la possibilité rée/te (1). Ce mouvement circulaire constitue une totalité où se trouvent un contenu, ou la chose déterminée en et pour soi, et la forme concrète et achevée qui renferme dans son unité des déterminations différentes, et suivant laquelle se fait cette superposition immédiate de Vinterne et de V externe (2) . Ce mouvement spontané de la forme est une activité (3). C'est, d'un côté, l'acti-

(\) Die reale MôglicKkeU. Le contingent n*est pas la simple possibilité, la possibilité immédiate et abstraite, telle qu'elle s'est produite $ cxuii, mais il contient la possibilité et la réalité. Il est, par conséquent, une possibilité réelle, et partant une condition. Il y a, en effet, dans la condition, ou dans Tôtre conditionné, deux éléments, ou déterminations. Il est, d'une part, une existence immédiate, et, d'autre part, il supprime^ en tant que possible, cette existence, pour servir à la réalisation d'une autre réalité contingente. Et ainsi, Têtre contingent est posé^ par cela même qu'il est possible, et présupposé^ par cela même qu'il est la condition d'une autre réalité ($ précéd.), laquelle est à son tour posée et présupposée comme la première.

(2) C'est-à-dire, la Hécessité qui. fait l'unité de la forme et du contenu de la contingence, et qui est au fond de ce passage immédiat qui se fait de Yinteme (possibilité) à Vexteme (réalité). C'est un passage {umschlagen — renversement d'un terme dans l'autre) immédiat^ parce que dans l'être contingent l'interne et l'externe, la possibilité et la réalité sont données l'une dans l'autre. Voy. S cxLix.

(3) lÂess sich Buwegen der Fomi ist Th'dti^ML Les formes de la possibilité et de la réalité, dont le jeu constitue le monde de la contingence. Elles sont spontanées, en cç sens qu'elles cachent la nécessité.

162 LA SCIENCE DE l' ESSENCE.

vite de la chose qui, comme raison d'êlre réelle [i] y se nie elle-même pour produire la réalité, c'est, d'un autre côté, Faclivité de la réalité contingente, ou des conditions qui se réfléchissent sur elles-mêmes, et qui passent, en même temps, pour donner naissance à une autre réalité, à la réalité même de la chose (2) • Lorsque toutes les conditions se trouvent réunies, la

(i) Bethdtigmg der Sache , als des realen Grundes, C'est-à-dire que l'être contingent est une réalité qui est Is^raison d'être, ou la condition d'une autre réalité ; mais par cela même qu'il est la condition d'une autre réalité il doit se nier lui-même pour laproduire. -— Il faut aussi remarquer que la chose n'est plus ici la Ding comme au § 425, mais la Sache, qu'on pourrait traduire par chose réelle, La contingence, ou Tètre contiDgent, est bien une chose, en (^e qu'il contient la chose comme un moment qu'on a traversé et qu'il enveloppe; mais c'est une chose concrète, un moment de la réalité, La Ding est cette catégorie où les matières et les propriétés viennent se combiner pour amener le phénomène, etc., etc. La Sache, ou l'être contingent, en tant que moment de la réalité, contient ces déterminations dans son unité. Ainsi la réalité, ou la chose réelle, est le phénomène et sa loi, le tout et la partie, la force et sa manifestation, etc., etc. La Ding est l'existence qui passe et s'évanouit dans le phénomène, tandis que l'être réel se conserve dans ses rapports extérieurs, et tout en devenant un autre être réel, sa réalité se conserve, ou, pour mieux dire, la réalité se conserve dans la multiplicité des êtres réels.

(2) Le mouvement de la contingence est celui-ci : il y a, d'un côté, l'être contingent à l'état possible, mais qui, par cela même qu'il est l'être contingent, passe de la possibibité à la réalité. Il y a, de l'autre côté, les conditions qui, tout en étant des réalités indépendantes, et qui se réfléchissent sur elles-mêmes, passent et se suppriment pour produire la chose. Voy. plus bas, Re* marque.

chose doit se produire comme réalité*. Mais la chose elle-même est une de ces^ conditions, car, en tant qu'élément intérieur (1) , elle n'est d'abord elle-même qu'une présupposition. La réalité qui est arrivée à ce degré de développement, où cette alternation de l'interne et de Texterne vient se réunir en un seul et même terme, où le passage de ces mouvements opposés de l'un à Vautre terme ne fait plus qu'un seul et même mouvement, cette réalité est la nécessité,

REMARQUE

La nécessité a été définie, avec raison, l'unité de la possibilité et de la réalité. Mais ainsi énoncée, cette détermination ne saurait être comprise dans toute sa vérité. C'est une notion très-difficile à saisir que celle de la nécessité, précisément parce qu'elle est la notion elle-même, mais la notion dont les moments sont encore des réalités qu'on doit saisir comme des formes brisées, et qui passent (2). Il faut, par conséquent, exposer d'une manière plus complète , dans les paragraphes suivants, les moments qui constituent la nécessité (3) . .

(\) aU inneres; en tant qu'interne. C'est-à-dire en tant que possibilité qtii doit devenir UDe réalité.

(2) Vbergehen, C'est-à-dire la nécessité (la substance et la éause) touche à la notion , mais elle n'atteint pas à son unité ; ce qui fait que ses déterminations sont encore comme brisées , et extérieures les unes aux autres, tandis que les déterminations de la notion se développent les unes des antres. Voyez § clxi.

(3) Hegel veut dire que la nécessité n'est pas une nécessité

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