‹ Logique de HegelChapitre 77 sur 137 · CLXI · texte numérisé non relu

CLXI

Ici la marche de la notion n'est plus le passage

une pure abstraction, tandis que la notion est en réalité un principe concret, et le principe de tout être vivant... On peut, il est vrai, considérer la notion comme une forme, mais comme une forme iuflDie dans laquelle se trouve enveloppé tout contenu , et par laquelle tout contenu est engendré. On peut aussi la considérer comme une abstraction, si par chose concrète on entend Têtre sensible et immédiat, car la notion ne se laisse pas saisir par la main, et lorsqu'il s'agit d'elle il faut oublier la vue et Touïe. Mais elle est un principe concret en ce qu'elle contient , comme on l'a démontré, dans son unité l'être et l'essence, et partant toute la richesse des déterminations de ces deux sphères. Si les diverses sphères de ridée logique peuvent être considérées comme des définitions différentes de l'absolu, la notion sera ,.ell6 aussi, une définition de l'absolu. Mais dans ce (tas il faudra Tentendre dans un sens plus élevé que ne le fait la logique de l'entendement, et y voir autre chose qu'une simple forme de la pensée subjective. On pourra peut-être demander : Pourquoi la logique spéculative a-t-elle employé le mot wtion, pour exprimer une chose tout à fait différente de celle qu'exprime ce mot dans le langage ordinaire, donnant lieu par là à l'équivoque et à la confusion? *- A cela on répondra que quelque grande que soit la différence entre la logique formelle et la logique spéculative, en y regardant de plus près, la signification plus profonde de ce mot n*estpas entièrement étrangère au langage ordinaire, comme on pourrait le croire. En pariant, par exemple, des déterminations du droit concernant la propriété, on dit qu'il faut les déduire do la notion de la propriété, ou bien qu'il faut ramener ces déterminations à leur notion. On reconnaît par là que la notion n'est pas une forme vide et sans contenu , car en ce ois on ne pourrait rien déduire d'elle , et en ramenant un contenu donné à une forme vide , on ne ferait que lui enlever sa détermination propre et

d'un terme à rautre (1) ni la réflexion d'un terme sur l'autre (2), mais un développement (3), parce que les

(1) Comme dans Têtre.

(2) Comme dans l'essence*

(3) EfUwickelung, Et, en effet, dans la notion d*ane chos6,de l'être vitrant, par exemple, on n*a pas seulement Tôtre et le non-ètre, on ridentitéetla différence, mais tous les éléments qui constituent rêtre vivant^ de sorte que la totalité de Tô're vivant, pris à tous ses degrés, n*est qu'un développement. De plus, dans les deux splières précédentes on avait des éléments distincts et nouveaux, être et wn-être, cerne et effets etc. ^ tandis qu'ici l'on a, il est vrai, des éléments qui se distinguent les uns des autres, mais qui sont, en même temps, identiques, identiques entre eux, et identiques avec le tout, en ce sens qu'ils sont tous des notions. Ainsi, par exemple, bien que la cause et l'effet soient inséparables, la cause ne te retrouve pas dans l'effet en tant que simple cause. Chaque wHlon, au conti*aire, se retrouve dans une autre notion, en tant que notion. En outre, la cause et l'effet, la substance et les acoi*dents, le tout et les parties, etc., qui étaient d'abord distincts, ne fbrment plus ici chacun qu'une notion simple. Voilà pourquoi on peut considérer les déterminations de la notion comme un dé« veloppement d*un seul et même principe. — - « Le mouvement de la notion, dit Regel (Grande Encyclopédie, $ \M), est un développement par lequel n'est posé que ce qui est déjà contenu en soi dans la chose. Dans la Nature, c'est la vie organique qtti répond à la sphère de la notion. Ainsi, par exemple, la plante se développe de son germe. Celui-ci contient déjà la plante entière, mais d'une manière idéale (c'est-à-dire virtuellement), et il ne faudrait pas concevoir son développement comme si les différen* tes parties de la plante, la racine, la tige, les feuilles, etc., étaient déjà contenues réellement dans la plante, à l'état de pè^* tites parties. C'est là l'hypothèse de l'emboîtement des gefmes dont l'imperfection vient de ce qu'on considère comme ayant une existence réelle ce qui n'existe<l'abord qu'idéalement. Ce qu'il y a de vrai dans cette hypothèse c'est que dans son processus la notion

aOO m saBNCE DE LA NOTION.

différences sont posées comme identiques entre elles et avec le tout ^ et que chaque détermination forme la libre existence de la notion entière.

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