S CLXII
La science de la notion se divise :
1** En science de la notion subjective, ou formelle ;
2"* En science de la notion déterminée en vue de Texistence immédiate, ou de Tobjectivité (1) ;
S*" En science de Tidée, du sujet-objet, de l'unité de la notion et de l'objectivité , ou de la vérité absolue (2).
ne sort pas d'elle-même , et que par ce processus elle n'ajoate rien de nouveau à son contenu, mais elle ne produit qu'un changement de forme. C'est cette vertu de la notion de n'être qu'un développement d'elle-même à tous ses degrés qu'on a en vue lorsqu'on parle des idées innées, ou lorsqu'on ne voit, comme Platon , dans tout savoir qu'un souvenir. Car on ne doit pas en* tendre par là que le contenu de la conscience qui a reçu l'enseignement se trouve déjà primitivement dans cette même conscience, sous sa forme déterminée et développée. Le mouvement de la notion doit être considéré, pour ainsi dire, comme un jeu (&'<^el). Le terme autre qu'elle qu'elle pose, n'est pas en réalité un terme autre qu'elle.. C'est là ce qu'enseigne la doctrine chrétienne , lorsqu'elle dit que Dieu a créé le monde, lequel demeure vis-à-vis de lui comme un être autre que lui, mais qu'il a aussi engendré un fils de toute éternité, dans lequel il demeure comme en lui-même en tant qu'esprit (H welchem er als GeUt bei sich selbst istO—\oy. plus bas, 5 165,
(1) Zur VnmttelbarkeU bestimmty oder von der Objectivitdt, Voy. note suiv.
(2) Les deux premières parties de la logique, Vêtre et Vessenca^ forment ce que Hegel a appelé Logique objective, parce que les
REMARQUE
La logique ordinaire ne contient que la matière qui forme une partie de cette troisième branche de la
déterminations de Têtre et de l'essence gui ne sont pas encore parvenus à la notion, s'appliquent au monde objectif, mais au monde objectif qui n'a pas encore été façonné par la notion, à la nature inorganique, par exemple. La troisième partie contientd'abord la notion à Tétat subjectifs ou la notion subjecim^ puis la notion objective y ou la notion qui se donne un objet, lequel n'est plus ici l'objet tel qu'il existe hors de la notion, mais l'objet tel qu'il est posé et façonné par elle. Enfin elle est l'unité de la notion subjective et de la notion objective^ ou Vidée. Voici maintenant quelques indications qui montreront d'une manière plus précise le sens et la déduction des divisions de cette troisième partie. Et d'abord la notion est, et elle est la notion de l'être et de ses détermina* tlons, et elle est identique , différerUe^ etc. , ou elle est la notion de l'essence et de ses déterminations; elle est, en d'autres termes, la notion, et comme telle, elle est la notion de toutes choses, ou, pour parler avec plus de précision, elle est l'Imité de l'être et de l'essence , ou Vêtre en et pour soi (dos An-undrFùrsichseyn) , qui a atteint à sa vraie existence, et à une existence adéquate à sa notion. C'est là la notion même de la notion , laquelle n'est ici que la notion de la notion^ ou la notion qui n'a pas encore posé ses déterminations. Elle n'est, par conséquent , que la notion en soi, ou notion immédiate, formelle et subjective. Elle estnotion subjective, parce qu'elle est la notion, ou la pensée qui est encore extérieure à la chose, ou à Vobjet. Elle est le sujet de toutes choses, mais toutes choses n'ont pas encore été posées en elle. Elle est aussi notion formelle , parce que ses déterminations n'apparaissent ici que comme des formes du sujet, et elle est notion immédiate , en ce que ses déterminations ont la forme immédiate de l'être, ce qui fait que chacune d'elles se produit comme une détermination isolée et qualitative, et qui n'est que dans un rapport extérieur avec les autres. Mais l'iden-
202 LA SCnifCE DE LA NOTION.
logique. On y a ajouté ce qu'on appelle les lois de la penséBi lois que nous avons rencontrées dans les développements antérieurs (l)» et dans la logique appliquée^ on y a ajouté d'autres connaissances auxquelles on a mêlé des données psychologiquesi métaphysiques ou expérimentales^ et cela sans doute parce que
Uté de la notion qni est an fond de son existence subjective amène le mouvement dialectique en vertu duquel la séparatkNi el rindividuaUsation de ses déterminaticmâ se trouvent supprimées, et la notion se produit comme totalité de ces détermina^ tiens, et comme notion objectm. Dans l'objet la notion formelle est devenne la cbose même; c*est la notion qui de son état interne a passé à Texistenee et à la réalité, et qui est devenue rd>jet en et pour soi, ayant une existence propre et libre. Cependant, par cela même qu^elle s*est absorbée dans Tobjet, elle n'eet id aussi que noUoo iwmédiaie à laquelle manque le moment ré* fléebi et n^tif de la liberté. Ses différences >oat des différences objectives dans lesquelles elle est, pour ainsi dire, cacbée, et où elle demeure comme extérieure à elle-même. Ce qui manque à la notion formelle^ c'est sa réalisation extérieure, Vobjectivité ; oe qui manque à cette demiôre, c'est sa forme interne et subjective. Cest là ce qni fait que la notion, après avoir posé le monde objectif, le supprime , et elle le supprime pour ramener la subjectivité, laquelle n*est plus ici la subjectivité formelle et immédiate , mais la subjectivité qui a traversé Tobjet et cftai l'enveloppe, et où la notion se pose comme notion adéquate à ellemême, ou comme Idée « La nuson qui consUtne la spbère de VUée , dit Hi gel (Gr. Log., wr part.» p. 33) , e^ la vérité qoi s'est révélée à elle-même ; c'est la spbère où la notion possède une réalité qui lui est adéquate, et qui est parvenue à sa libertés en ce qu'elle retrouve sa subjectivité dans le monde objectif, et le monde objectif d lUs sa subjectivité. »
II) Le principe de contradiction, par exemple.
ces formes de la pensée ne satisfaisaient plus l'intelligence (1). Enfin les formes de la pensée qui appartiennent spécialement au domaine de la logique, on les considère comme des déterminations artificielles et subjectives de l'entendement, et non comme des déterminations de la raison.
Les déterminations logiques précédentes, c'est-àdire, les déterminations de l'être et de Tessence, ne sont pas de simples déterminations subjectives de la pensée, et dans leur mouvement dialectique et leur passage de l'une à l'autre, ainsi que dans leur retour sur elles-mêmes, et dans leur totalité elles se produisent comme notions. Mais elles ne sont que des notions déterminées (2), des notions en soi, ou, ce qui revient au même, des notions pour nous, parce que, dans leur passage de Tune à l'autre, ou dans la réflexion de l'une sur l'autre, elles ne sont pas posées
(1) « Les développements que la logique a reçus, dit JEEegel {Grande logiqae. Notion générale de la logique, vol. I", p. 38), par raccumulation de matériaux psychologiques , pédagogiques, et même physiologiques, au lieu de la perfectionner, n'ont fait que l'altérer et la défigurer. Ces règles, ces lois pédagogiques, qu'on a introduites, dans la logique , sont insipides et vulgaires. De telles règles, comme, p ir exemple, qu'il ne faut pas admettre sans examen et sans preuve ce qu'on lit, ou ce qu'on nous trans* met oralement, et d'autres semblables qu'on rencontre dans la logique appliquée, sont de véritables puérilités, et elles prouvent seulement que l'auteur ou le maître s'évertue pour animer, par une matière factice, par des remplissages, le contenu mort et desséché de la logique. »
(2) Conf. §§84 et M?.
204 LA SCIC^CE DE L\ ?K)TTOX.
oomme notion particulière j on conune notion tudûn" dMeUe on stgei, on comme notion qui fait lldentité des d^rminations opposées, et partant leur liberté, c'est-ànlire, comme notion wiirerseUe (l).
n faot aussi remarquer que ce qu'on entend ordinairement par notion n*est qu'une détermination de l'entendement, ou bien une représentation générale. Ainsi entendue, elle n'est qu'une détermination finie (2j.
(1) Les détermiDâUoDS précédentes» les déterminatioiisde Vètre el de Tessence. obéissent à ooe loi objectire et néeessaire , soi- Tant buinelle elles se nient, et en se niant elles s'appellent les mies les antres, et en se niant et en s'appelant les unes les antres» elles reviennent sor elles-mêmes et forment une totalité, sniTant les expressions dn texte, c'est-à-dire elles demenrent, d*ane part» identiques à eUes-mèmes, et d'antre part, eUes forment un tout. A ce titre elles sont des notions, mais des notions déttrmmée$, 6'es^à-dire limitées, en ce quelles ne sont pas dans la spli^« de la pensée ; elles ne sont qne Tîrtnellement des notions , on des notions m «n , par la même raison, et enfin elles sont des notions p0Kr waus, et non en elles-mêmes , parce qne c'est nons qui y ajoutons les déterminations mêmes de la notion. Ainsi l'être qui n'est qne l'être, n'est pas l'être dans la notion on dans sa notion, et si nons le pensons conmie une détermination wâreneUe ou partiatUère on mdmdMtiU , c'est que nons y ajoutons les déterminations mêmes de la notion.
(2) L'entendement isole les notions, on U ne les unit que d'une manière extérieure, on il n'y Toit que des formes subjectires de la pensée. D'un antre cêté, on considère la notion comme une représentation sensible généralisée , on bien comme une notion générale abstraite qui exclut le particulier et 1 individuel. Mais ce ne sont là que des manières imparfaites de conceToir la notion. —Conf. ^ 3 et 6i, et < suiv.
Kii général^ on considère la logique de la notion comme une science purement formelle, c'est-à-dire, comme une science qui ne concerne que la forme de la notion, du jugement et du syllogisme, et qui ne constitue nullement la réalité d'une chose, laquelle réalité résiderait tout entière, d'après cette opinion, dans le contenu. Mais si les formes logiques de la notion ne sont, pour ainsi dire, que des réservoirs vides , inertes et propres à recevoir toute espèce de représentations et de pensées, leur connaissance n'est qu'un récit insignifiant et sans objet. Au fond, ces formes sont l'esprit vivant de toute réalité, et ce que le réel contient de vérité, c'est de la présence et de la puissance de ces formes qu'il le tient. Mais on n a recherché jusqu'ici ni quelle est la vérité intrinsèque de ces formes, ni leur connexion intime et nécessaire.