S CLXXVII
Le jugement de la nécessité exprime, dans la dîf-
gularité du sujet, et non le sujet entier. £t ainsi eet appelle le non-cet (nicht Meses); a cette plante est salutaire» appelle Tautre jugement, « ce n'est pas seulement cette plante qui est salutaire^» ou, ce qui revient au môme ^ uily a d'a»tres plantes, ou quelques plantée qui sont sahtmres, » C'est là le jugement particulier. Mais les quelques appellent nécessairement les non^quelques, et par con* séquent le jugement particulier est tout aussi bien négatif que positif. » Quelques hommes sont heureux ,» appelle ^ quelques hom** mes ne sont pas heureux, » Par conséquent le jugement particulidf est un jugement indéterminé en ce qu'on ne peut pas dire i quelle partie du sujet convient le prédicat. Mais d'abord dans les quelques individus on a déjà un contenu général qui n*est ni CaiuSt ni Pierre, ni Antoine, mais le contenu commun des quelques indi* vidus. En outre, si Ton considère le jugement singulier, enverra que le rapport du sujet et du prédicat est essentiel et déterminé. Cette plante est salutaire. Or les quelques du jugement particulier sont la collection de cet individu, de cet autre individu, etc. C'est là ce qui amène le jugement universel, qui est ici le jugement de la totalité (Allheit); tous, sont tous les individus. L'universel qu'on a ici est l'universel de la réflexion extérieure, en ce qu'il est comme un agrégat, ou un composé d'individus qu'on considère comme existant.4)ar eux-mêmes, et indépendamment de l'universel, et qu'on ne lie que par un lien superficiel et extérieur. Cependant l'expression tous les hommes contient plus qu'une collection indéterminée, ou qu'une pluralité indéfinie d'individus
(\) Le jugement réfléchi est ici arrivé aux derniers rapports de Tesseoce, aux rapports de substance et de cause, mais de la ittbst^ope et de 1^ pau3e tplle» qu'elles existent dans la notion,
JUaUlSNT DE LA néoessitA. 351
férenee de ses termes, Tidenlité du couteau. Par coq* séqueut, V il renferme d'une part, dans le prédicat, la substance ou la nature du sujet, l'universel concret (1), le geftre ; et, d'autre part, comme cette forme de l'universel contient une déterminabilité négative,
dhridus. Ce qu'elle contient, c*est Inanité da rapport des héUvidus et des quelquei IndiMuê dans runité même du terme dans lequel iU sont enveloppés. Tom les hommes , sont tous des hommes, parce que Vhomme est en eux, et qu'ils sont dans Thomme , de même que les membres d*ùne cité , ou les citoyens ne sont tels que par Tunité de la cité dont ils font partie. À l*eipression tom lâ$ hùmmei ou doit donc substituer Vhomme, à l'unité collectiva, l'unité simple ou le genre. Par là le jugement de la réflexion est devenu le jugement de la nécessité. « On a, dit Hegel, un exem^ pie de cette universalité indéterminée dans l'analyse mathématique, lorsque le développement d'une fonction, d'un polynôme, est considéré comme plus général que son développement daas un binôme , parce que le polynôme contient plus àHnâividus (les membres de la série) que le binôme. Pour représenter la fonction dans sa forme universelle, il faudrait un pentonome, l'inOnité achevée. Et comme une telle expression est impossible , on se contente du polynôme. Mais , en réalité, le binôme est déjà le petUonome; car le pentonome ne serait que ]a méthode ou \Sk règle, suivant laquelle on devrait déterminer le rapport et l'enchahiement des membres de la série. Or, ce rapport est déterminé par le bioome , car c'est une seule et même fonction que l'on a, au fond, dans le développement de la série. La méthode ou la règle est le vrai universel. Et c'est la règle qui se reproduit et se répète dans le développement d'un polynôme, de sorte que Tadditlon des membres n'ajoute rienà son universalité.» Gi^ande logique, Science de la notion, V* part., ch. II, p. 97. Yoy. sur ce point sa critique du calcul de l'infini, liv. I'% p. 383,
(i) Concret en ce qu'il enveloppe tous les termes précédents ; car il contient tel homm, queUfues h(mm et la pforii^ Méfime des hommes.
une déterminabilité essentielle, et qui exclut toutes les autres, ce jugement renfenne V espèce. Jugement catégorique.
2"" Les deux termes de ce jugement ont une existence substantielle, et ils constituent ainsi deux réalités indépendantes (1) qui ne sont liées que par une identité intérieure^ ce qui fait que la réalité de l'un n'est pas seulement son être, mais Têtre de l'autre (2). C'est le jugement hypothétique ; 3° dans ce jugement où la notion, tout en étant extérieure à ellemême (3), pose son identité intérieure, l'universel est le genre qui demeure identique à lui-même dans son individualité simple. Le jugement où l'universel se pose, d'une part, comme universel, et, d'autre part, comme ensemble de ses déterminations distinctes et particulières, ou comme genre qui se partage en ses espèces, et qui est en même temps l'unité de ces es-
(\) Selbst'dndiger Wirklichkeii, Et, en effet, bien que les termes de ce jugement soient ainsi constitués que l'un ne puisse subsister sans Vautre, ils demeurent cependant comme deux réalités indépendantes, substance et accidents, cause et effet, qui ne sont encore liées que par un rapport virtuel et intérieur, et dont Tunité n*est pas encore posée.
(2) C'est-à-dire que Tun appelle l'autre, et, par conséquent, l'être de l'un est en même temps Têtre de l'autre, mais ils ne forment pas encore un seul et même terme.
(3) An dieser Entdusserung des Begriffs, Elle devient extérieure à elle-même, puisqu'elle prend la forme hypothétique où cependant îe trouve l'unité intérieure ou virtuelle des deux termes. Voy. S suiv.
pcces (1) , est le jugement disjonctif. L'universalité déterminée d'abord comme genre et puis comme eBsemble de ses espèces^ est par là posée et déterminée comme totalité (2).
(1) Le texte dit : « Deren Eniweder-oder eben hO sekr als Sowohl- Als, die Gattungist, » Littéralement dont le genre est ceci où cela, comme aussi, tout atufsi Men ceci que cela,
(2) L'universel auquel on est ici parvenu est le genre. Le sujet s'est ainsi affranchi des déterminations du jugement delà réflexion, en allant du jugement singulier par le jugement particulier, et Tunité collective qui n'est qu'une forme de la fausse infinité à la vraie unité, à l'unité déterminée, au genre. Au lieu de tous les hommes^ on a l'homme; au lieu de tous les métaux, on a le métal. Le genre se trouve déjà contenu ei^ soi, ou virtuellement dans le jugement de la réflexion. Le jugement singulier et le jugement particulier^ le cet homme et le quelques hommes, contenaient déjà l'homme, et le genre n'a fait que poser ce qui était virtuellement contenu dans ces termes. Comme le genre est l'universel concret, l'universel qui enveloppe tous les termes précédents, il u*est plus un terme inhérent au sujet, ni une propriété individualisée, ni une propriété du sujet en général, mais il renferme dans sa substance toutes ces propriétés. En tant qu'il constitue cette identité réfléchie et négative avec lui-même, il est essentiellement sujet, mais il n'est pas pour cela subordonné {subsumé) à son prédicat. Et c'est là ce qui le distingue du jugement de la réflexion. Ce jugement est essentiellement le jugement de la subsomption. Le prédicat est l'universel qui existe vis-à-vis du sujet comme son caractère, ou sa détermination essentielle; et le sujet est un phénomène essentiel du prédicat. Cest le rapport du phénomène et de la loi tels qu'ils existent dans la notion, c'est-à-dire, dans leur forme universelle et dans leur unité. Mais ce rapport n*a plus d'application ici, et Tuniversel du jugement de la réflexion est plutôt le particulier, ou une détermmation particulière, vis-à-vis de Tuniversel concret et
254 LA SaENCE Dte LA NOTÎOIf.
d) Jugement de la notim.
§ axxviii.
Le jugement de la notion a pour contenu la notim ,
objcclif du jugement de la nécessité, c'est-à-dire, vis-à-vis du genre. Ici, le sujet et le prédicat sont identiques, et la copule n*esl plus marquée d'un simple caractère essentiel, mais du caractère de la nécessité. Ce qui fait le fond de cette identité et de cette nécessité est le genre. « L'or est précieux : Vor est m métal,» sont deux jugements qui n'appartiennent pas à la même classe, ou au même degré de la notion. La valeur de Tor dépend d'un rapport extérieur de l'or avec nos besoins, nos désirs, le prix ou le travail qu'il faut dépenser pour ^'obtenir, etc., tandis que le fait d'être un métal, ou la métalliiéf si Ton peut ainsi s'exprimer, appartient à sa nature substantielle, sans laquelle il cesserait d'être ce qu'il est. 11 en est de même des jugements « h rose est une pliante; > « Caius est un homme, » par lesquels nous voulons exprimer la nature essentielle et objective de la rose et de Caius, de façon que tout ce que nous pourrons d'ailleurs affirmer d'eux n'aura une signification et une valeur qu'autant qu'il répondra à cette nature. Le genre est, par conséquent, l'universel concret et objectif, en ce qu'il constitue la nature concrète et objective des choses. En tant qu'il existe en et pour soi, le genre contient les espèces qui sont ses déterminalions particulières, car il n'existe en et pour soi, c'est-à-dire, il n'est genre qu'autant qu'il a des espèces, et celles-ci à leur tour ne sont des espèces qu'autant qu'elles existent, d'une part, dans le genre, et, de Tautre, dans les individus, une espèce n'étant espèce que parce qu'elle s'individualise, de même que le genre n'est genre qu'en se spécifiant. Et ainsi, Vespèce et le genre, ou, ce qui revient au même, Vindividu et l'espèce, voilà les termes constitutifs du jugement de la nécessité. 1" Le premier degré de ce rapport amène le jugement catégorique, lequel constitue le ju« gement immédiat de la nécessité, et correspond^ dans la sphère de l'essence, aul rapports de substance* Toutes choses sont tin