‹ Logique de HegelChapitre 98 sur 137 · S CLXXX · texte numérisé non relu

S CLXXX

Par là le sujet et le prédicat forment chacun le jugement tout entier (2). La qualité immédiate du sujet se produit comme moyen terme (3) entre Tindividualité du réel et son universalité, ou comme principe du jugement. Ce qui se trouve au fond posé dans ce jugement, c'est Tunité du sujet et du prédicat dans l'unité de la notion< C'est la notion qui donne ici à la copule abstraite, est une forme concrète et achevée. Ses moments, le sujet et le prédicat, sont dilfférencîés, mais elle est ici posée comme terme qui fait leur rapport et leur unité* C'est là le syllogisme (4).

(1) Von ehier hBondem Bâschafenfieit.

(2) Eu ee sens que la nature particulière du sujet appartient tout aussi bien au prédicat qa*aa sdjet*

(3) Vetmittelndè Gtvnd.

(A) Séhluss, Les jugements de la féfieûiiùH sont pintôt des propositions que des trais jugements. Dans les jugements de la né*

cj Syllogisme, S CLXXXI Le syllogisme est Funité de la notion et du juge*

cessité OQ exprime, il est vrai, la nature universelle et objective de la chose, mais on n'exprime pas encore son rapport et sa concordance avec sa notion. Autre cliose est dire cette roseestrouge ou cet or est m métal, et autre chose est dire cette action est bonne ou mauvaise^ cet objet est beau, cette pensée ou ce principe est vrai; ces derniers prédicats exprimant ce que le sujet doit être et ses rapports avec sanction. Voilà pourquoi ces jugements enveloppent les précédents. Ainsi, cet or est un métal est un jugement qui dépend de la ({uestion de savoir s'il est vrai, ou s'il peut être vrai que Tor soit un métal, c'est-à-dire, de la notion môme de Tor. Sans doute on n'a pas encore ici la notion concrète et entière, mais ce qu'i faut comparer ici ce sont les jugements entre eux, et non les jugements avec des déterminations ultérieures et plus concrètes de la notion. Par exemple, les notions mêmes du bien et du vrai son tautre chose que les prédicats bon et vrai dans le jugement. C'est, si l'on veut, la même notion, mais la notion telle qu'elle existe dans le jugement, et non telle qu'elle existe dans la sphère de Vidée proprement dite, ainsi qu'on le verra plus bas.— On a appelé les jugements àeiainoiïou jugements démodaUté, comme exprimant l'accord du sujet et du prédicat, mais tel seulement que cet accord a lieu dans la pensée subjective ou dans un entendement qui est extérieur à la chose qui fait l'objet du jugement. Orla notion est, il est vrai, ici à Tétat subjectif, eu ce qu'elle n'est pas encore l'objet, mais elle n*e§t pas subjective, en ce sens que ses déterminations ne sont que des manières d'être accidentelles ou artificielles de notre pensée subjective. Car en face de celte manière d'entendre la notion, il y a sa nécessité, sa nature universelle et absolue, qui montre sa valeur et sa signification objecti vc. Du reste, nous verrons ces déterminations se reproduire dans le monde objectif.— Le premier jugement est

ment. Il est la notion, parce qu'il est cette identité

un jugement immédiat. Cest le jugement osserMre, Comme il sort de la sphère de la nécessité, ses termes sont liés par un rapport nécessaire, de telle sorte que le prédicat doit exprimer le rapport de la réalité du sujet, de sadéterminabilité et de ses propriétés avec la notion. Exemples : « Cette mmon est bien ou mal bâtie; cette action est bonne, » Mais le sujet est ici une individua lité concrète qui a une nature propre par laquelle il se distingue du prédicat. Cela fait que, bien que le sujet doive coïncider avec le prédicat, Se rapport peut exister, mais il peut aussi ne pas exister. Lorsque j'affirme que cette action est bonne, je n'affirme . pas, il est vrai, qu'elle n'est bonne que dans ma pensée subjective, mais qu'elle est bonne objectivement. Mais, par cela même que le rapport du sujet et du prédicat n'est ici qu'un rapport immédiat, et que le sujet (l'action) se distingue par là du prédicat et garde sa nature et ses propriétés individuelles (l'intention de l'agent, les circonstances qui l'ont déterminée, etc. j ce rapport peut exister, mais il peut aussi ne pas exister. C'est là ce qui amène le jugement problématique. Le caractère problématique du jugement ne peut pas porter sur le prédicat, car le prédicat possède sa nature universelle et objective, mais sur le sujet qui apparaît comme un élément contingent vis-à-vis du prédicat. Et cependant le sujet doit avoir un rapport avec le prédicat, et ce rapport doit être conforme à la nature du prédicat, car ce n'est qu'à ce titre qu'il est sujet. Lorsque je dis . « Cette maison est Men bâtie ^ » elle peut, il est vrai, n'être pas bien bâtie, et cependant elle doit être bien bâtie, et elle n'est une vraie maison qu'autant qu'elle est bien bâtie ; ce qui veut dire qu'il y a dans le sujet deux éléments , un élément contingent, subjectif et individuel, les circonstances et les conditions extérieures qui font qu'il n'est pas ce qu'il doit être, et un élément essentiel et objectif, ou sa nature générale (le genre, la maison) qui exige qu'il soit ce qu'il doit être. C'est là ce qui amène la question do savoir si le sujet est ce qu'il doit être, et fait ainsi passer le jugement problématique dans le jugement apoàictique. L'action qui a

simple dans laq[uelle sont rentrées les différences d^ formes du jugement ; et il est le jugement, parce qu'il est posé dans sa réalité, c'est-ànlire avec la différence de ses déterminations (1). La raison, c'est le syllogisme, et il n'y a de rationnel que le syllogisme.

REMARQUE

On se représente ordinairement le syllogisme comme une forme de la pensée rationnelle , mais comme une forme subjective qui n*a pas une cou-

telU propriété, qui eti faite ûe telle fMmère est juste, « la fMieonqui r0mpUt telles eonditiùns est bien bâtie. • C*est ce caractère, cette propriété de l'action ou de la maison qui fait que le prédicat eoû^ Tient, ou ne convient pas au sujet. Parla se trouve rétablie l'anitë de la notion, qui n'est plus ici la notion abstraite et imnié*^ diate, mais la notion concrète, et qui a posé toutes les détermina* tiens du jugement. L'on a, par conséquent, 4* le sujet, sa manière d'être et le prédicat. Ici le rapport des termes n'est plus la Go-^ pule abstraite est, mais un élément concret, une propriété^ un principe (Grund), exprimant oe qui doit être, ou la nécessité de ce rapport; %"" ce principe est un élément essentiel du sujet. Mais il est aussi un élément essentiel du prédicat. £t ainsi le sujet (l'individuelj, le prédicat (l'universel) et le principe (le particulier), n'ont plus qu'un seul et môme contenu qui part du sujet et va, pour ainsi dire, au prédicat par le principe. C'est là ce qui amène le passage du jugement apodictique au syllogisme.

(4) Le syllogisme contient les trois éléments absolus de la notion, l'individuel , le particulier et l'universel, à l'état développé, ou comme posés, tandis qu'ils n'étaient qu'à l'état virtuel dans le jugement, et il les contient comme formant une unité indivisible. ]1 contient, d'un autre côté, et par cela môme, le jugement, et les dilTérenoes du jugement qui constitqent 9on epntenu et 9a réalité^

nexion intime avec le contenu de la raison, par exemple avec le principe d'une action conforme à la raison. On parle beaucoup et souvent de la raison, et Ton en appelle à elle sans déterminer ce qu'elle est, et sans songer au moins à la faculté qu'elle a' de raisonner (1). Si le syllogisme formel qui est Tinstrument de la raison semble ne rien offrir de rationnel, c'est qu'on le sépare du contenu de la raison. Et cependant ce contenu n'a un caractère rationnel qu'en vertu de la détermination qui donne à la pensée elle-même ce caractère ; et cette détermination c'est le syllogisme, lequel n'est autre chose que la notion posée avec tous ses éléments réels (2) (mais qui n'est d'abord que notion formelle) ainsi que l'exprime ce paragraphe. Par conséquent , le • syllogisme est le fondement essentiel de toute vérité, et partant a l'absolu est un syllogisme ; » définition qu'on pourrait énoncer aussi par cette proposition <c toutes choses sont un syllogisme. » La notion est, en effet, au fond de toutes choses, et leur existence exprime la différence de se» moments. Car sa nature universelle se donne une réalité extérieure par le particulier^ d'où, par un retour négatif sur elle-même, elle se pose comme individu ; ce qui , en renversant fcs termes, peut également s'exprimer ainsi. Le réel c'est Viudividu qui par le particulier s'élève au général, et at-

{i) Conf. mon Introd., I" vol., p. 59.

(2) Alsder gçseizte reale Begriff,

26i LA SCIENCE DE LA NOTIOX.

teint par là à son identité. Le réel est un, mais de luauièi^ à donner, pour ainsi dire, passage aux différents moments de la notion; et le syllogisme est comme le mouvement circulaire de ces moments, à laide desquels le réel pose son unité (1).

Page 1