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III. - L'OBLIGATION DANS LES MORALES NATURALISTES

Les critiques les plus ardents de la théorie de Kant et des lh< ries intuitives de l'obligation sont naturellement les partisans d'une méthode empirique inductive et naturaliste. En effet, si l'on pense que les règles morales sont le produit de certaines ob vations plus ou moins instructives ou conscientes (recherche du plaisir, de l'intérêt, intérêt social, etc.), le sentiment d'obligation ne peut être dans notre conscience que le résultat de nombreu expériences ancestrales ou individuelles. C'est une habitude ou un instinct. Et si nous essayons de l'éclaircir et de le justifier par une analyse scientifique, nous ne pouvons guère on faire qu'une induction très générale tirée des innombrables expériences particulii qui l'ont pou à peu fortifié en nous.

Les associationistes el les évolutionnistes ont décrit la Genèse et l'histoire de cette idée d'obligation soi t en montrant, comme MM que nos sentiments désintéressés et en particulier le sentiment du devoir sort par l'habitude el l'association <\<'> idées de l'égoïsmc primitif (Voir p. 384 , soit en décrivant, comme Darwin^ la genèse de la conscience moral»', soit en établissant, comme Spencer, que noire s. mis moral n'ost rien autre que la conscience de la subordination de l'individu à l'organisme social el de l'adaptation qui peu à peu se réalise entre cel individu et son milieu (Voir ces théories dan- le chapitre précédent .

Mais, s'il en est ainsi, le sentiment d'obligation n'a plus aucun des caractères qui décidaient Kant à fonder sur lui sa morale. 11 n'esl pas un principe, il n'est qu'un résultat. Il n'est pas universel, puisqu'il dépend simplement <\<>> réactions réciproques *\i** individus el du milieu; il n'est pas a priori, puisqu'il résulte do

l'expérience et, par suite, les expériences futures peuvent le ruiner aussi bien que les expériences ânes l'ont établi. De plus, ton contenu n'esl pas identique chez tous, puisqu'il est relatif aux

expériences et aux habitudes individuelles, aux mœurs «lu paya <le l'époque. En un mot, tout ce qui établissait ses litres comme fondement inébranlable delà morale s'évanouit ; c'est une notion relative qui n'existe que par rapport à des tendances, a des fins qui la dépassent. Elle doit constamment se transformer sous l'influence des hésitations et des doutes de chacun.

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