NOTIONS HISTORIQUES SUB LA MORALE THÉORIC
raie théorique en déclarant qu'il esl Impossible (le prescrire à tous les hommes «Je se conduire d'une manière identique;
2° Si l'on fait un choix entre [es plaisirs, on subordonne la recherche du plaisir à une règle supérieure; le plaisir n'esl plus le mobile qui suffit à légitimer l'acte moral. Si on cherche le * maximum de plaisir, ce maximum <i-t lui-même nue notion variable et individuelle, insuffisante pour justifier la prescription d'une conduite identique ;
3° Mais il y a une objection pins grave. L'expérience nous montre que nous trouvons d'autant plus morale la conduite «l'un homme qu'elle est plus désintéressée, c'est-à-dire qu'elle fait abstraction du plaisir individuel. Comme on non- propose de suivre L'impulsion vers le plaisir au nom de l'expérience, il paraît difficile d'expliquer cette autre donnée de l'expérience, incompal ible avec ce Conseil ;
4° Toutefois, si L'impulsion vers le plaisir n'es! pas par ellemême un mobile moral, il ne faudrait pas se hâter d'en conclure que tout plaisir esl par Lui-même immoral. C'est ce qu'ont fait les pessimistes et souvent le- morales religieuses.
D'après ce courant d'idées, La souffrance seule a une valeur morale; elle trempe les caractères, alors que le plaisir les dissout, elle élève la dignité de l'homme, son courage, -a fore. Enfin, elle l'acheté 1rs fautes que notre nature nous conduit inévitablement a commettre. La souffrance esl bonne et utile, le plaisir est toujours un mauvais conseiller. Bien plus, le plaisir n'est pas par lui-même un principe d'action : il n'est que la cessation de la douleur Lorsque nous n'agissons pas, lorsque nous supprimons tout effort.
On peut répondre qu'il y a des souffrances inutile- et absurdes, que le véritable rachat des fautes n'esl pas de souffrir, mais de s'améliorer soi-même et de chercher à réparer les conséquences de ces fautes; qu'enfin, psychologiquement, le plaisir est aussi positif que la douleur : il est lie à l'accomplissement normal de nos fonctions, à l'effort heureux, à L'accroissement de notre être et de notre puissance. Pour vivre moralement, il faut d'abord vivre, et la souffrance esl une diminution de la vie. quelquefois même sa ruine.
Par conséquent, le plaisir mériterait d'être tenu non point comme le mobile universel de la conduite morale, mai- autant que possible connue l'accompagnement normal de- acte- que la
morale doit nous conseiller. La joie sereine du sage est a retenir, oinme le conseillaient le- morale- helléniques, dan- l'idéal qu'une morale théorique, si elle est possible, peut se former de la Nie. vertueuse.
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