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VII. - PERFECTION INDIVIDUELLE ET PROGRÈS DE Lïlt M ANITÉ

On a proposé récemment des principes moins métaphysiques pour

fonder la morale théorique, la perfection individuelle et le prog

de l'humanité. A poursuivie Pune de ces deux fins d'une Façon exclusive, on arrive à dresser en face lune de l'autre deux morales aussi différentes que celle de Nietzsche el cellede Tolstoï. Elle sont intéressantes ;i examiner pour mettre en lumière les excès auxquels la dialectique peut arriver en développant jusqu'au bout, et sans souci du réel, la notion dont elle part.

1° L'individualisme moral, qui résulte d'une poursuite exclusive de la perfection individuelle, repose sur une idée qui a été mise en évidence par certaines interprétations de la théorie de l'évolution. « Celle-ci, par son principe de la sélection naturelle, avait pu dire que tous les êtres étaient en concurrence les uns avec les autres. Ceux qui, dans cette concurrence, s'adaptaient le mieux à leurs conditions d'existence, étaient les plus torts et seuls survivaient. La théorie scientifique de l'évolution ne fait là-dedans aucune part à un effort, à un inslinct conscient de l'individu. C'est par le jeu aveugle de l'individu, par le hasard que certains êtres s'adaptent et persistent, tandis que les aulres disparaissent. L'individualisme moral consiste à reprendre cette théorie, mais cette Fois en la transposant au point de vue de l'individu, en termes conscients. Chez l'homme doué de conscience, l'adaptation ne se fait pas d'une façon aveugle et mécanique. Chaque individu cherche à l'emporter consciemment sur ses semblables. 11 fait elfort pour vaincre. La force n'est pas une expression imagée qui signifie simplement la réalisation mécanique des meilleures conditions d'adaptation. C'est rigoureusement l'être qui a le plus de force, le plus de puissance, qui, en dominant les autres, survit et élargit sa vie, la rend plus heureuse. La lutte pour ia vie, qui n'est qu'une métaphore dans la théorie de l'évolution, doil être prise en morale dans son sens littéral. La société humaine est un champ de bataille. Le mobile etla fin qui animent l'homme véritablement conscient sont de triompher dans cette lutté. Vivre c'est combattre, être moral c'est triompher, c'est être le plus fort. »

Hegel, Stirner et surtout Nietzsche ont donné à cette conception une très grande vogue. Elle a été reprise en France par Le Bon [Psychologie du Socialisme). Elle inspire actuellement beaucoup île nos jugements moraux. Elle domine particulièrement notre domaine économique (morale de la concurrence) et le domaine des relations internationales, où elle se prête si bien à l'explication historique. Elle amène h doux grandes conséquences.

La première a été formulée par Nietzsche dans la doctrine du surhomme. «L'homme doit toujours lendre à se dépasser lui-même; le repos ou la paix n'est que le moyen d'une guerre nouvelle. Peu

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importent les moyens employés; peu importent Les victimes laia sur l;i rouit' : L'homme n'a qu'un but, triompher, être le maître, faire ce qu'il veut, dominer les autres bommes en leur imposant sa propre conception. Le surhomme esl celui qui détermine les croyances de loute une époque, la forme d'une civilisation, qui crée en toute liberté, en loute indépendance, insoucieux du bien et <lu mal, de la vérité ei de l'erreur. Il crée sa vérité, il crée sa morale. » 11 n'éprouve lui-même ni remords, ni pitié, il ne cherche toujours qu'à être le plus fort, qu'à loul plier sous sa volonté; par lit du reste il assure le bonheur aux faibles, aux médiocres, qui seraient incapables de se conduire <»u de penser par eux-mêmes. Bu leur imposanl sa loi quelle qu'elle soit, comme ils sont incapables de la discuter ou d'en formuler une autre, comme ils ne savent qu'obéir, et qu'ils se satisfont complètement en obéissant, le surhomme leur donne le bonheur, tout le bonheur qu'ils peuvent espérer. Luimême est législateur et Dieu. Celle morale condamne par suite tout rvissemenl aux lois sociales, aux mœurs traditionnelles. C'est

le lot des esclaves que d'accepter un joug. L'homme venta Ueineu!

moral est au-dessus du bien et du mal, par delà le bien et h- mal, il Les fait.

La deuxième conséquence, c'est la proscription au nom de l'idéal moral du surhomme de tout ce qui esl amour, pitié, générosité, etc. sentiments relèvent d'une morale d'esclaves. « Pour épargner aux générations futures le spectacle déprimant de La misère et de la laideur, laissons mourir ce qui esl mûr pour la mort, ayons le courage de ne pas retenir ce qui tombe, mais de les pousser encore pour qu'ils tombenl plus vite. Le sage doit non seulement devoir supporter la vue de La sou flrance d'au trui, il doit faire souffrir sans

oucier de l'idée dvs tortures où se débat le patient.» Spen a\;nl déjà montré que la charité va d'une façon malheureus l'encontre de la sélection naturelle en surchargeant la société de déchets inutiles ou dangereux, mais il admet malgré cela l'altruisme individuel. Le Bon a dit aussi : la charité est un sentiment antisocial et nuisible. La charité, la pitié, l'altruisme sont la survivance d'un séque nous voyons mourir; L'avenir ne les connaîtra plus. Mais

personne n'avait encore, aussi durement que Nietzsche cl d'une

façon aussi inexorable, condamné comme immoral tout sentiment de pitié. Pour lui, ce grand débordemenl de pitié auquel nous assistons de nos jours est l'indice d'une décadence. Pour que L'homme se renforce et soil moral, il faut que la vie soit plus o vaise qu'elle n'a jamais été. La charité est une victoire que se donnent facilement le faible et le médiocre sur de plus faibles que lui.

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Critique. — La morale de la charité [Tolstoï) et de la solidarité qui s'appuie sur des principes directement opposés à ceux de L'individualisme anarchiste en feront en quelque sorte la critique, comme elles seront critiquées elles-mêmes par cet individualisme. Nous retiendrons toutefois ceci : il semble que pousser l'individu à se dépasser toujours lui-même et à se parfaire soit un principe d'une très grande valeur pour constituer un idéal moral. L'individualisme moral a contribué à préciser et à mettre en évidence ce principe. Par contre il l'a développé d'une façon outrancière. La force, la puissance sont dans la vie des éléments non négligeables ; mais la force et la puissance doivent-elles se suffire à elles-mêmes, ou au contraire se mettre au service d'un idéal plus élevé et jouer le rôle de moyen vis-à-vis d'une* lin qui la dépasse ! De plus, proscrire la pitié et l'altruisme au nom de la force est inconséquent. L'amour, lui aussi, est une force, et il a peutêtre plus de puissance que la baineeten tout cas que l'indifférence. Savons-nous d'ailleurs si bien ce qui est véritablement une force? D'une génération de gens médiocres et cbétifs, d'esclaves, comme dit Nietzsche, peut parfaitement sortir l'artiste le plus fin ou le j héros le plus admirable ; or n'est-ce pas à cause de l'altruisme social, de la solidarité et des moyens de protection dont ils sont assurés que ces générations d'esclaves ont pu survivre et permettre l'apparition d'un génie sans lequel l'humanité serait incomplète, l'apparition du surhomme?

Remarque. — Sous le nom de morale de la perfection, on désigne souvent les morales cartésiennes, en particulier la morale de Leibniz. 11 est à peine besoin de dire que ces morales, qui sont des morales du bonheur rationnel, et que nous avons étudiées tout à l'heure, n'ont rien de commun avec celle de Nietzsche, sinon une tendance toute moderne à l'individualisme qui les distingue des morales helléniques dont elles sont très proches. Mais cet individualisme se soumet à l'ordre universel, au lieu de le dédaigner ou de se révolter contre lui, et le vaincre. Ces morales ont en vue la réalisation du souverain bien, l'obéissance à un ordre moral nécessité et conditionné par l'ordre réel de l'univers, la perfection générale et abstraite et non la plus grande puissance de l'individu. Si elles impliquent la perfection de l'individu, c'est de l'individu considéré dans ses rapports de justice et d'amour avec ses semblables, et non, comme avec la morale de Nietzsche, considéré pour lui seul, en opposition avec tout le reste du monde, dans un individualisme extrême et absolu.

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2° L'humanitarisme absolu. — En face de la morale — parfois féroce — du surhomme, des aspirations opposées poussent L'individu à se sacrifier aux autres par amour, par charité. L'humanité ici est tout, et l'individu ne doit plus se compter pour rien. Tolstoï a porté à l'extrême ce principe et a posé une morale, antithèse absolue de la précédente Schopenhauer avait déclaré expressément que « la morale est la négation de la réalité du monde physique, car la nature est mauvaise; elle a caché la racine du mal dans l'individuation, dans l'amour de soi. Pour détruire I»' mal, il faut confondre son cœur avec* celui des autres. » — « La pitié pressent l'unité des êtres. Elle est le grand mystère de la vie morale. Celui qui va à la mort pour les autres hommes est délivré de l'illusion; il ne borne plus son être aux limites de sa personne. Aussi la inoi'l n'est pour lui ([ne le clignement des yeux qui n'interrompl pas la vision. »

« Cette belle pensée pourrait être de Tolstoï] et pour celui-ci aussi la vie naturelle, la vie de l'instinct est mauvaise. L'homme ne sait pas pourquoi il vit comme il fait, pourquoi il prend une profession. 11 veut joui r ; mais, à mesure qu'il avance, il s'a perçoit que sa jouissance est amère et, quand il arrive au terme, il sent avec désespoir qu'il s'est trompé. Pour connaître le secret de la vie, il suffirait de la regarder avec les yeux de l'homme qui va mourir; alors se dissiperai! l'illusion de l'égoïste, alors tout s'illuminerait, deviendrait facile. .. Le méchant même, lorsqu'il nous menace, est encore une partie de nous. C'est un membre malade de notre corps; en non- irritant contre lui, nous aigrissons son mal e( le nôtre ; la violence n'apaise pas la violence: ne résistons pas aux méchants,

la douceur amollira, désarmera sa main. Il ne faut pas résister au mal, mais au contraire supporter toutes les injures el faire davantage encore mie cequiestdemande.il ne faut pas juger ni engager des procès, attendu que tout homme lui-même es! plein de fautes, lu se vengeant, on apprend aux autres à se venger. Celle charité sublime traverse sans s'arrêter les cercles des société- particulières, ou plutôt elle en desserre les liens trop étroits. Elle redoute dans le mariage un égoïsme sensuel. Elle condamnedans la famille une prévoyance calculatrice) qui donne à t'argenl un prix trompeur. Elle découvre dan- la société un faisceau de conditions <|ui nous arent plus qu'elles nous unissent. Elle n'a rien a apprendre de qui est materai iste, qui peut bien réglementer les actions, mais qui n'a rien à dire à rame: ni de la religion qui. du jour où elle s'esl adaptée a la civilisation, a pris le parti de réserver pour la vie future la vertu que le Chrisl avait conseillée pour la vie pré- > tente. En résumé, la civilisation tout entière est un mensong

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(Darlu, Classification des idées morales du temps prêtent in Morale sociale, p. Si sq.) Tolstoï sacrifietoute organisation économique. Il rêve d'une vie patriarcale d'où tout commerce aurait disparu, d'où l'argent serait banni, moine pour faire l'aumône. Ce n'est pas par l'aumône que Ton fera disparaître la misère, c'est par Je travail. Je dois renoncer à tout luxe et à tout superflu. Ni armée, ni État, ni Eglise, aucun moyen de coercition, même en vue de.- personnes morales : tel est l'idéal moral de Tolstoï.

Critique. — Nous voyons que l'humanitarisme absolu aboutit à un mysticisme et à des croyances qui finissent par tourner le dos à la réalité ou même par s'y opposer. 11 semble très difficile de tirer d'un pareil idéal, si noble qu'il paraisse, des règles pratiques pour les temps actuels, et il semble très difficile de justifier un pareil idéal soit par l'expérience, soit par le raisonnement logique

3° La Morale de la solidarité a voulu concilier, en les dégageant de toute interprétation excessive, en les mettant en relation étroite l'un avec l'autre, au lieu de les considérer isolément comme des absolus, les deux principes de la perfection individuelle et du progrès de l'humanité. Ces deux fins paraissent en effet, au contraire de celles qui se sont jusqu'ici présentées également d'une façon antithétique (intérêt particulier et intérêt général, devoir et bonheur), tout à fait compatibles. Le progrès de l'humanité paraît bien devoir résulter de la perfection croissante des individus, et par contrecoup le progrès de l'humanité peut contribuer à acheminer les individus vers la perfection. Cette double relation réciproque n'est guère qu'une formule du principe de la solidarité, d'après lequel chaque individu n'est ce qu'il est que par la société dont il fait partie, et la société à son tour, ce qu'elle est, par les individus qui la composent : « Tous pour un, chacun pour tous ».

La morale de la solidarité se présente d'une façon plus nuancée que la morale de l'individualisme; elle rallie un beaucoup plus grand nombre d'esprits. D'une façon générale elle comprend les morales et les tendances démocratiques et socialistes. D'autre part, au point de vue de la méthode, elle comprend à la fois des morales qui développent théoriquement la notion abstraite de justice [L. Bourgeois, Darlu) ou cherchent à la retrouver dans les faits (Séailles), des morales qui s'appuient sur l'intérêt général, des morales qui font une très grande part aux sentiments altruistes (Guyau), enfin des morales qui essayent de se rapprocher aussi près que possible d'une morale purement positive (Simmel, Bougie). La plupart de ceux qui fondent la morale sur les sciences sociales, lorsqu'ils admettent en même temps la nécessité d'un idéal qui vient se mêler

.nouons HISTORIQUES SI H LA MORALE THÉOR1QJ E 82"

aux inductions sociologiques, mais qui en émane, aboutissent à des morales de la solidarité.

La morale de la solidarité s'appuie sur ce que, bien plus que la lutte, 'a coopération est un facteur d'évolution et de progrès. Il ne faut pas considérer les individus comme isolés les uns de- autres; ils seraient plutôt lies les uns aux autres comme les cellules d'un même organisme. Conslamment l'union, l'association oui assuré la victoire. Espinas a montré comment h mimales fondées

sur les soins à donner aux jeunes et sur l'instinct de la reproduction sont une condition fréquente et n 'ire de la perpétuation de l'espèce. Les animaux insôciables sont rares et tendeni à disparaître. Par suite, le principe de la solidarité paratl être une loi

raie de la vie, de l'action des rires vivants, par Conséquent delà conduite humaine.

La loi de In solidarité a mente des origines mécaniques et physiques.

pli momènes matériels nous apparaissent liés les uns aux autres, et déjà, dans le monde inorganique, il nousesi impossible de considérer une individualité isolée. Le plus petit changement entraîne des variations dont il esl bien difficile d'assigner les limites. .Mais

; surtout dans le monde biologique que s'affirme la loi de solidarité. L'ôtfe esl solidaire de son milieu, il forme avec celui-ci on véritable système physico-chimique dont tous les éléments sonl en réaction les uns sur Les autre-. Si non- consid irons un org misuie plu ri cellulaire, une nouvelle solidarité nous apparaît : les ditl'é cellules coopèrent ensemble à La conservation de l'être entier. Tout ce qui arrive à Tune retentit sur les autres; tout ce qui arrive au tout retentit sur les parties; à mesure quel'être devient plu- complexe, cette solidarité devient plus importante, plus indispensable «'t. sou s la pression des circonstances, on peut noter que les orga tendent soit à se compliquer, soil a s'associer ensemble ; c'esl que naissent 1rs colonie- animales, et ces organismes an aux nôtres, composés de milliards d'individus cellulaire- La solidarité est donc une loi biologique.

Hais elle est à mi bien plu* haut degré une loi psych tue.

î iscience apparaît dan- les organismes compliqués comme

L'expression d'une solidarité plus (droite. La conscience esl une éner-

uniliante qui permet à L'individu de taire face au milieu avec toutes ses forces, toute son expérience. El plus la conscience progresse, plus elle nous parait établir de solidarité entre toutes les forces de L'être, jusqu'à ce qu'elle arrive chez l'homme a cette

(droite synthèse que non- appelons la personnalité et le car.: [ère.

. la personnalité et au caractère, chaque instant ^^ la vie

d'un homme est solidaire de tous les iust ants; ch ique ai

daire de tous Les autres actes (l'habitude, le progrès, l'éducation des sens, de Ja volonté, du sentiment). Par L'hérédité enfin, aui points de vue biologique et psychologique, L'individu est solidaire de tous ses ancêtres, qui lui transmettent leurs qualités et leurs tares, et de ions ses descendants.

A upoint de eue sociologique^ la solidarité est la condition d'existence et la raison d'être de la société aida tous les groupements qui la constituent. Si les hommes vivent en société, c'est que la vie de l'individu ne pouvait se maintenir et se développer que par Le groupement, parla solidarité avee d'autres hommes, et nous avons beau remonter aussi loin qu'il est possible dansles sociétés humaines, nous trouvons toujours une société infiniment plus complexe que toutes les sociétés animales, grâce à la division da travail. Les hommes ne sont pas seulement solidaires parce qu'il se ressemblent et sont unis entre eux comme les pierres d'un mur, mais parce qu'ils se différencient et contribuent chacun par une tâche spéciale à la vie de la société, ainsi que les différents organes d'un être vivant.

Nous aurons l'occasion de voir les principaux groupements qui ont rapproché les individus. Nous verrons, à propos de tous, qu'ils sont des manifestations de l'esprit de solidarité, qu'ils ne se perpétuent que parce que cet esprit se maintient et se renforce, et qu'ils sont fondés sur des nécessités absolues d'existence. La solidarité « unit les enfants et les parents dans la famille, les associés dans une entreprise commerciale, les syndiqués dans une corporation, les ouvriers et les patrons dans une industrie, les citoyens dans la patrie » et dans l'Etat, les hommes devant le droit et dans l'humanité : solidarité domestique, économique, nationale, politique, juridique et humaine enlin, « l'idée a une souplesse qui lui permet de se plier à la complexité de la vie sociale ». Elle transforme en l'adaptant une nouvelle conception du rrtonde: la fraternité, et elle l'organise. Elle peut se concilier avec l'idée de la lutte pour l'existence. « La solidarité ouvrière lutte contre la solidarité capitaliste. La solidarité nationale lutte contre l'étranger. » La solidarité réunit bien la recherche de la perfection individuelle et la poursuite du progrès de l'humanité (Id.).

Lorsqu'on veut dépasser le fait, poser un idéal, il faut interpréter. Le fait de la solidarité devient une indication qu'il s'agit de préciser et de développer. On remarquera d'abord que la solidarité n'est pas morale en elle-même, elle est aussi bien un agent de régression que de progrès. (Nietzsche ici aurait raison.) Elle transmet les tares comme les qualités ; la solidarité dans le crime existe comme la solidarité dans la vertu. Aussi, pour développer l'idéal contenu implicitement dans cette morale, les solidaristes montrent que la

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