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II. — LA SOCIÉTÉ PRIMITIVE

Examinons ces sociétés primitives, en insistant sur le rapport de l'individu et de la société.

A. Facteurs de l'association et du développement social. —

« Dans toutes les espèces et à tous les degrés de l'évolution, l'étendue de l'agrégation» c'est-à-dire de la société, sa place ou sa position, sont déterminées par les conditions physiques extérieures. Même lorsque les hommes ont été réunis par des sympathies ou des croyances, la possibilité de perpétuer leur union dépend du caractère et des ressources des environs. La distribution des aliments est le fait primordial. Les animaux et les hommes habitent ensemble là où une source d'aliments est trouvée, ou peut être produite facilement et sûrement. D'autres conditions physiques du milieu, telles que la température et l'orientation, la surface et l'altitude, peuvent, néanmoins, avoir une influence appréciable, en rendant la vie relativement facile ici, difficile ou impossible ailleurs. » (Giddings, Principes de sociologie, 78.) Ce fait, qui fait affluer des individus, des origines les plus diverses vers certains points particuliers, peut s'appeler congrégation.

Un second facteur contribue parallèlement à renforcer le groupe social et à le développer : c'est Y agrégation génétique ; les individus se réunissent par familles, d's^rès des liens de parenté, et une société se trouve ainsi composée, parfois presque tout entière, mais toujours partiellement, d'individus issus d'une même souche : « Les grandes colonies d'insectes sociaux — fourmis, abeilles et guêpes — sont des agrégations génétiques du genre simple.» La tribu humaine, chaque nation, et, dans la nation, chaque ville ou hameau, est dans une large mesure une agrégation génétique.

On voit ainsi qu'une société se développe généralement par la combinaison de ces deux facteurs : congrégation et agrégation génétique. « Les agrégations génétique et congrégative se développent normalement de concert, le groupe normal est le produit d'un processus complexe... Une famille élargie qui ne comprend aucun membre adoptif ne peut être appelée une société, pas davantage qu'une congrégation temporaire d'individus sans parenté. » (Id.y 96.)

L'INDIVIDU : MORALE PERSONNELLE s, :

Selon que l'un de ces deux éléments prédomine, le développement social prend une allure différente. Les sociétés humaines se ramènent ainsi à deux types, [es ethniques et les démotiques , selon que l'agrégat génétique ou congrégatifa prévalu. En général, c'est la forme ethnique qui se manifeste le plus nettement au début, avant la constitution d'États définitivement établis sur un territoire donné et entrés dans une période avancée d'organisation sociale; c'est elle qui absorbe l'autre et détermine l'allure générale (\vs coutumes et du droit embryonnaii ei

/>'. Clan et matronymat. — < ' » ■ ( ( < ' société ethnique a, au moins assez souvent, pour forme primitive le clan matronymique . Dans un groupe matronymique, toutes le- parentés — c'est-à-dire, à ce slndt\ le- rapports sociaux en généra] — s'établissent par la ligne maternelle; les parentés paternelles y sonl ignorées.

Dans la trente-troisième année de Ptolémée Philadelphe, la matronymie était encore la loi de l'Egypte. las parliez comparaissaienf dans les actes puldics comme les lils de leur mère, sans que te nom du père lût mentionné. Les parentés se comptaient d'abord par le- mères chez les Germains cl probablement chez les div. [Giddings, 1 i!>. Lerégimedes biens dans la société matronymique dépend absolument de la ligne féminine.

Ou doute aujourd'hui que le clan matronymique et totèmique soit la forme nécessaire et surtout la l'orme primitive par laquelle ait pa>sr toute société. Décrivons donc d'une façon sommaire la constitution, seulement à titre d'exemple, d'une société assez rudimenlaire encore. Cette société n<>us présente une division en clans au moins deux . Quelle que soit la subdivision, le rôle, le type général et les fonctions sont au fond les m < ■ m « > < . Comment expliquer cette subdivision ? Les documents précis manquent. Voici une hypothèse :

Les frères et les sœurs constituent un groupe naturel économique et défensif; ils s'aident spontanément entre eux, soit dans la recherche de la nourriture, soit pour purger les injures venues des autres groupes. Il esl donc tout naturel que chez les peuples primitifs les relations fraternelles aient été en général plus - r les qu'aucune autre.» <iitl<liw/s. 246- Or, pour des consciences aussi peu précises, furent frères et sœurs tous ceux qui visaient ensemble a côté les uib des ;nih es Le voisinage, la promiscuité devaient donc peu à peu èhe considérés comme un lien absolu et sacré, et c'esl peutêtre là plutôt que dans un lien du sang, bien abstrait pour des intelligences aussi frustes, que se trouve l'origine de Pi notion de parente. I ne sorte de solidarité de fait et toute de hasard s'imp d'abord, et la solidarité physiologique des liens de une

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