III-. — DKS PROPOSITIONS
A. Les propositions. — Sujet.— Copule. — Prédicat. — Tandis qu'un jugement est la simple affirmation d'un rapport entre deux choses, la proposition est l'énoncé même du jugement. Tout.' proposition se compose de deux termes : le sujet, celui dont on affirme, V attribut ou prédicat, celui qui est affirmé; la copule est le verbe être qui unit (copulat) le sujet et le prédicat.
B. Jugements synthétiques et analytiques. — Kant a divisé les jugements en analytiques et en synthétiques. Par les premiers nous affirmons dans un sujet un attribut qu'il contenait implicitement. Exemple : le triangle est une figure qui a trois angles. L'attribut est donc obtenu ici par l'analyse ou décomposition du sujet. Par les seconds nous affirmons dans un sujet un attribut qu'il ne contenait pas. Ils supposent une intuition. Exemple : la terre est sphérique. C'est l'expérience et le calcul qui nous ont appris cette propriété.
Les jugements d ^expérience ou de perception sont tous synthétiques. Les jugements a priori sont tous analytiques, a priori, c'està-dire posés par l'esprit seul, indépendamment de l'expérience. Gomme la logique formelle ne s'occupe que des opérations de la pensée, indépendamment de toute expérience, elle a étudié surtout les jugements analytiques. Tout jugement d'ailleurs peut être posé comme analytique, une fois qu'il a été établi par l'intuition. L'esprit peut, en effet, le penser abstraitement et indépendamment de toute intuition.
C. Qualité et quantité des propositions. — La quantité d'une proposition résulte de l'extension du sujet.
La proposition est générale ou mieux universelle quand le sujet est pris dans toute son extension, sinon elle est particulière. Quand l'extension se trouve restreinte à un seul individu ou à un groupe déterminé d'individus, la proposition est dite singulière : Socrate était un sage. Les propositions singulières sont comptées comme universelles.
La qualité d'une proposition résulte de l'affirmation qui met l'attribut dans la compréhension du sujet, ou de la négation qui mel l'attribut en dehors de la compréhension du sujet.
Toute proposition a une quantité et une qualité. On a donc quatre espèces de propositions :
Universelle affirmative (tout homme est mortel) ;
Universelle négative (nul homme n'est pariait;*,
Particulière affirmative (quelques hommes sont sages);
Particulière négative (quelques hommes ne sont pas sages).
On désigne en logique, depuis le moyen âge, les universelles affirmatives par A, tes universelles négatives par E, les particulières affirmatives par I, les particulières négatives par 0.
« Ces quatre espèces de propositions ont entre elles certains rapports : l'affirmative et la négative universelles sont appelées contraires. Exemple : tous les métaux sont bons conducteurs de l'électricité; — nul métal n'est bon conducteur de l'électricité ; l'affirmative et la négative particulières sont subcontraires ; quelques métaux sont solides ; quelques métaux ne sont pas solides; l'affirmative universelle et la négative particulière, la ative universelle et l'affirmative particulière sont contradictoires ; tous les hommes sont bimanes ; quelque homme n'est pas bimane ; aucun homme n'est quadrupède; quelque homme est quadrupède; enfin l'affirmative universelle et la négative particulière sont subalternes : tous les lions sont carnivores; quelques lions sont carnivores; nul oiseau n'est amphibie; quelques oiseaux ne sont pas amphibies.
« On le voit, les propositions contraires et subconlraires ont même quantité, mais diffèrent en qualité; les contradictoires n'ont ni même quantité, ni même qualité ; les subalternes ont même qualité, mais diffèrent en quantité. » (Lîard, Logique ^ 31.)
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I subcontraires 0
Tel est le tableau par lequel on peut résumer la distinction d< différentes espèces de propositions et leur- rapport-
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