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IV. - LA RESPONSABILITÉ MORALB

D'après ce qui précède, l'agent moral a une véritable responsabilité. Sa conscience d'ailleurs présente toujours, dès qu'il l'analyse, le sentiment de cette responsabilité.

On entend par responsabilité l'état dans lequel se trouve l'agent moral lorsqu'il est conscient de son acte et qu'il s'est déterminé à le faire d'après son seul pouvoir personnel, c'est-à-dire, dans toute la force des termes, volontairement et délibérément.

L'INDIVIDU MORALE PERSONNELLE

Il faut distinguer avec soin cette notion morale el juridique de la responsabilité, de sa notion métaphysique. Métaphysiquemenl responsable celui qui agit en toute liberté. Or la liberté esl un \ blême philosophique : un grand npmbrede systèmes la ni ni [t trmes fatalistes et déterministes). La responsabilité au sens m physique n'existerait donc pas pour les parti-an- de ces Bystèn Mais la responsabilité morale est (ont autre chose si nous nous plaçons sur un terrain positif el pratique; heureusement d'ailleurs car sans cela il n'y aurait point de morale, pas de loi sociale sible pour ceux qui n'auraient pas certaines croyances métaphysiques.

La responsabilité morale et pratique est une notion de fait.

Est responsable tout individu qui s.- détermine d'après lui-même, et dans In mesure où il se détermine d'après lui-même ; d'après luimême, c'est-à-dire en vertu de son caractère propre, des éléments qui constituent sa personnalité. Et encore faut-il qu'il ait conscience de cette détermination, car la psychologie nous apprend que certains éléments du caractère sont automatiques el inconscients.

L'acte qui résulterait uniquement de ce* éléments n'engagerait évidemment pas la responsabilité de l'individu. Rappelons que nos actes volontaires Bont ceux dans Lesquels intervient comme facteur L'ensemble des tendances, des inclinations, des faits de c née

qui sont rattachés à notre moi, c'est-à-dire à notre pouvoir personnel.

Par suite, que l'homme soit libre ou non au point de vue métaphysique, il n'en reste pas moins qu'au point de vue psychologique, dés qu'il a une personnalité, un pouvoir personnel, c'est-àdire dés qu'il sait ce g u' il fait, il est capable même dans L'hypothèse du déterminisme le plus absolu, de se déterminer à agir dans un Ben s plu tôl que dans un autre, d'après la façon dont il son pouvoir personnel. Il est capable de modifier son caractère, en loui cas certaines de ses résolutions. Dans cette mesure il est responsable

Nous disons dans cette mesure, car il se peut fort bien, c'est encore une question de faits, que les éléments de son cari qui

échappent a son contrôle personnel , soit d'après sa propre constitution psychologique, soif d'aprè altérations de cette constitution, sous L'influence de causes extérieu taladies, absorption d'alcool, (4c.) déterminent exclusivement ou partiellement l'acte de l'individu considéré. Alors sa re ibilité est supprimée ou atténuée (circonstai — De même que certaines circonstances, qui monti mnel ajoué un rôle exclusif et prépondérant dans la détermL •. peui nsidérées comm litatioi

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En d'autres termes, la question essentielle qui engage la responsabilité de l'agenl moral esl celle-ci : l'individu était-il conscient de ses actes et était-il conscient de pouvoir agir autrement? Si oui, il est responsable, car L'éducation et les sanctions Légales, en remplaçant les motifs qui étaient susceptibles de le faire agir dan L'alternative, qui malheureusement a succombé, pourront donner la victoire à celle alternative. Kst donc responsable tout individu éducable, par conséquent, comme, la psychologie nous l'apprend, tout individu qui a un pouvoir personnel.

Dans l'analyse métaphysique que l'on faisait de la notion de responsabilité, on ajoutait encore que la responsabilité impliquait non seulement la liberté, mais la notion d'obligation en donnant à ce mot le sens d'un devoir absolu dont tous les hommes auraient la notion. Mais cette notion suscite, on l'a vu, en morale théorique, des discussions qui jusqu'ici n'ont amené à aucune solution.

11 est bien certain que, pour être responsable il faut avoir dans l'esprit l'idée que l'on estobligé. Un sauvage, anthropophage, n'est pas responsable, parce qu'il ne se sent pas obligé, bien qu'il puisse concevoir l'acte contraire à celui qu'il fait. Mais là encore il n'est nullement besoin de faire appel à une notion métaphysique. Il suffit de constater que, dans toute société, l'individu est astreint à des obligations particulières et relatives déterminées par l'état des mœurs, de l'opinion et des lois ou coutumes, dans cette société. Sa conscience lui présente donc toujours un certain nombre d'obligations (légales ou idéales selon qu'elles s'appuient sur des coutumes positives ou sur des aspirations qui dépassent le cercle de ces coutumes), et c'est par rapport à ces obligations qu'il est respon- . sable.

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