‹ Logique et moraleChapitre 170 sur 352 · MORALE PRATIQUE · texte numérisé non relu

MORALE PRATIQUE

il y a un petit groupe organisé... nous trou von ces deux formes <!•• \n peine, la peine protection, du côté de l'extérieur wergeld , et la peine expiation, du côté de L'intérieur ; et le jour où Les groupes arrivèrenl a se fédéral! ser sans se confondre, ces deux côtés de la peine trouvèrent également réunis, tout en gardant leurs fonctions dis tinctes. » (Id.) Ici nous faisons un pas incontestable vers Ja considéra lion de la culpabilité individuelle, par suite do la responsabilité el de V obligation morale : la peine, de compensation devient sanction.

« L'idée de sanction publique se révèle surtout dans le système qui prévalut d'un partage de la composition pécuniaire entre la victime, d'une part, et la communauté, d'autre pari. Ce qui revenait à cette dernière, le [redits, était comme l'équivalent du trouble porté à la paix et à l'intérêt commun. — Sans doute la peine primitive, au moins dans l'intérieur du groupe, est bien provoquée par un sentiment de réaction sociale inévitable. Mais la collectivité qui l'appliqua lui donna une forme juridique et individuelle. Cet individu qu'on va frapper, on ne le frappe pas brutalement comme un ennemi qu'on tuerait à la guerre. C'est un traître que l'on condamne, et c'est bien différent. L'application de la peine devient un fait d'ordre religieux ; on l'entoure de formalités solennelles consacrées par la loi ou par les rites traditionnels, solennités pour le prononcé de la peine, solennités pour son exécution. C'est l'assemblée de la tribu qui se réunit pour prononcer la peine; et celle-ci prononcée, elle s'exécute suivant des rites réglés, comme un sacrifice expiatoire...

« Tuer l'ennemi intérieur ou l'expulser, c'est une loi inéluctable pour tout organisme social ; mais la société qui tue ne croit pas, et ne veut pas exécuter une loi qui lui soit propre ; elle veut accomplir un acte de justice, soit sociale, soit divine... Ainsi s'explique le double aspect de la peine primitive. Elle n'est au fond que la mise en œuvre d'un besoin purement brutal ; mais elle n'est sentie que comme la manifestation d'un besoin purement idéal. Sans doute le coupable est considéré au point de vue du fait commis; on voit en lui le mal réalisé, la trabison consommée ; mais, pour le punir, il faut remonter plus haut et se couvrir de la divinité outragée. On ne le livre pas à la vengeance publique mais à celle des dieux : ce sont eux qui réclament une expiation, on la leur donne.

« Mélange de rites religieux et de formes juridiques, la peine... ri est pas un simple moyen de défense, c'est une sanction du malréalisé, une équivalence entre le mal commis et le mal infligé.

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