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IV. — CONCEPTIONS MORALES

Nous allons nous trouver en présence «le deux théories opposées : l'une se home a transcrire les lait-, sans chi rcher à en compléter l'enseignement par la réflexion philosophique qui interprète leurs

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transformations et leurs progrès à L'aide des aspirations (Je la conscience actuelle. Elle est fatale menl portée à négliger l'individu, ses sentiments intimes au moment de l'acte, pour ne considi que la réaction autoritaire de la société, l'exercice de sa contrainte: c'est la théorie qui fait de la peine une défense sociale, et de l'obligation et <le la responsabilité, la simple répercussion de cette peine sur l'individu. Au pôle contraire, nous trouvons ceux qui ne considèrent que la conscience individuelle, qui font du contenu de cette conscience au moment de l'acte, la mesure de son obligation et, par suite, la source de sa responsabilité. La peine n'a rien de social ; elle est un châtiment de l'individu, qui ue considère que lui, et rien autre. Ce sont les deux grandes conceptions de la morale qui prennent corps : la morale qui se renferme dans le droit social et la morale qui part du sentiment individuel. Examinons-les successivement.

A. La défense sociale, fondement du droit de punir. — Cette école envisage tout acte humain (et en particulier le crime, qui nous intéresse ici spécialement), « comme la résultante de facteurs purement naturels qui ne laissent plus aucune place pour l'idée de liberté. Pour Lombroso, ces facteurs sont presque purement anthropologiques. Pour Ferri, ils sont plus spécialement sociologiques, mais peu importe... L'homme ne peut rien sur la direction de ses instincts ou de ses facultés morales. Le crime est chez lui le produit fatal soit de son tempérament pathologique... soit de son milieu social et des conditions économiques qui dominent son existence... Donc la peine ne peut plus avoir le caractère ni de sanction, ni de réprobation sociale... La peine n'est plus qu'une mesure de défense et de sécurité publique analogue aux mesures préventives prises à l'encontre d'un animal dangereux ou d'un fou. » {Saleilles, 106.)

Dans ce système, on voit donc que l'on fait, comme dans le droit pénal objectif des premiers hommes, abstraction de toute responsabilité, de toute obligation et même de toute sanction. On soigne des consciences malades ; il n'y a pas lieu de les punir. Les données populaires de la conscience morale seraient donc illusoires. Les règles morales sont uniquement des contraintes sociales en vertu desquelles la société défend ses lois d'existence et qui, par réfraction, ont fait imaginer aux hommes les idées de responsabilité, d'obligation et de sanction expiatoire.

B. La peine, moyen d'expiation pour qui a mésusé de son libre arbitre. — Théorie classique. — Les données de la conscience

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