MORALE PB \ I [QUE
plètementci de môme façon leurs droits et leurs devoirs. Cette souveraineté individuelle absolue est irréalisable.
La plupart des théoriciens ne vont, pas jusque-là: ils admettent que le contrai lie, une fois consenti ,; que les indivii tout
d'un commun accord certaines lois qui "-ont de L'int ms.
Ces lois sont des règlements de police très généraux. Au delà l'I n'a aucun droit. Il doit tout simplement se borner à garantii l'ordre en laissant les individus faire ee qu'il leur plaît, tant que l'ordre extérieur n'est pas troublé. C'est la théorie libérale. Mais l'État n'at-il qu'une mission négative? Le progrès humain est dû surtout à la vie sociale, à la solidarité qu'elle exige. Ce qui a élevé l'hoir au-dessus de l'animal, c'est qu'il est un animal politique [Artstote). Or, L'État est actuellement, avec l'association professionnelle, le principal représentant du groupe social vis-à-vis des individus. 11 acquiert par là une mission éducative et morale et un droit positif d'intervention.
La plupart des philosophes du xviu6 siècle, et en particulier J.-J. Rousseau, n'ont pas réussi, de l'avis de la grande majorité criliques, à concilier avec la liberté individuelle absolue, qui est le seul point de départ vraiment logique de la thèse du contrat social, les droits et la mission actuels de l'État.
Dès l'instant que l'on admet le droit des majorités, l'obligation impérieuse d'obéir aux lois qui s'appuient sur ce droit, et des liens juridiques qui engagent tout l'avenir en même temps qu'ils nous rendent l'héritier nécessaire du passé légal, on admet que l'Ltat se fonde, non seulement sur la liberté des contractants, mais aussi sur une solidarité de fait, indépendants de cette liberté.