MORALE CIVIQUE ET POLI! IQ1 E
Uerocéanique), etdcs conventions relatives aux droits des neutre \ la probibilion de la course, aux règles universelles à suivre en cas de guerre entre belligérants (convention de Genève de 1867).
Mais les tentatives les plus hardies et les plus Ikmh ont celles
faites pour substituer l'arbitrage à la guerre, c'est-à-dire un examen des droits conforme aux principes du droit, un tribunal arbitral.
Un grand nombre d'arbitrages ont été faits depuis trente ans.
2° Fédération des différents Etats. — On oppose d'ordinaire à cette conception d'une justice et d'un droit internationaux fondés sur des principes moraux, les raisons suivantes : les États n'y ont aucun intérêt, car jusqu'à présent l'histoire ne semble pas morale, et les États payent plutôt leur faiblesse militaire ou diplomatique que leurs fautes morales. C'esl exact; mais un corollaire qui s'en déduit immédiatement ne l'est pas moins : c'est que remploi unique de la force, et ses abus inévitables ont affaibli tous les États qui ont existé jusqu'à ce jour et les ont menés rapidement à la décadence. La force ne se modère qu'en se niellant au service du droit, et alors elle favorise notre conception d'un droit international, loin de la ruiner. L'usage de la force mène au eontraii
fautes autant matérielles que morales, et c'est pourquoi jusqu'à ce jour les États les plus puissants se sont effondrés, à l'ap< même de leur force, et avec une rapidité soudaine. Les fautes matérielles auraient été évitées, si l'on avail évité le crime moral.
Ensuite, ajoute-t-on, un droit n'existe que s'il est garanti. Or il ne peut y avoir de garantie au droit international, puisque rien n'est au-dessus de la nation.
Nous répondrons: au-dessus des nations, il y a l'humanité. Et ce n'est pas nue vue théorique. L'histoire nous montre que les nations sont allées normalement en se fédéranl et en s'élargissanl : à l'étal. sau\ les multitudes de petites tribus ; dans l'antiquité
demi-cultivée, dans l'antiquité classique, au moyen âge, de petits peuples (les giands empires ont été factices et transitoires, car ils ne persistaient que par la force). Ces petits peuples, ions, ontélo* fédérations des clans et des tribus de l'époque antérieure. Aujourd'hui, les grandes nations sort les confédéral io - petits
peuples du moyen fige.
Que conclure de là ? C'est que peu ,;i peu nos nations moden tendront à se confédérer, grâce à des l<»i- communes qui domineront chacune d'elles. Cet avenir dan- l'Europe occidentale est peutêtre plus rapproché qu'on ne le croit, aux conditions économiques de la vie nationale. Que le droit fasse encore quelques grès dans les constitutions particulières des peuples et les États-Unis d'Euro] >nl une réalib
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3° Abolition de la paix année et de la guerre économique. — Ce qui maintient encore au-dessus de nos têtes cette menace de la
guerre, houleuse pour <les civilises, c'est d'abord le souvenir de conflits résolus par la force, donc non résolus1 [et c'est laque s'identifient faute matérielle et faute morale); ils ne pourront l'être définitivement que par l'arbitrage fédéral. C'est ensuite la néce site de recourir à une véritable guerre économique, à une guéri de tarifs, pour supporter les charges formidables de la paix arméi de la force permanente destinée à détruire et à terroriser. Xos nations actuelles entretiennent sous les armes le dixième des hommes valides ainsi enlevés à tout travail productif; elles dépensent, d'autre part, un tiers de ce qu'elles demandent aux citoyens, pour préparer la guerre. De plus, il faut entretenir la caisse de l'Etat, et en même temps permettre, pour le cas de guerre, à la nation de se suffire en tout à elle-même. Il faut donc protéger dans la nation les cultures et les industries pour lesquelles elle est en situation désavantageuse, restreindre des forces qui seraient infiniment plus productives, et qui ne peuvent s'employer, car elles trouveraient à l'exportation les barrières douanières des autres Etats. De là un protectionnisme à outrance, conséquence du nationalisme intransigeant (l'ensemble aboutissant à ce qu'on appelle Y impérialisme, si viennent s'y ajouter les rêves d'accaparement universel, rêves éternels de la force sans frein).
Heureusement, lesnations écrasées par ces charges tendent toutes à les diminuer, timidement encore. Les autocrates eux-mêmes2 qui se réclament surtout de la gloire et de la force militaires aspirent au désarmement. Le fédéralisme sera encore ici le moyen de substituer les milices nationales aux armées permanentes ou prétoriennes, tout en respectant l'indépendance et le caractère national.
4° Le principe fédératif dans l'histoire actuelle. — Quand on considère comme utopique l'idée d'une fédération des nations existantes, actuellement, on oublie en général que nombre de grandes nations actuelles sont des groupements de nationalités diverses (Allemagne, Autriche-Hongrie, Russie). L'existence de ces groupements est d'autant plus probante, pour la thèse que l'on soutient ici, que les nationalités qui les constituent ne sont pas des fédérations dont les éléments sont traités sur le même pied d'égalité mais des réunions arbitraires dues à la conquête et maintenues par la force au profit de l'un d'entre eux. Or après avoir longtemps reven-
1. Questions de l'Alsace-Lorraine - de la Pologne - des pays chrétiens dans l'empire
° 2° L*emperéur de Russie a provoqué la conférence de la Haye, pour le désarmement européen.