‹ Logique et moraleChapitre 219 sur 352 · IL— LA RÉALITÉ DU MONDE EXTÉRIEUR. VALEUR DE LA CONNAISSANCE SENSIBLE · texte numérisé non relu

IL— LA RÉALITÉ DU MONDE EXTÉRIEUR. VALEUR DE LA CONNAISSANCE SENSIBLE

A. Dogmatisme (matérialisme et spiritualisme traditionnel). — a) Historique : la. croyance primitive do sens commun. — La croyance au monde extérieur tel que nous Je révèle la perception est une des plus naturelles. C'est la position la plus simple. La psychologie nous apprend en elîetque la perception externe est l'organisation la plus immédiate et la plus primitive de la connaissance. Elle précède la perception distincte de notre personnalité et paraît toujours plus précise et plus définie. Nous croyons en l'existence des choses avant de prendre une claire conscience de la nôtre. Pourtant cette croyance a été une des premières qui aient été soumises à la critique et qui aient été mises en doute. Des religions très anciennes, comme le bouddhisme, déclarent nettement qu'elle n'est qu'une illusion : c'est un voile qui nous dérobe la vérité. La philosophie grecque, de très bonne heure, avec les pythagoriciens, les cléates, les Nouveaux-Ioniens, les sophistes, cherche Y existence réelle ailleurs que dans les données sensibles. Et, a partir de ce moment, ce sera une des théories les mieux établies de la philosophie, que ces données ne traduisent pas immédiatement et exactement la réalité.

b) L'irréalité du monde extérieur tel que nous le percevons. — Nous n'avons, pour exposer les raisons presque irréfutables qui militent en faveur de cette thèse, qu'à prendre pour argument la psychologie de la sensation, de la perception externe et de V imagination. Résumons-les :

1° La perception extérieure est le résultat d'une construction de l'esprit dont l'élaboration se fait par des procédés uniquement subjectifs.

2° Les nombreuses illusions des sens, le rêve, l'hallucination montrent que les produits de l'imagination se confondent perpétuellement avec ceux de la perception; au début de la vie psychologique, tout est pris pour une réalité externe. « La perception extérieure n'a donc rien qui la distingue de l'hallucination. »

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