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PEUT EXISTER QUE DANS LE DOMAINE DU RELATIF ET DO PHÉNOMÈNE

D'après les criticistes [Kant et ses disciples), les positivistes [Comte et ses partisans . il faut concéder au scepticisme toute la critique du dogmatisme métaphysique, et nous ne pourrons établir une certitude valable, accorder un degré de vérité à la science, qu'en posant qu'elle n'a aucune prétention à la connaissance de l'absolu : elle se meut dans le domaine du relatif et du phénomène. Il n'y a qu'à analyser les conditions de l'erreur, voir son rapport avec la certitude, pour s'en rendre compte.

b) Dans CE DOMAINE, IL Y A UNE CERTITUDE RATIONNELLE. — Mai<, et'

que Kant et Comte ne concèdent pas aux sceptiques, c'est que, dans ce sens tout relatif, elle ne soil qu'approximative, contingente et pbscure. Cette thèse est exacte de la science inachevée el imparfaite : or tout le progrès scientifique consiste précisément à rectifier et à enrichir nos formules, de façon à les rendre de plus en plus conformes à l'ordre d'apparition des phénomènes; et ces formules réussissent de plus en plus. Si donc la science est relative, si elle est impuissante à nous faire même entrevoir ce qu'est la réalité absolue, ce qu'est la substance matière ou autre . qui se dissimule sous les phénomènes et même s'il y en a une, du moins elle est une explication de plus en plus rigoureuse et certaine des phénomènes dont elle reproduit le système tous les jours d'une fa plus parfaite. Le positivisme et le relativisme concluent donc qu'il nous est aussi impossible de concevoir une burstanci uatémelli à

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F aide (Tune observation sensible qu'un lle àVaiéU

de la réflexion ; en somme, non ms aucun moyen de connaître

une substance quelle quelle soit. Nous ne pouvons constater, enregistrer, analyser que des phénomènes, ri. en cela, les proi nti figues sont théoriquement et pratiquement suffi

Si la science ne nous donne pas La réalité substantielle de l'univers, c'est qu'il n'y ;» pas lieu d'en chercher une. Le relativisme admet que L'homme n<4 peul résoudre les problèmes métaph) siques, mais que la science, lui donne toute garantie dans les questions qu'il est susceptible de traiter, c'est-à-dire toutes les questions relatives aux phénomènes, toutes celles qui tombent dans ['expérience humaine. Il y a ainsi une vérité humaine (valable pour l'homme dans le domaine des questions accessibles à l'homme, et cette vérit c'est la science qui nous la donne.

Kant et ses disciples plus ou moins orthodoxes (criticistes et néo-criticistes) admettent des conclusionsanalogues pour la scienci mais croient que, par la conscience morale, la volonté ou là foi, l'homme peut répondre aux questions d'ordre métaphysique.

D. Indications relatives à une conclusion proposée (réalisme positif). — La science (entendue au sens large du mot; ne peut-elle pas nous acheminer par elle seule vers la solution de tous les problèmes que peut soulever la réalité? Si les problèmes métaphysiques ont paru insolubles, c'est qu'ils étaient mal poséet qu'on voulait les résoudre par une méthode hâtive et incapable de satisfaire les exigences de notre esprit, de notre besoin de vérité. Un ensemble de méthodes a fait ses preuves, et il est le seul à les avoir faites — quoique dans un domaine fort restreint. Appliquons-nous à le perfectionner et à étendre ses applications, et attendons du temps et des efforts continus pour le pratiquer la satisfaction progressive — peut-être toujours incomplète d'ailleurs — de notre curiosité. Un positivisme élargi a le droit d'admettre, semble-t-il, que l'attitude scientifique, par ses méthodes, a une valeur pratiquement et humainement absolue et universelle.

Remarque. — La question de la certitude est étroitement liée : 1° A la théorie du jugement (p. 260) et à la part que la volonté prend dans l affirmation. Si l'affirmation dépend tout entière de la volonté humaine {Descartes), la certitude scientifique ne se distingue pas de la croyance. En poussant le raisonnement à l'extrême (car, pour Descartes, la croyance raisonnable ne peut s'attacher qu'à ce qui est évident, qu'aux intuitions claires et distinctes, et nous revenons par là à un dogmatisme presque analogue à celui de Spinoza), le

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scepticisme a beau jeu, puisque la croyance ne dépend que de Yarbitraire de notre volonté : il n'y a plus rien de certain. Si, au contraire, la volonté n'a aucun rôle dans cette affirmation, qui nous est imposée tout entière par l'objet sur lequel juge l'esprit, n sommes, avec Plu/on et Spinoza, dons le dogmatisme le plu- iomplcl. Le relativisme croit que notre activitéjoue un pôle dans l'affirmation, mais qu'elle est guidée par des signes objectifs qui ne dépendent pas de nous; l<> jugement esi donc bien un acte de croyance; seulement celte croyance i si susceptible de devenir i laine, au moins pour tous le- esprits constitués connue le nôtre. dès que le raisonnement en a rnontré la nécessité ;2° enfin à In théorie du critérium de la certitude, c'est-à-dire à la théorie générale de la vérité et de l'erreur (p. 75%

Remarque très importante. — Mais, pour bien comprendre l'esprit dans lequel nous proposons c'tic idée générale, il importe absolument de faire attention aux deux points suivants :

1° La science est bien plus une organisation des méthodes qu'un ensemble de résultats. Il est en effet de l'essence des méthodes scientifiq

se tenir immenl prêtes à réviser les résultats qu'elles ont déjà

obtenus. Ceux-ci ne sont que des pierres d'attente qui jalonnent la route de la vérité, que des étapes vers toujours plus ifo vérité. La scienc< sans cesse placée sur le terrain de l'esprit critique et du libre examen. Elle n'est que cet esprit critique et ce libre examen en acte. Ce que nous proposons donc c'est de prendre toujours et partout, dans toutes les ■ fions, l'attitude scientifique : s'appliquer à V étude des faits, à leur étude impartiale, sans idée préconçue, ni fin intéressée, et à la critique, (au contrôle rationnel et expérimental en toute liberté, mais a ussi sans aucun parti pris), des eu ns de cette étude.

Il ne faut pas oublier ensuil \e faisons que proposer

conclusions. Comme on vient de le voir, c'est l'essence même de- méthodes scientifiques de laisser les questions toujours ou om-

plémentaires. Si donc c'est notre conviction personnelle que ces méthodes sont les seules qui permettent d'atteindre quelques véi ette convic-

tion n'est, il faut le dire bien haut, dans l'étal actuel «les choses, qu"une conviction. Nous devons donc ;i l'attitude scientifique elle-même, qui Iule lu plus entière i>'}>en er le champ libre aux autres

efforts, pourvu qu'ils .-oient toujours prêts devant un l'ait con-

trôle. Nous savons trop peu, pour regarder comme nuisible ou inutile «pie tendai ces et des sentiments Intimes, difl bent

par d'autre- voies leur satisfacth n. la scii nec a le droit de critique] voies en toute indépendance, mais elle a le devoir aussi de ->•• ! riti-

quer, si la critique est lo; sincère. ace ou Lriction

droits de la critique ou de la pensée serait la plus forte atteinte porl la méthode scientifique elle-même.

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