‹ Logique et moraleChapitre 24 sur 352 · III. — TA SCIENCE POSITIVE · texte numérisé non relu

III. — TA SCIENCE POSITIVE

Lorsqu'enfin, à la Renaissance, on connut, en se reportant aux; sources mômes, le véritahle esprit grec, la méthode de Libre examen enthousiasma les esprits originaux et puissants. Ils comprirent que la vérilahle tradition de l'hellénisme n etaitpas de se soumettre presque aveuglément à L'autorité des résultats de la pensée grecque. C'était bien plutôt tourner le dos à cette tradition. Pour la continuer, il fallait au contraire traiter les résultats de la science grecque avec le même esprit critique, qui avait affranchi celle-ci de la mythologie religieuse et qui lui avait fait multiplier les hypothèses et les recherches indépendantes. Il fallait, comme l'avaient fait les Grecs, se remettre à étudier la nature sans aucune idée préconçue. Ainsi suivrait-on non la letjre, mais l'esprit même de la science grecque. C'est ce que la science moderne a réalisé, et c'est en ce sens que la révolution spirituelle d'où elle est sortie au xvie siècle avec Léonard de Vinci, Galilée, Bacon, Descartes, Pascal, etc., mérite bien son nom de Renaissance.

La science moderne, à mesure qu'elle atteint son état positif, stade définitif d'après la loi des trois états d'Auguste Comte, fait appel uniquement à la liberté de la recherche comme la science grecque. Comme elle encore, elle a pleine confiance en notre raison. Mais, et c'est ce qu'elle ajoute à la science grecque, elle considère que la raison n'invente rien par elle-même. Elle n'est qu'un guide qui nous sert à conclure avec rigueur tous les enseignements que comporte l'expérience ; aussi la méthode de la science moderne, la méthode positive, peut- elle se définir la méthode à la fois expérimentale et rationnelle.

Mais il a fallu presque jusqu'à nos jours pour émanciper — comme on le verra dans la suite — l'ensemble des sciences particulières des habitudes métaphysiques, des idées a p?*iori, et des vues purement Imaginatives de l'esprit. Il a fallu jusqu'à nos jours aussi pour émanciper l'esprit scientifique de toute considération extérieure à la recherche de la vérité.

« La physique, ditMach, eut d'abord à lutter contre l'Eglise et la religion. L'histoire de ses origines à partir du xve siècle est un long martyrologe. Mais ce n'est pas seulement contre la religion constituée, contre l'autorité ecclésiastique qu'eut à lutter la science : ce serait une grosse erreur de le croire. C'est contre l'esprit religieux sous toutes ses faces, et jusque dans ses conséquences

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