III. — LE UEToL'R A L'UNITÉ DE LA SUBSTANCE : SPINOZA
Le système de Descartes pour expliquer les rapports des deux substances séparées (âme el matière) paraît bien subtil et embarrassé.
N'a-t-on pas d'ailleurs prétendu souvent que Descartes tend vers l'idéalisme, qu'il esl un idéaliste déguisé, ou inconséquent. Le reproche parait bien mal fondé. Si Descartes pose l'existence de la matière, c'est que Dieu nous sugg irani l'idée de la matière, cette idée comporte avec elle sa réalité, car Dieu n'a pu vouloir nous tromper. La véracité divine est donc La garantie de L'existence des choses matérielles, et nous ne pouvons pas ne pas croire à cette véracité, car elle résulte «le L'essence divine, <jui prouve par ellemême >on existence eJ en m£me temps sa perfection Voir Preuve ontologique de l'existence de Dieu, au chapitre suivant,. Ce! argument n'étail guère l'ait pour satisfaire tous les esprits philosophiques. Aussi la plupart de ceux-ci s'éloignent-ils du dualisme, pour revenir a l'idée d'une substance uniqm
Le système le plus net <'t le plus logique en ce sens esl certainement celui de Spinoza. Pour lui, étendue ou matière, car, comme chez Descartes, ces deux termes soni synonymes el pensée sont les deux attributs de la substance unique Dieu) qui constitue toute la réalité (panthéisme Ce sont du moins les deux seuls attributs que nous connaissions. Chacun de ces attributs exprime, à son point de vue particulier, tout ce <jiii se passe dans la substance; il traduit, pour ainsi dire, ce qu'elle est dan- son Langage propre. Nous n'ai ons plus alors à poser la question des rapports de l'esprit et de la matière, de L'âme et du corps, puisqu'ils se correspondent en tous points. Leurs modes, c'est-a-dire les manifestations diverses que nous en connaissons, sont parallèles. En partant des mêmes princij es
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que Descartes : pensée, Dieu etètendue, Spinoza évite cei difficultés du cartésianisme en ramenant ces trois termes à L'unité.