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LES THÉORIES MÉTA.PHY8IQ1 E

jamais je ne |>u is observer autre chose que La perception •> (c'est adire le phénomène de conscience). •< En laissant de côté quelques métaphysiciens, je peux me risquer a affirmer du reste des hommes qu'ils ne sont autre chose que < J < ■ s assemblages ou collections de différentes perceptions qui se succèdent avec une inconce.vable rapidité, et sont dans un état de flux et de mouvement perpétuel. » Les psychologues modernes ont pu dire que Hume néglige trop Je lien intérieur, la liaison «les faits de conscience dans la synthèse générale que nous présente l'activité psychologique et leur- force de cohésion. Les lois de l'association, l'habitude et la mémoire consciente qu'il invoque, sont, dans une certaine mesure, les conséquences de cette liaison générale, de cette fusion continue présentée par toute vie psychologique.

Mais, ajoutent-ils, cette liaison elle-même, qui s'explique par la nature synthétique de la conscience, cette formation de la personnalité interne (telle que nous l'avons indiquée en psychologie), n'est pas pour cela une intuition substantielle.

Le moi est une notion empirique, formée par la série des phénomènes psychologiques se développant autour d'un noyau central qui n'est lui-même qu'une combinaison de phénomènes très primitifs et élémentaires (cénesthésie, sensations organiques, tonalité affective), opposée par l'expérience aux sensations qui se sont objectivées hors de nous.

b) Kant. — Le paralogisme de la raison pure. — Ce moi empirique permet-il de passer à une substance fondamentale et permanente, comme le prétend Descartes? C'est ce passage que Kant démontre sophistique : « La pensée ^apparaît comme une et identique, c'est la condition même de son existence. Mais ce n'est que par un paralogisme que l'on peut conclure de cette apparence à une réalité absolue. Nous nous sentons un faisceau d'états psychologiques, une trame continue et synthétique ; mais cette liaison n'est que l'effet des lois psychologiques, un fait d'expérience et non une intuition métaphysique. » Kant dépasse d'ailleurs, comme on l'a vu, le subjectivisme, mais son argument n'en a pas moins été retenu par le phénoménisme.

c) Stuarï Mill a donné un exposé plus clair encore de cette doctrine : « Notre notion de l'esprit, aussi bien que celle de la matière, est la notion de quelque chose dont la permanence contraste avec le flux perpétuel des états de conscience que nous y rattachons, de quelque chose que nous nous figurons comme restant le même, tandis que les impressions particulières par lesquelles il révèle son

existence changent. La croyance que mon esprit existe, alors mAme qu'il ne veut pas, qu'il ne pense pas... se réduit à la croyance d'une possibilité permanente de ces états. » C'est dire que nous ne pouvons saisir, au -dessous de nos phénomènes de conscience, une activité créatrice qui les produit; il n'existe rien que nous puissions connaître indépendamment d'eux, et la notion du moi autour de laquelle ils s'agrègent n'est que leur synthèse.

L'observation interne nous présente parallèlement à la série des phénomènes objectif s une série de phénomènes subjectifs. Cette série d'ailleurs est la même que l'autre, -mais considérée à un mitre point de rue dans un autre cadre le temps et dans d? autres modes de /mison. Du point de vue objectif, ce sont des éléments isolés, impénétrables, qui se combinent paraddition et juxtaposition mécaniqui Du point de vue subjectif, au contraire, c'est une trame synthétique, qui se développe en se grossissant elle-même par voie de fusion continue; si bien que les éléments ne peuvent se distinguer i\\i tout que par une analyse, opérée grâce à l'observation de la série objective concomitante.

Or, ces deux séries sont sur le même plan. Rien ne nous autorise à dire que Cune est plus voisine de (a réalité que l'autre, qu'elle nous amène plus près de l'absolu : toutes deux sont des séries de. phénomènes, de connaissances relatives, également nécessaires, au point de rue pratique, à l 'existence telle que nous la concevons par la notre propre.

Wundt, Taine ont des doctrines analogues (parallélisme psychophysique).

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