VUES GÉNÉRALES CONCERNANT LES GRANDES THÉORIES MÉTAPHYSIQUES
1° Systèmes métaphysiques; des termes qui leur sont relatifs. A. L'idéalisme et le spiritualisme s'établissent d'ordinaire en montrant que le mouvement d'éléments matériels délinis par leur inertie est inintelligible. 11 faut une cause au mouvement. Celte cause est nécessairement un principe actif: la force, comme on peut l'établir par certaines interprétations des principes de la mécanique.
La loue ne se suffit pas à elle-même, car force implique une direction et toute direction Implique un but, donc une tendance.
Mais toute tendance a besoin pour s'exercer de connaissant Sur la tendance vienl donc se greffer la perception.
On passe de la tendance à la volonté qui est une tendance d'ordre supérieur, et de la perception à \% intelligence < ) u i est une connaissance d'ordre supérieur. Un en conclut que la nature matérielle elle-même, telle que la définissent les matérialistes, suppose logiquement un principe spirituel. Selon que l'on donnera la prédominance à la tendance où la perception comme termes de cette déduction, on a le spiritualisme ou l idéalisme.
a) Spiritualisme. — La tendance, pour être toujours complètement intelligible, a besoin d'un point d'application qui s'oppose à elle, d'où la nécessité pour le spiritualisme défaire appel à un principe de résistance à la tendance 'principe matériel .
hi Idéalisme. — L'idéalisme s'en passe, puisque, pour lui, l'être se réduit à l'intellect et que la matière n'est que l'ensemble des perceptions de l'intelligence.
/>. Le matérialisme peut se définir par la contre-partie exacte des définitions de l'idéalisme et du spiritualisme. 11 réduil la conscience aux phénomènes physiologiques, l'esprit aux manifestations
1 \{)± LES THÉORIES MÉTAPHYSIQl I
vitales, car toute connaissance dérive de I.*j sensation et La sensation n'est qu'un choc nerveux. De même toute activité se réduit au réflexe, c'est-à-dire h un mouvement purement mécanique, la tendance n'étant qu'un mouvement arrêté par un obstacle et qui s'exécutera dès que l'obstacle sera levé.
A leur Jour, choc nerveux et réflexe ne sont, comme Ions les phénomènes organiques, que des combinaisons physico-chimiques particulièrement complexes et instables.
Enfin les phénomènes physico-chimiques ne sont que des phénomènes mécaniques. Il esl vrai que les mécaniciens se divisent en deux écoles : ceux qui admettent la notion de force et ceux qui la rejettent. Les matérialistes les plus conséquents ne cachent pas leur préférence pour la seconde. Ils n'admettent quedu mouvement, c'est-à-dire des éléments qui n'ont d'autre propriété que d'être mobiles et de conserver indéfiniment leur vitesse et leur direction, tant qu'un autre mobile ne vient pas à les rencontrer. Mais, même ceux qui admettent la notion de force ne font pas pour cela une dérogation aux principes du matérialisme. La force n'est pour eux qu'une propriété de la matière, qu'une impulsion matérielle, qui, en elle-même, est absolument nécessaire et mécanique.
Gomme l'homme est porté à considérer comme supérieur tout ce qui le caractérise en propre, il a établi entre les choses une échelle de valeurs. D'après cette échelle, traditionnellement acceptée, les choses sont d'autant plus élevées qu'elles se rapprochent plus de la nature humaine. A ce point de vue l'esprit est supérieur au corps; la vie est supérieure à la matière inorganique, la force motrice, à l'inertie. On dit alors que le spiritualisme ou l'idéalisme, chacun d'après les nuances qui les distinguent et dont on vient de noter les principales, expliquent ^inférieur par le supérieur. Le matérialisme, au contraire, serait une explication du supérieur par l'inférieur.
C. Le phénoménisme est la doctrine qui prétend que nous ne pourrons jamais connaître le fond des choses, parce que toute connaissance est la fonction de deux termes; elle est une relation. Par conséquent, il est impossible de connaître un terme en lui-même, puisque le connaître, c'est établir une relation entre lui et un second terme ; c'est le voir à travers autre chose. Nos connaissances ne porteront donc que sur des relations entre des éléments qui nous resteront toujours inconnus. On exprime encore cela en disant que, puisque connaîtrec'est se représenter, toute connaissance n'a qu'une valeur de représentation, elle ne porte que sur