I. — IDEE D'UNE DIVINITÉ. CAUSE PREMIÈRE ET ABSOLUE
Toutes les discussions métaphysiques qui viennent d'être résumées nous amènent à cette conclusion : c'est qu'il est difficile d'arriver à satisfaire la raison, lorsqu'on essaie d'atteindre la réalité, le fond des choses. Nous nous arrêtons toujours à un Inconnu; certains disent : à un inconnaissable , car nous sortons des limites de l'expérience ; celle-ci ne peut pas nous mettre en face d'un terme ultime : puisque nous ne saurons jamais si une expérience future ne viendra pas réduire ce terme à des conditions plus lointaines. La plupart sont donc enclins à reconnaître qu'aucune des formes d'existence à nous connues ne rend complètement compte d'elle-même.
L'inconnu et le mystère, si nous faisions l'histoire des mythes et des religions, ont été de bonne heure remplacés dans l'imagination et la curiosité humaine par des causes actives (étrangères aux lois naturelles, qu'elles semblaient le plus souvent contredire), par des principes surnaturels : les dieux. Les formes religieuses primitives
L'IDEE DE DIEU, - PHILOSOPHIE Kl RELIGION Un..
se rattachent aux traditions sociales qui régissaient les clana (totem, tabou, etc.) et en élargirent la notion progressif i. Kilos
semblent en général la personnification imaginative des contraintes sociales et naturelles «] n i s'imposaient à l'homme, sans que ce dernier pût comprendre pourquoi et comment. Sous l'influence de la réflexion chics religions, en particulier du christianisme, la phi- }osopliir s'éleva à la conception d'un univers systématiquement ordonne, et la divinité fut le principe de cette harmonie el de cette unité. Les philosophes conçurent alors un être unique, créateur el organisateur de tout ce donné ; celui-ci, ne B'expliqu&nl pas par luimême, envelopperai! l'idée d'une raison supérieure, cause première de toute existence, cause absolue, puisqu'clle-cnême esl sans cause.