HISTOIRE DE LA MÉTHODE M- SCIENCE PSYCHOLOGIQUB8.ET S
sentations collectives qui soni distinctes des représentations individuelles. Sans doute les sociétés ne sont faites qu'à la manière
dont les consciences individuelles peuvent agir et réagir les unes sur les autres au sein d'un groupe constitué. Mais ces actions et ces réactions dégageai des phénomènes psychiques d'un genre nouveau qui sont capables d'évoluer par eux-mêmes, de se modifier mutuellement »'t dont l'ensemble tonne un système défini. Non seulement les représentations collectives sont faites d'autres éléments que les représentations Individuelles, mais encore elles ont en réalité un autre objet. Ce qu'elles expriment, en effet, c'esl l'état même de la société. Tandis que les Faits de conscience de l'individu expriment toujours d'une façon plus ou moins lointaine un état de l'organisme, les représentations collectives expriment toujours à quelque degré un état du groupe social : elles traduisent (ou, pour employer la langue philosophique, elles « symbolisent») sa structure actuelle, la manière dont il réagit en face de tel ou tel événement, le sentiment qu'il a de soi-même ou de ses intérêts propre-. La vie psychique de la société est donc faite d'une tout autre matière que celle de l'individu.
Ce n'est pas à dire toutefois qu'il y ait entre elles une solution de continuité. Sans doute les consciences dont la société est formée y sont combinées sous des formes nouvelles d'où résultent les réalités nouvelles. 11 n'en est pas moins vrai que Ton peut passer des Faits de conscience individuelle aux représentations collectives par une série continue de transitions. On aperçoit facilement quelquesuns des intermédiaires : de l'individuel on passe insensiblement à la société, par exemple, quand on série les faits d'imitation épidémique, de mouvements des foules, d'hallucination collective, etc. » Mauss et Fauconnet, article : Sociologie de la Grande Encyclopédie,